•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« C'est plus difficile » qu'au printemps, admet le Dr Arruda

Horacio Arruda en point de presse.

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, en conférence de presse jeudi

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

S'il dit lire « de moins en moins » ce qui s'écrit à son sujet, le directeur national de santé publique est tout de même conscient qu'il a aussi de moins en moins l'oreille des Québécois.

Il a fait cet aveu inattendu jeudi dans une envolée, qui semblait par moments teintée d'émotion, lors du point de presse sur l'état de la pandémie au Québec.

Je vais être très honnête avec vous : c’est plus difficile parce qu’on prend des décisions difficiles qui ne sont pas intéressantes pour le monde, a-t-il ainsi admis.

On est moins dans la dynamique initiale. Au début, c’était facile : confiner tout le monde. Les gens écoutaient. Là, on fait un choix, on pénalise l'un, on pénalise l’autre.

Et il y a des complotistes, a-t-il également évoqué.

J’ai des menaces de mort. Je reçois des courriels injurieux tous les jours. Tous les jours.

Il a cependant assuré une chose, et ce, à plusieurs reprises : Je ne serais pas assis ici à annoncer des décisions avec lesquelles je ne suis pas confortable.

Et le directeur s'est excusé auprès du ministre de la Santé, Christian Dubé, assis à ses côtés, avant de faire un autre aveu au ton franc et au langage coloré.

Je peux vous dire que le jour où il sentira que c’est de la bullshit, le directeur Arruda, il ne sera plus là. Parce que le Dr Arruda, il n’a pas sa crédibilité à perdre.

Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique

Ainsi, Horacio Arruda est conscient que la vague d'amour et de soutien qui a déferlé à son endroit au printemps a laissé sa place à une certaine lassitude dans la population. Il estime cependant être toujours l'homme de la situation, même s'il admet se poser la question chaque jour.

Mais je garde la tête haute, a-t-il dit. J’ai décidé de continuer dans ce mandat. Tant qu’on ne va pas me sortir d’ici — et ils me sortiront s’ils veulent me sortir —, moi, je considère que je fais mon travail du mieux, et je ne considère pas que je suis un deux de pique en termes de santé publique, à travers ce qui existe sur la planète.

Vous pouvez me comparer à ce que dit l’Ontario, ce que disent les CDC [aux États-Unis, Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, NDLR], et à ce que disent les complotistes, etc. Quand je suis ici, je suis confortable avec les décisions qu’on a prises, a-t-il réitéré, disant espérer pouvoir garder la confiance des Québécois parce qu'il les aime profondément.

Il avait d'ailleurs un message d'apaisement à lancer aux personnes qui adhèrent aux théories du complot ou qui se sentent attirées par celles-ci...

Le Dr Arruda se dit conscient que le confinement peut avoir des effets secondaires indésirables, comme l'isolement, la peur et l'anxiété. Certaines personnes sont trop anxieuses devant la situation tandis que d'autres ne le sont pas assez, a-t-il toutefois déploré.

Il y a toutes ces théories du complot qui mélangent les gens. Allez chercher la bonne information sur les sites officiels, c'est important. Et si vous êtes stressés, n'hésitez pas à demander l'aide des services sociaux, pour la santé mentale.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !