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Le Met, de New York, achète un diptyque de l’artiste cri canadien Kent Monkman

Kent Monkman parle, debout devant une de ses oeuvre.

Kent Monkman présente ses deux oeuvres gigantesques dans le grand hall du Metropolitain Museum of Art de New York.

Photo : Radio-Canada / Sean Conaboy

Le Metropolitan Museum of Art, couramment appelé Met, a annoncé jeudi qu’il se portait acquéreur de deux oeuvres de l’artiste cri canadien Kent Monkman présentement exposées dans le prestigieux musée new-yorkais.

Ces deux immenses toiles ont été commandées par le Musée, qui avait demandé à des artistes contemporains de créer de nouvelles oeuvres en s’inspirant de sa collection. L’installation de Kent Monkman est la première à voir le jour.

Intitulé mistikôsiwak (Wooden Boat People), le diptyque encadre le grand hall d’entrée du Met depuis le mois de décembre. La toile Resurgence of the People propose une nouvelle lecture de l'œuvre emblématique Washington Crossing the Delaware de l’artiste germano-américain Emanuel Leutze. Et Welcoming the Newcomers est inspirée d'œuvres d’Eugène Delacroix, d’Augustus Saint-Gaudens et de Thomas Crawford.

Nous sommes enchantés d’annoncer cette importante nouvelle, dit le directeur du Met, Max Hollein.

Le dyptique rend hommage aux canons de l’histoire de l’art en même temps qu’il en constitue une critique, alors que l'artiste jette une lumière nécessaire et incisive sur le trou béant que creusent leurs omissions, affirme Max Hollein, rappelant que le Met s’est engagé à donner, avec plus de force, une voix aux artistes sous-représentés.

La toile Welcoming the Newcomers, exposée au Met, montre des Autochtones accueillant de nouveaux arrivants, naufragés d'une tempête.

La toile Welcoming the Newcomers montre des Autochtones accueillant de nouveaux arrivants, naufragés d'une tempête.

Photo : Metropolitan Museum of Art

Dans ce contexte, dit-il, la commande de ces oeuvres sert à la fois de rappel percutant et de boussole pour aller de l’avant avec détermination.

Artiste renommé, membre de la Première Nation de Fisher River, au Manitoba, Kent Monkman vit maintenant à Toronto. Il est reconnu pour ses interprétations audacieuses de l’histoire de l’Amérique du Nord à travers des toiles de grand format.

Photo montrant la toile. On y voit des Autochtones dans une barque qui prend l'eau alors qu'au loin des hommes sur un rocher brandissent leurs armes modernes.

La toile Resurgence of the People.

Photo : Metropolitan Museum of Art

Ses oeuvres revisitent l’histoire en proposant un point de vue provocant, teinté d'humour, sur le colonialisme et les Premières Nations et sur l’histoire telle qu'elle est présentée par les Blancs. Selon l’artiste, elles comblent ainsi des lacunes dans la tradition européenne de l'art qui a effacé le point de vue des Autochtones.

C’est cette appréciation de l’artiste pour la tradition des peintures historiques qui a attiré l’attention du Met, indiquait en décembre dernier le conservateur de l’art moderne et contemporain du musée, Randy Griffey.

Les oeuvres de Kent Monkman figurent dans les collections de plusieurs musées. L’artiste a eu, au cours des dernières années, deux expositions solo qui ont fait l’objet de tournées nationales : Shame and Prejudice : A Story of Resilience, entre 2017 et 2020, et The Triumph of Mischief, entre 2007 et 2010.

Plus récemment, une de ses oeuvres montrant Justin Trudeau partiellement nu, qu’il avait dévoilé dans les médias sociaux, a fait polémique. L’artiste a tenu à s’excuser, soulignant qu’il souhaitait que cette toile ne fasse pas ombrage à sa démarche.

On peut voir le diptyque exposé au Metropolitan Museum of Art jusqu'au 16 novembre prochain.

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