•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gilbert Rozon poursuit Julie Snyder et Pénélope McQuade en diffamation

M. Rozon vu en contre-plongée.

Gilbert Rozon, à la Cour d’appel du Québec, à Montréal, le 16 mai 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon, poursuit en diffamation pour 450 000 $ les animatrices Julie Snyder et Pénélope McQuade qui l'ont notamment qualifié d'agresseur sexuel à la télévision.

L'ex-producteur leur reproche une série de propos qu'elles ont tenus lors de l'émission du 29 septembre de La semaine des 4 Julie, animée par Mme Snyder.

Des propos faux, au caractère incendiaire et accusatoire, tenus dans l'objectif de lui nuire, dénonce-t-il dans son action.

Le relationniste de M. Rozon affirme que la procédure a été déposée jeudi après-midi au palais de justice de Montréal. L'entreprise Productions La Lune, qui produit entre autres l'émission de variétés La semaine des 4 Julie, est aussi poursuivie.

Mme McQuade fait partie des femmes qui ont accusé Gilbert Rozon d'agression sexuelle, tout comme Julie Snyder. Les deux affirment avoir porté plainte à la police contre lui.

Selon ce qui est allégué dans la procédure, Julie Snyder a interviewé Pénélope McQuade le 29 septembre, discutant avec elle d'un texte qu'elle a rédigé, inclus dans le livre Libérer la colère, publié en 2018.

Elles ont discuté lors de l'émission de ce qui leur était arrivé, et Julie Snyder a remercié Pénélope McQuade de lui avoir donné le courage de dénoncer ce qu'elle avait subi. Julie Snyder affirme notamment que Gilbert Rozon l'a agressée dans son sommeil, à Paris, il y a plus de 20 ans.

En ondes, l'animatrice a aussi expliqué avoir voulu répondre à une déclaration faite en février 2018 par M. Rozon au palais de justice. Il avait à ce moment dit : Je n'ai jamais fait l'amour à quelqu'un si une personne me dit non.

Mme Snyder a expliqué qu'elle n'avait pu dire non ce soir-là, car elle dormait et qu'il ne lui avait pas demandé si elle consentait.

Julie Snyder a réitéré ses paroles, et en a ajouté d'autres, lors de l'émission Le Québec maintenant, animée par Patrick Lagacé, le lendemain.

De plus, les propos en question ont été diffusés sur ses pages Instagram et Facebook, et ont été repris par la suite dans plusieurs articles de journaux et autres publications, est-il allégué dans l'action en justice.

Julie Snyder.

Julie Snyder.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En soirée, Mme Snyder a fait une déclaration en réponse à cette poursuite.

J’ai dénoncé l’agression de Gilbert Rozon à la police en 2017. Les médias l’ont rapporté et Gilbert Rozon n’a pas considéré alors qu’il s’agissait d’une atteinte à sa réputation. Tout à coup, à l’aube de son procès pour viol et attentat à la pudeur, Gilbert Rozon poursuit ses gestes d’agression en entamant une poursuite qui est aussi une forme d’intimidation, affirme-t-elle.

S’il fallait expliquer pourquoi je me suis tue pendant des années, la meilleure preuve c’est cette poursuite qui vise justement à me faire taire.

Julie Snyder

J’ai eu peur de le confronter durant des années. Ma démarche fait partie de mon processus thérapeutique, ajoute-t-elle.

Rozon nie tout

Gilbert Rozon nie tout : il affirme ne pas avoir agressé Mme McQuade ni Mme Snyder.

Leurs propos sont diffamatoires et malveillants, soutient M. Rozon, ajoutant que les deux animatrices ont utilisé leur notoriété pour s'acharner sur lui dans une attaque planifiée, orchestrée et mise en scène.

À l'évidence, la démarche avait pour objectif principal de discréditer le demandeur aux yeux du public, moins de deux semaines avant la tenue du procès criminel où il doit se défendre d'allégations d'agressions sexuelles.

Extrait de l'action en justice

Gilbert Rozon va subir la semaine prochaine un procès criminel pour viol et attentat à la pudeur sur une femme dont l'identité n'a pas été dévoilée — et ne peut l'être.

Il leur reproche de lui avoir nui intentionnellement et de faire naître dans l'esprit du public un sentiment de mépris et de méfiance envers lui, ce qui a pour conséquence de le déconsidérer, de le vouer à l'opprobre public et de rendre pratiquement impossible la poursuite de ses activités professionnelles.

Sans oublier que ces propos ont été diffusés à grande échelle, dit-il.

Gilbert Rozon soutient avoir demandé aux deux femmes de se rétracter le 1er octobre dernier. Il leur laissait 48 heures pour le faire, en diffusant un communiqué de presse explicite et sans ambiguïté reconnaissant qu'elles n'avaient pas été agressées par lui comme elles l'avaient laissé entendre ou affirmé.

Elles n'ont pas donné suite à cette demande, rétorquant n'avoir commis aucune faute.

Gilbert Rozon leur réclame ainsi 250 000 $ en dommages moraux et 200 000 $ en dommages punitifs.

Il demande aussi au tribunal d'ordonner aux deux femmes de se rétracter — dictant le texte qu'il souhaite voir publier — en mentionnant notamment qu'il ne les a jamais agressées sexuellement et n'a eu aucune relation sexuelle avec elles, ni comportement ou conduite déplacés.

Il requiert aussi qu'elles s'excusent des inconvénients qu'elles lui ont causés.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.