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Les intervenants en itinérance réclament plus de logements abordables à Halifax

Le bâtiment du refuge Metro Turning Point, à Halifax.

Le refuge Metro Turning Point pouvait accueillir 55 hommes entassés dans des lits superposés avant la Covid-19. Maintenant, il peut en accueillir 30.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La pandémie de COVID-19 a contribuer à réduire le nombre de lits dans les refuges d'urgence pour sans-abri à Halifax, ce qui crée une appréhension parmi les intervenants en itinérance à l’approche de l'hiver.

Peu après l'arrivée du nouveau coronavirus en Nouvelle-Écosse, les refuges ont dû réduire leur capacité pour permettre la distanciation physique conformément aux directives de santé publique.

Les deux refuges de Shelter Nova Scotia à Halifax ont traversé la première vague de la pandémie avec près de 40 % de lits en moins. Le refuge pour femmes, Barry House, est passé de 20 à 17 lits, alors que le Metro Turning Point, un refuge pour hommes, est passé de 55 à 30 lits.

Parallèlement à cette réduction du nombre de places disponibles, les intervenants ont remarqué que de plus en plus de personnes dormaient à l'extérieur, dans les espaces publics.

Il est si facile pour les gens de penser immédiatement que la baisse du nombre de lits est la raison pour laquelle il y a plus de gens dans la rue, déclare Jayme Butt, une porte-parole de Shelter Nova Scotia.

Il y a tellement plus de raisons que ça, ajoute-t-elle.

Selon Mme Butt, la solution n'est pas d'augmenter le nombre de lits dans les refuges. L’organisation pour laquelle elle travaille, Shelter Nova Scotia, n'a d’ailleurs pas l'intention de revenir à son ancienne capacité. En fait, les places existantes ont été rénovées pour maintenir le nombre de places à un faible niveau.

La nouvelle mission de la porte-parole est de permettre aux gens en situation d’itinérance d’accéder à un logement permanent. Avec moins de lits dans les centres d'hébergement, elle croit que le ratio entre le personnel et les clients est maintenant approprié et permet aux travailleurs sociaux et d'aide au logement de mieux faire leur travail.

Nous mettons maintenant toute notre concentration sur les logements abordables et les logements accompagnés et nous essayons simplement de transformer ces places le plus rapidement.

Les refuges d’urgence offrent maintenant sécurité et intimité

Pour Mme Butt, les rénovations des refuges Barry House et de celui du Metro Turning Point en ont fait des lieux de séjour plus dignes et sont en voie de devenir un modèle commun pour les refuges d'urgence.

Ce qui était autrefois des aires ouvertes, et dans le cas de Metro Turning Point, pleines de lits superposés, est maintenant divisé en plusieurs petites cabines.

C'est un peu comme un cubicule, sauf qu'il y a de vrais murs... pour que les gens qui dorment aient vraiment de l'intimité, explique Mme Butt.

Un cubicule dans un refuge d'Halifax.

Le Metro Turning Point et son refuge jumeau, Barry House, ont été rénovés au printemps afin de créer des cubicules qui offrent plus de sécurité et d'intimité aux pensionnaires.

Photo : Gracieuseté de Shelter Nova Scotia

Le nouvel arrangement a aussi permis de réduire les confrontations entre les personnes au refuge.

C'est comme ça que ça aurait toujours dû être, affirme la porte-parole.

Aussi positifs que ces changements puissent être, la demande immédiate de lits d'urgence demeure, surtout avec les mois plus froids à l'horizon.

L’urgence de trouver plus de lits se fait sentir

Shelter Nova Scotia et d'autres organisations d’Halifax collaborent maintenant pour trouver plus de lits avant l'hiver.

Les initiatives vont de l'achat d'un hôtel à l’utilisation d'un bâtiment non occupé, explique Mme Butt.

Cette demande pressante de lits pour les refuges d'urgence fait également partie des préoccupations de Jeff Karabanow, l'un des fondateurs de Out of the Cold, un refuge qui ouvre généralement à partir du mois de novembre ou de décembre jusqu'au printemps.

Out of the Cold ne dispose pas d'un espace fixe et a dû se démener l'hiver dernier pour trouver un endroit qui puisse accueillir les sans-abri en respectant la distanciation physique. L’organisation a fini par louer une partie d'un hôtel vacant, ce qui, selon M. Karabanow, est encore possible cette année, mais pourrait être d'un coût prohibitif.

Il est toujours à la recherche d’un espace approprié.

Selon M. Karabanow, la solution nécessite une implication gouvernementale à tous les niveaux. La question du logement abordable et les sans-abri sont devenus des enjeux électoraux dans l'élection municipale actuelle de Halifax, dont le vote aura lieu le 17 octobre.

Le logement abordable est une priorité dans les débats et les discussions en ce moment, donc j'espère vraiment que quelque chose se matérialisera rapidement, souhaite M. Karabanow.

Mme Butt abonde dans le même sens: elle est heureuse de constater la volonté politique, mais elle attend de voir les actions qui seront prises.

Avec les informations de Taryn Grant, CBC

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