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Les ados, la génération sacrifiée de la deuxième vague de COVID-19?

Une élève du secondaire qui porte un masque descend de l'autobus scolaire.

L'Association des pédiatres du Québec dénonce les mesures sanitaires imposées aux élèves du secondaire (archives).

Photo : Associated Press / Douglas R. Clifford

Lundi, l'Association des pédiatres du Québec a dénoncé le « sacrifice générationnel » des adolescents, arguant que leur santé mentale est mise à mal par les mesures sanitaires imposées dans les écoles secondaires. Mais qu'en pensent les principaux intéressés?

J'irais pas jusqu'à dire qu'on est une génération sacrifiée, nuance Noé Bélanger.

L'adolescent de 16 ans, en 5e secondaire à l'École C-E-Pouliot de Gaspé, s'estime chanceux d'étudier en concentration musique avec la plupart de ses amis, en plus de pouvoir poursuivre ses activités parascolaires.

Il se dit toutefois conscient que tous n'ont pas la même chance.

L'école pourrait facilement devenir un endroit où on n'a plus envie d'aller si les mesures sanitaires étaient plus grandes et si les projets auxquels les jeunes ont envie de participer étaient tous annulés, comme secondaire en spectacle ou les sports parascolaires, c'est sûr que ça pourrait devenir démoralisant, avance-t-il.

À mesure qu'on annule des projets et des événements, il y a toute une panoplie de choses auxquelles les jeunes n'auront pas droit. Si tu voulais faire de la musique, mais que tu ne peux pas cette année, peut-être que finalement tu ne feras jamais de musique de ta vie.

Noé Bélanger, 16 ans

Lui-même a dû modifier un choix de cours quatre fois en deux semaines, en raison des contacts entre différentes bulles-classes, pour finalement se retrouver avec un cours pour lequel il n'a pas d'intérêt réel.

À un âge où les jeunes doivent prendre plusieurs décisions concernant leur avenir, ces restrictions peuvent donner l'impression que certaines avenues ne leur seront jamais accessibles.

Je ne pourrai possiblement pas aller dans une certaine direction à cause de ça, constate Noé en parlant de ses choix de cours.

Une élève de l'école Wexford Collegiate School for Arts, à Toronto, est assise dans une classe vide. Elle porte un masque.

Les élèves des écoles secondaires en zone rouge doivent porter le masque en tout temps à l'école (archives).

Photo : CBC/Evan Mitsui

La peur de contracter la COVID-19 est également présente chez certains jeunes, même s'ils sont moins vulnérables au virus.

On est tous stressés à cause de ça, admet l'élève de 3e secondaire à la polyvalente des Îles-de-la-Madeleine, Mariloup Gaudet.

Ça nous fait peur. On réfléchit avant de faire quelque chose. C'est une crainte de plus, mais le moral ne baisse pas, ça va.

Mariloup Gaudet, 14 ans

Avant de déménager aux Îles cet été, l'adolescente fréquentait l'École Antoine-Bernard de Carleton-sur-Mer, qui est maintenant la seule école secondaire de la région en zone rouge.

Je n'aurais pas voulu être en zone rouge. Si ça doit arriver, ça arrivera, mais je préfère être en sécurité... même si on ne le sait jamais vraiment, avance-t-elle.

Des élèves sont assis sur une table à pique-nique, devant l'École Antoine-Bernard.

Les élèves de l'École secondaire Antoine-Bernard de Carleton-sur-Mer, située en zone rouge, doivent porter le masque en tout temps sur le terrain de l'école.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Mariloup tient donc à respecter les mesures sanitaires en vigueur, quitte à voir ses amis moins souvent, même la fin de semaine. On ne se voit plus vraiment à l'extérieur de l'école. Lespartys à la maison, on n'a plus le droit. Et les rassemblements entre amis, c'est conseillé de ne plus trop se voir, explique-t-elle.

Certaines règles, comme la distanciation physique de deux mètres, sont toutefois difficiles à respecter en tout temps à l'école.

La distanciation sociale est moins bien respectée, remarque Mariloup. On porte le masque, alors on se pense protégés, mais on se rapproche plus, alors on attraperait la COVID quand même.

Même son de cloche du côté de Noé, qui constate que les bulles-classes tendent parfois à se mélanger pendant les pauses et l'heure du dîner.

Mieux vaut le masque que l'école en ligne

Il assure cependant que les mesures sanitaires sont généralement bien respectées, notamment parce que les élèves tiennent à éviter un retour complet à l'enseignement en ligne.

De ce que j'entends des autres élèves, c'est ce qui ressort : on veut tous rester à l'école, alors on est prêts à faire le nécessaire pour que ça se passe comme ça.

Noé Bélanger, 16 ans

Il y a beaucoup de règles, mais ce n'est pas si compliqué de les respecter, et c'est beaucoup mieux que de retourner à la maison, assure-t-il.

L'année passée, je n'ai vraiment pas aimé les cours en ligne. Il n'y a aucune interaction avec le reste du groupe, tu dois avoir ton micro fermé et quand l'enseignant pose une question, personne n'a vraiment envie de répondre. L'atmosphère de classe n'est pas là, la partie le fun d'un cours est absente, déplore Noé.

Depuis jeudi, les élèves de 4e et 5e  secondaire qui étudient en zone rouge ne vont plus à l’école qu'un jour sur deux afin de réduire le nombre d’élèves qui se trouvent en même temps dans les établissements secondaires. Ils doivent également porter le masque en classe et sur le terrain de l'école, et non plus seulement lors de leurs déplacements.

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