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Le Réseau du sport étudiant en difficulté financière

Un joueur de football du Rouge et Or s'étire pour capter un ballon devant un joueur des Stingers.

En l'absence de revenu, les mises à pied ont commencé dans le Réseau du sport étudiant du Québec.

Photo : Mathieu Belanger

L’annulation des saisons automnales de football et soccer pose un sérieux défi financier au Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). En manque de liquidités, l’organisme a déjà commencé les mises à pied et la perte d’employés d’expérience risque de compliquer la relance du sport scolaire lorsque le feu vert sera donné.

On fait beaucoup de planification depuis le printemps dernier, mais ce qu’on peut livrer est hors de notre contrôle. On a rien facturé depuis le mois de mars, lance le directeur général du RSEQ Québec-Chaudière-Appalaches, Mathieu Rousseau.

Les nouvelles restrictions concernant la pratique du sport en zone rouge ne font qu’ajouter au casse-tête. C’est que les subventions gouvernementales et les cotisations des membres ne représentent qu’environ 5 % du budget d’opération annuel de son organisation.

Le 95 % qui reste, c’est le principe d’utilisateur-payeur. Chaque école paye pour les activités auxquelles elle prend part. Pour une équipe de football ou de basketball, il y a un frais administratif qui va payer nos frais d’opération, poursuit le directeur général.

Mathieu Rousseau au micro.

Mathieu Rousseau, directeur général du RSEQ Québec-Chaudière-Appalaches.

Photo : Radio-Canada / André-Anne Paré

L’enjeu en est un de liquidités à court terme, précise-t-il. Les écoles seront au rendez-vous le jour où le sport scolaire pourra reprendre. Y aura-t-il toutefois suffisamment d'employés toujours en poste pour une relance rapide des activités?

Deux des douze employés du RSEQ Québec-Chaudière-Appalaches ont déjà été mis à pied. Les autres ont vu leur charge de travail réduite à 80 %, mais d’autres décisions difficiles vont rapidement se pointer à l’horizon.

Des mises à pied partout au Québec

La situation est la même dans toutes les divisions régionales du RSEQ, de même que l’instance provinciale qui gère notamment les circuits collégiaux et universitaires.

Il y a déjà entre 30 000 $ et 100 000 $ de manque à gagner dans chacune de nos 14 instances régionales. La plupart se préparent à des mises à pied dans quelques jours, détaille le président-directeur général du RSEQ, Gustave Roel.

Du moment qu’il n’y a pas de ligue, il n’y a pas de capacité de générer des revenus. On est vraiment dans un néant présentement.

Gustave Roel, directeur général du Réseau du sport étudiant du Québec

Au provincial, six employés sur une trentaine ont déjà quitté sans être remplacés. Le RSEQ était en bonne santé financière avant la pandémie et M. Roel explique que son organisation est prête au pire scénario, une reprise uniquement à l’automne 2021. Mais la perte d’employés expérimentés d'ici là est problématique.

C’est une perte de talent, d’expertise et de capital humain qui nous inquiète beaucoup. Ces gens-là, c’est normal, vont se chercher de l’emploi ailleurs et on va devoir repartir de zéro dans certains cas.

L'équipe féminine de basketball du cégep Sainte-Foy avec leur bannière dans un gymnase.

En raison des restrictions en zone rouge, le RSEQ peut difficilement prédire quand les saisons de basketball et de volleyball scolaires pourront débuter.

Photo : photo fournie par le RSEQ

Une aide d’urgence demandée

Les instances régionales du RSEQ discutent avec leur clientèle, les centres de services scolaires et les écoles privées, d’un certain montant qui pourrait être facturé cet automne pour la planification des saisons qui n’ont pas eu lieu. Le problème est toutefois le même à l’échelle des écoles.

Comme il n’y a pas eu de saison, les écoles n’ont pas pu facturer les parents. Si elles l’ont fait, elles doivent rembourser la portion qui n’a pas été jouée , pointe Gustave Roel.

D’où l’impasse à laquelle fait face son organisme. Dans le contexte, le RSEQ et différentes fédérations sportives québécoises dans une situation similaire ont effectué des représentations conjointes auprès du gouvernement Legault pour une aide financière. Je sais que le gouvernement est à l’écoute, mais est-ce qu’il y aura une réponse positive? Ça commence à être très urgent pour nous comme pour plusieurs fédérations.

Les associations régionales sur le qui-vive

À l’Association régionale de soccer de Québec (ARSQ), le directeur général explique que ce sont les programmes sport-études qui gardent actuellement à flot son organisation. On peut espérer garder nos employés si ça continue de fonctionner, lance Philippe Bernard.

Reste à voir comment les nouvelles restrictions en zone rouge affecteront l’offre et si la clientèle sera tout de même au rendez-vous. Pour le moment, les entraînements peuvent encore avoir lieu, en respectant la bulle-classe et la distanciation. Il est possible que des entraînements doivent éventuellement être donnés en vidéoconférence.

Un joueuse de soccer s'apprête à frapper un ballon dans un stade intérieur.

Les ligues de soccer intérieur voient leur début de saison reportée cet automne.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

À cela s’ajoutent les ligues intérieures, dont le début de saison est déjà retardé. Les ligues hivernales, c'est environ 700 000$ de revenus. On ne fait pas vraiment de profit parce que la location des installations est plus onéreuse, mais ça nous permet de garder nos employés durant l’hiver, explique Philippe Bernard.

Or, des contrats lient son organisation avec des complexes sportifs intérieurs pour un certain nombre d'heures d'utilisation. Les prochains mois pourraient donc rapidement devenir problématiques financièrement si la zone rouge devait se prolonger à Québec et Lévis.

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