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Fin de la bulle entre les localités de Pointe-à-la-Croix, de Listuguj et du N.-B.

Le pont dans un paysage d'automne.

Le pont J.-C. Van Horne, qui relie Campbellton à Pointe-à-la-Croix.

Photo : Radio-Canada / Luc-Manuel Soares

Le Nouveau-Brunswick met fin, dès jeudi, à minuit, à l’entente qui permettait aux résidents de Pointe-à-la-Croix et de la Première Nation de Listuguj de traverser la frontière entre les deux provinces, sauf pour les services essentiels.

Les résidents des deux municipalités québécoises frontalières avec le Nouveau-Brunswick ne pourront plus traverser la frontière pour des excursions d’une journée. Seuls les déplacements essentiels seront autorisés.

Ainsi, la population des deux localités pourra entrer au Nouveau-Brunswick pour se procurer des produits alimentaires, des médicaments sur ordonnance ainsi que des biens et services essentiels qui ne sont pas disponibles dans leur propre communauté.

Les résidents pourront traverser la frontière pour le travail, des rendez-vous médicaux, des services de garde d’enfants et pour respecter les conditions d’une entente sur la garde d’enfants.

Le Nouveau-Brunswick autorisera les élèves de la maternelle à la huitième année à traverser la frontière pour aller à l’école.

Par contre, les élèves gaspésiens de niveau secondaire qui fréquentent une école du Nouveau-Brunswick devront demeurer à la maison et suivre un enseignement à distance à compter du mardi 13 octobre.

La pancarte de Listuguj avec le pont interprovincial à l'arrière.

Le printemps dernier, les résidents de Listuguj pouvaient échanger 10 laissez-passer qui leur donnaient le droit de se rendre dans les magasins d'Atholville et de Campbellton durant deux heures.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La situation revient donc à ce qu’elle était avant l’entente.

Le jumelage de Pointe-à-la-Croix et de Listuguj avec le Nouveau-Brunswick avait permis de rendre service aux populations des deux localités, mais il créait aussi beaucoup d'insatisfaction en Gaspésie.

L’entente avait pour effet d'interdire l'accès à Pointe-à-la-Croix aux citoyens des municipalités de l'ouest de la MRC d'Avignon. Les villages des Plateaux de la Matapédia étaient ainsi privés de la proximité avec de nombreux services essentiels.

Déception à Pointe-à-la-Croix et à Listuguj

Le maire de Pointe-à-la-Croix, Pascal Bujold, explique que de multiples solutions ont été envisagées pour conserver le lien avec le Nouveau-Brunswick, sans résultat.

Il rappelle que cela n’a jamais été la demande de la Municipalité d’interdire l’accès à Pointe-à-la-Croix aux autres Gaspésiens.

Le maire aurait aimé que ses concitoyens conservent leur jumelage avec la province voisine, tout en préservant les liens familiaux situés dans les localités voisines et en permettant la fréquentation de certains commerces et services.

Pour M. Bujold, la décision du Nouveau-Brunswick de vouloir augmenter les restrictions concernant les échanges entre Pointe-à-la-Croix et les autres localités de la Gaspésie a été l’élément de trop. La demande ne pouvait pas être acceptée, juge-t-il.

Sa municipalité était coincée.

Finalement, dit-il, ce sont les citoyens de sa municipalité et ceux de Campbellton qui en feront les frais. Les gens de Campbellton ne pourront plus venir à Pointe-à-la-Croix pour faire des emplettes, la même chose pour nous. C’est certain que cela aura un impact négatif sur le territoire, autant au Québec qu’au Nouveau-Brunswick.

Le maire s’inquiète pour l’économie du territoire ainsi que pour la suite des pourparlers avec le Nouveau-Brunswick sur ce qui sera permis ou non. On aura à se battre encore une fois avec le libellé.

À Listuguj, le chef du conseil de bande, Darcy Gray, espère lui aussi que ce qui est considéré comme des services essentiels sera mieux défini qu'au printemps dernier pour éviter les ambiguïtés et les autorisations de passage à géométrie variable.

L'enseignement à distance pour une centaine de jeunes Autochtones

Le chef de Listuguj dit comprendre les motivations du Nouveau-Brunswick devant le nombre de cas en augmentation dans la Baie-des-Chaleurs, mais il estime la mesure disproportionnée.   En fermant le pont à tout le monde, c’est un petit peu trop, un petit peu vite. On aurait pu faire autre chose avant , souligne le chef micmac.

Il estime par contre que les demandes du Nouveau-Brunswick envers Pointe-à-la-Croix allaient trop loin. C’était un petit peu trop. C’était impossible de garder [le jumelage]. Dire à quelqu’un qu’il ne peut pas aller à la pharmacie, au Provigo, pour moi, ça ne marche pas.

Darcy Gray se dit néanmoins très déçu pour sa communauté.

Comme il n’y a pas d’enseignement au-delà de la huitième année à Listuguj, la plupart des jeunes de la communauté terminent leur apprentissage à Campbellton.

En raison de la décision, à partir de mardi, les 103 élèves de Listuguj qui fréquentent l'école secondaire anglophone Sugarloaf Senior High School de Campbellton devront poursuivre leur apprentissage à distance.

Le chef s’explique mal cette décision, d’autant plus qu’il n’y a jamais vraiment eu de discussions formelles à ce sujet.

Listuguj entend créer des classes temporaires au centre de formation de la communauté afin de s’assurer que les jeunes poursuivent leurs cours. On va essayer de garder leurs horaires, leur rythme. Au lieu d’aller au Sugarloaf, ils vont aller au LMDC [Listuguj Mi’gmaq Development Centre, NDLR], dans la communauté.

Listuguj va aussi rapatrier sur son territoire les 13 employés, dont des aides pédagogiques, qui travaillaient déjà auprès des jeunes Micmacs à Campbellton.

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