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Ingérence électorale : appel à une « coalition internationale » contre la Russie

La Maison-Blanche à Washington.

Selon David Shimer, Washington doit agir promptement pour combattre les tentatives d'ingérence russe dans le processus électoral aux États-Unis, comme ailleurs dans le monde.

Photo : iStock

Quoi qu'en dise le président sortant, Donald Trump, les Russes s'emploient bel et bien à influer sur les résultats de la présidentielle du 3 novembre aux États-Unis, affirme un chercheur, qui propose par ailleurs une collaboration internationale pour bloquer ces démarches insidieuses commandées par le Kremlin.

Dans le cadre d'une présentation organisée vendredi par le Wilson Center, un groupe de réflexion américain, l'historien et spécialiste de la politique étrangère américaine David Shimer a soutenu que la Russie était à l'oeuvre, entre autres sur les réseaux sociaux, et qu'il fallait que les États-Unis et ses alliés fassent bloc.

Il est important d'agir à l'échelle internationale et d'affirmer notre leadership, parce qu'il s'agit d'un problème mondial, a-t-il affirmé, en parlant des États-Unis.

Cette collaboration entre divers pays risquant d'être pris pour cible par le pouvoir russe viendrait ainsi compléter les défenses mises en place contre l'ingérence directement au pays de l'Oncle Sam, a souligné M. Shimer. En investissant dans des domaines comme les médias locaux et l'éducation publique, l'Amérique serait plus forte, a-t-il ajouté.

Le spécialiste appelle aussi les autorités à faire preuve de la plus grande transparence, afin que les électeurs puissent comprendre les tenants et aboutissants de la situation et se défendre en conséquence.

Cela permettrait, souligne le chercheur, de s'attaquer à cette importante polarisation politique et sociale qui grève actuellement les États-Unis.

D'un côté, vous avez des gens qui disent que [l'ingérence russe] n'existe pas, et de l'autre, des gens qui ont politisé la chose [à outrance] et exagéré la gravité de la menace, a-t-il encore lancé, en faisant référence aux républicains et aux démocrates.

Selon M. Shimer, il est faux de prétendre que Moscou se tient tranquille pendant la campagne électorale américaine, mais il est aussi faux de dire qu'elle serait en mesure de faire élire « son » candidat, le 3 novembre.

Je crois qu'il serait très difficile, pour la Russie, de manipuler carrément des bulletins de vote [...] il serait cependant beaucoup plus simple de saboter certains systèmes électoraux pour provoquer le chaos et la confusion. Nos systèmes sont aussi solides que leur maillon le plus faible.

Ce que la Russie veut faire, c'est choisir notre leader à notre place, saboter notre démocratie, et cela devrait alarmer tous les Américains, sans égard à leur affiliation politique.

David Shimer, chercheur au Wilson Center

La simple idée de savoir que le processus démocratique est vulnérable est particulièrement troublante, et il faut donc que la population américaine trouve les moyens pour le défendre, a-t-il encore mentionné.

Démocrates et républicains à couteaux tirés

Le torchon brûle depuis quatre ans entre les deux principaux partis politiques aux États-Unis sur la question de l'ingérence de la Russie lors des élections de 2016, mais aussi en prévision de la présidentielle du 3 novembre.

La précédente élection avait donné lieu à de nombreuses allégations de tentatives, par la Russie, d'influer sur le résultat de la course à la Maison-Blanche pour que Donald Trump soit élu, notamment avec la publication de courriels piratés de John Podesta, le président de la campagne d'Hillary Clinton, sur la plateforme WikiLeaks.

M. Trump lui-même avait incité, en pleine campagne, à pirater les courriels d'Hillary Clinton, qui était engluée dans une affaire de mauvaise gestion de sa messagerie professionnelle sur un serveur privé.

Au final, l'affaire avait mené à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller, qui n'a pas pu clairement identifier qu'il y avait bel et bien eu un complot entre le Kremlin et la campagne de Donald Trump, pour faire élire ce dernier. M. Mueller a toutefois laissé entendre que le président aurait pu s'être rendu coupable d'entrave à la justice.

Quant à M. Trump, il a toujours rejeté les allégations d'ingérence de la Russie, allant même jusqu'à croire l'avis du président russe lui-même, plutôt que ses propres services de renseignement, qui ont conclu que le Kremlin s'était bel et bien mêlé de l'élection de 2016.

Une stratégie différente de la Chine

La Russie n'est pas le seul pays à tenter d'influer sur les élections américaines, mentionne par ailleurs M. Shimer, qui évoque notamment les cas de la Chine et de l'Iran.

Mais il y a une grande différence entre la Chine – qui diffuse des messages à propos d'un candidat ou d'un autre, ou qui cherche à avoir un impact sur la politique américaine en général – et ce que la Russie a fait en 2016 par exemple, c'est-à-dire systématiquement tenter de pénétrer notre système électoral, toucher 100 millions d'Américains par les médias sociaux, en plus de pirater et de diffuser des documents confidentiels qui ont submergé notre environnement médiatique.

Toujours selon M. Shimer, la Russie mène une opération secrète en ce moment même pour influer sur notre élection et pour manipuler les électeurs.

C'est une tradition russe; ils le faisaient il y a un siècle, ils le font maintenant à l'échelle mondiale, la Russie est la pionnière, ici.

Simplement, mentionne encore M. Shimer, les outils technologiques contemporains rendent l'ingérence plus facile de nos jours.

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