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François Legault appelé à reconnaître le racisme systémique

Plus de 470 professeurs d'université et professionnels de la santé s'adressent dans une lettre ouverte au premier ministre du Québec.

Des femmes parmi une foule tiennent des chandelles dans les airs.

Quelques centaines de personnes se sont réunies pour rendre hommage à Joyce Echaquan, décédée dans des circonstances troubles à l'hôpital de Joliette.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Dans la foulée de la mort de Joyce Echaquan dans des circonstances troubles à l’hôpital de Joliette, de plus en plus de voix s’élèvent au Québec pour que le premier ministre François Legault reconnaisse le racisme systémique.

Trois professeurs universitaires, Catherine Potvin, de l’Université McGill, Jean Leclair, de l’Université de Montréal, et Suzy Basile, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, ont rendu publique une lettre vendredi dans laquelle M. Legault est fortement invité à reconnaître, en tant que premier ministre, que le racisme qui gangrène nos institutions doit être éradiqué.

Cette lettre, dont Radio-Canada a obtenu copie, a été signée par plus de 470 professeurs d'université et professionnels de la santé.

Mardi après sa rencontre avec des chefs atikamekw, François Legault avait déclaré : Il y a une partie de la population qui croit qu’il n’y a pas un système raciste au Québec. Il y a des personnes racistes. Le peuple québécois n’est pas raciste. Je pense que c’est important de respecter tout le monde.

Les auteurs de la lettre ont pris comme point de départ de leur argumentaire la mort tragique de Mme Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette, qu’ils ont qualifié comme l’un des moments les plus sombres de la relation entre le Québec et les Nations autochtones.

Faisant un retour sur l’histoire du Québec, ils ont expliqué que ce racisme a été consacré, entre autres, par la loi appelée Acte pour encourager la civilisation graduelle des tribus sauvages en cette Province qui a contribué à institutionnaliser insidieusement l’Indien comme sous-personne.

Quand un groupe de citoyens et de citoyennes est marginalisé à répétition et depuis des décennies par les institutions publiques en raison de sa race, comme le démontre le rapport de la Commission Viens, il s’agit bel et bien de racisme "systémique".

Extrait de la lettre

Faisant référence aux insultes dont a fait l’objet Mme Echaquan, les auteurs expliquent que si les employées sont à blâmer pour leurs paroles, leurs supérieurs ont une responsabilité encore plus grande, car ils ont accepté qu’une telle culture soit tolérée dans leurs établissements.

Monsieur Legault, nous ne voulons plus vivre dans un Québec qui n’ose pas affronter ses démons. Qui espérez-vous épargner en refusant de reconnaître le caractère systémique et documenté du racisme à l’encontre des Autochtones? Qui croyez-vous blesser en faisant un tel aveu?

Extrait de la lettre

Par ailleurs, ils interrogent M. Legault sur la situation des Québécois dans les années 1970 : Mettriez-vous en doute que les Canadiens français faisaient l'objet de racisme systémique avant les années 1970?

Une affiche où on peut lire ''Un système? Où ça un système?'' avec le visage du premier ministre François Legault les yeux bandés.

Une affiche aperçue pendant la manifestation à la mémoire de Joyce Echaquan, le 3 octobre 2020, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Les auteurs s’appuient également sur un récent sondage qui établit que la très grande majorité des Québécois considèrent que les Autochtones font l’objet de racisme, et que les Premières Nations ne sont pas traitées sur un pied d'égalité avec les Québécois non autochtones dans les structures gouvernementales.

Nous parlons souvent au Québec des deux solitudes canadiennes, mais il existe une troisième solitude sur le territoire du Québec : celle des Autochtones. Et c’est la plus terrible, car ils la vivent dans le mépris.

Extrait de la lettre

En conclusion, les trois professeurs demandent au premier ministre de montrer que les peuples autochtones ne se réduisent pas à n’être que des opposants ou des alliés du développement économique.

Montrez-nous que leur humanité, faite comme la nôtre de forces et de faiblesses, dépasse leur simple utilité pour l’économie québécoise. Montrez-nous qu’ils comptent comme êtres humains à part entière, ont-ils conclu.

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