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Jean Charest poursuit le gouvernement du Québec

Jean Charest en entrevue.

L'ex-premier ministre du Québec Jean Charest estime que l'UPAC a violé sa vie privée.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’ex-premier ministre Jean Charest entame une poursuite judiciaire contre le gouvernement provincial pour violation de sa vie privée dans le cadre de l’enquête « Mâchurer » entreprise par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Dans sa poursuite déposée en début d'après-midi devant la Cour supérieure, il réclame 1 million de dollars en dommages punitifs et 50 000 $ à titre de dommages moraux subis. Le document judiciaire évoque notamment de la frustration et de l'embarras vécus par M. Charest en raison de coulage médiatique.

Au cours des dernières années, des informations confidentielles sur ma [vie] privée ainsi que sur ma famille ont fait l'objet de plusieurs fuites médiatiques. Ces fuites sont illégales et constituent de surcroît une entrave à la justice, écrit M. Charest dans un communiqué.

« L'UPAC, qui mène l'enquête "Mâchurer", et le gouvernement dont elle relève sont responsables de cette violation de ma vie privée. »

— Une citation de  Jean Charest

Plus précisément, le comportement du commissaire et de son personnel, par leurs actes et leurs omissions en contravention des exigences des lois d’ordre public, constitue des fautes manifestes, de la grossière négligence et un manquement aux exigences de la bonne foi, peut-on lire dans la poursuite.

L’ancien chef libéral a réclamé, sans succès, la fin de l’enquête Mâchurer lancée en 2014, qui n'est toujours pas terminée, et qui porte sur le financement illégal au Parti libéral du Québec, sur lui-même et sur son grand argentier de l'époque, l'entrepreneur Marc Bibeau.

À partir de 2017, des fuites médiatiques ont commencé à voir le jour. Soupçonné d'être à l'origine de celles-ci, le député libéral – aujourd'hui indépendant – Guy Ouellette avait d'ailleurs été arrêté en octobre de la même année, mais aucune accusation n'a jamais été portée contre lui.

À ce jour, « Mâchurer » n'a mené à aucune accusation contre Jean Charest et la personne responsable des fuites médiatiques n'a toujours pas été identifiée.

Frédérick Gaudreau, qui a remplacé Robert Lafrenière comme commissaire de l'UPAC en octobre 2019, avait mis fin à plusieurs enquêtes au moment de sa nomination. Il ne s'est toutefois pas prononcé sur « Mâchurer », qui suit vraisemblablement son cours.

« Une partie de pêche »

Il y a quelques mois, dans une entrevue à Radio-Canada, Jean Charest a accusé l'UPAC de s'adonner à une partie de pêche et il s’est étonné que celle-ci n’ait pas déposé des accusations contre lui six ans plus tard.

Dans son communiqué, Jean Charest affirme avoir demandé, en vain, des excuses publiques du gouvernement du Québec, en plus d'avoir offert de recourir à la médiation pour en arriver à un règlement honorable. C'est, explique-t-il, en raison de cette fin de non-recevoir qu'il a décidé, à contrecœur, de saisir la justice.

L'ex-premier ministre fait remarquer par ailleurs que le commissaire de l'UPAC [de l'époque] et son personnel ont baptisé cette enquête ''Mâchurer'', terme qui se définit notamment comme ''barbouiller de noir'', ''calomnier quelqu'un, c'est-à-dire noircir sa réputation'' ou ''dire du mal de quelqu'un afin d'en salir la réputation''.

Le besoin de la mise en place de mesures correctives dissuasives requiert le prononcé de dommages punitifs et exemplaires, avance enfin la poursuite pour justifier le montant de 1 million de dollars exigé en dommages punitifs, qualifiant la faute commise d'extrêmement grave et lourde.

Outre son communiqué, Jean Charest n'a pas commenté l'affaire vendredi, tout comme le gouvernement Legault. L'UPAC a pour sa part précisé qu'elle ne ferait aucun commentaire.

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