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L’Alberta poursuivie pour un programme de lutte contre la dépendance aux opioïdes

Un homme portant un chapeau, dehors, devant un immeuble.

Shane Monette est un des patients de la clinique d'Edmonton qui devra fermer ses portes en mars 2021.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un groupe de personnes participant au programme de traitement des dépendances graves aux opioïdes de l'Alberta poursuit le gouvernement provincial après que celui-ci a décidé de ne pas renouveler le programme de traitement par agonistes opioïdes (TAO), lancé en 2017 par l’ancien gouvernement néo-démocrate.

Sans cette forme de traitement, les gens continueront de mourir de surdoses, dit Shane Monette. Il fait partie des 11 plaignants qui poursuivent le gouvernement de l'Alberta à la suite à sa décision d'interrompre le programme de traitement en mars 2021.

« Je peux en témoigner, car ma vie a été sauvée grâce au TAO. »

— Une citation de  Shane Monette, plaignant

Victime de maltraitance durant son enfance, il a commencé à consommer de la drogue et de l’alcool à l’adolescence pour masquer sa douleur. Au fil des années, il a développé une dépendance à l'héroïne, sa consommation quotidienne étant évaluée à 400 $.

Il explique que la drogue était devenue une façon de surmonter son traumatisme et que ce sont les opioïdes qui lui ont procuré le plus de soulagement. Cependant, son corps a commencé à se dégrader. Ayant contracté une infection cardiaque, il était convaincu qu'il se dirigeait vers la mort, comme tant de ses amis dans la rue.

Alors que sa santé commençait à se détériorer, il a désespérément essayé d'arrêter de consommer de la drogue, mais sans succès. Il a essayé l’abstinence, la suboxone et la méthadone, et il a passé du temps dans un centre de désintoxication.

Aucun traitement n’a réussi à diminuer sa dépendance jusqu’à ce qu’il soit accepté à la clinique de traitement par agonistes opioïdes par injection d'Edmonton. Le traitement est considéré comme le dernier recours pour ceux qui ont une grave dépendance aux opioïdes.

Action en justice

À la suite de la décision du gouvernement Kenney, les cliniques qui offrent ce traitement à Edmonton et à Calgary devront fermer leurs portes, le 31 mars, à cause d'une réduction de financement.

Selon le groupe de plaignants, même si le gouvernement a augmenté le nombre de places en désintoxication, il agit par idéologie en restreignant l'accès à des techniques de réduction des méfaits, comme des traitements opiacés sur prescription.

L'avocat des plaignants, Avnish Nanda, juge que la décision du gouvernement Kenney est discriminatoire et espère que la Cour leur donnera raison.

La déclaration, déposée le 30 septembre à la Cour du Banc de la Reine d'Edmonton, allègue que la fermeture des cliniques porte atteinte aux droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés, notamment le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité des personnes.

Avnish Nanda soutient également que la fermeture des deux cliniques équivaut à une discrimination fondée sur un handicap mental et physique, ce qui viole le droit à l'égalité.

« Si le gouvernement échoue [dans sa mission] nous avons bon espoir que la Cour ne le fera pas. »

— Une citation de  Avnish Nanda, avocat des plaignants

Il demande à la Cour d'ordonner au gouvernement de revenir sur sa décision. Pour mes clients, c’est une question de vie ou de mort, dit-il.

Il sollicite également une injonction qui empêcherait les patients actuels de se voir refuser le traitement si l'affaire est toujours devant les tribunaux après mars 2021.

Le traitement par agonistes opioïdes était un projet pilote de deux ans lancé par le gouvernement néo-démocrate, avec une subvention d'accompagnement qui s'est terminée le 31 mars 2020, explique l'attachée de presse du ministre adjoint à la Santé mentale et aux dépendances de l’Alberta, Kassandra Kitz.

Bien que l'administration précédente n'ait pas prévu d'évaluation du programme, notre gouvernement a choisi de prolonger le financement d'un an, jusqu'au 31 mars 2021, afin de permettre la transition en toute sécurité des participants du projet pilote vers d'autres cliniques existantes, où sont offerts des services similaires, ajoute-t-elle.

Elle précise que les clients de l'étude pilote peuvent accéder à des traitements similaires par le biais des Services de santé de l'Alberta dans 10 cliniques de traitement de la dépendance aux opioïdes.

« Plus de 40 % des clients actifs [du programme] ont déjà réussi la transition vers d'autres options de traitement appropriées. »

— Une citation de  Kassandra Kitz, attachée de presse du ministre adjoint à la Santé mentale et aux dépendances de l’Alberta

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