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Près de 3 femmes sur 10 agressées sexuellement dans un collège militaire canadien

Des élèves officiers en uniforme lors d'une parade militaire devant le collège.

Des élèves officiers paradent lors de la cérémonie de remise des diplômes au Collège militaire royal du Canada, à Kingston, en Ontario, le 17 mai 2019.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Près de trois femmes sur dix affirment avoir été agressées sexuellement lors de leurs études aux collèges militaires canadiens (CMC) de Saint-Jean-sur-Richelieu et de Kingston, révèle une enquête de Statistique Canada publiée jeudi.

Selon cette enquête, réalisée l'an dernier, 28 % des femmes ont été victimes d’une agression sexuelle, comparativement à 4,4 % des hommes, pourtant beaucoup plus nombreux sur les deux campus. Au cours de la seule année ayant précédé l’enquête, 15 % des élèves officières ont rapporté une agression, contre 3,6 % de leurs collègues masculins.

L'enquête, effectuée auprès de 512 étudiants, soit 28 % de la population des CMC, considère que les agressions sexuelles incluent les attaques de nature sexuelle, les contacts sexuels et les activités sexuelles auxquelles une personne n’a pas consenti, y compris lorsque cela s’est produit après un consentement à une autre forme d’activité sexuelle.

Les contacts sexuels sont la forme d’agression sexuelle la plus courante au sein de la population étudiante des CMC, tant chez les femmes que chez les hommes.

De façon plus large, l’enquête conclut que 68 % des étudiants des deux collèges ont été les témoins ou la cible de comportements sexualisés non désirés dans le cadre de leurs études postsecondaires.

Cela inclut, par ordre d’importance, des blagues à caractère sexuel, des discussions inappropriées au sujet de la vie sexuelle et des commentaires à caractère sexuel inappropriés au sujet de l’apparence ou du corps d’une personne.

Là encore, plus de femmes (52 %) que d’hommes (31 %) ont rapporté de tels événements.

Les femmes sont aussi plus susceptibles de considérer ces comportements comme offensants que les hommes, particulièrement lorsqu’elles sont sifflées ou interpellées.

Les femmes rapportent aussi davantage de cas de comportements discriminatoires (33 %, contre 13 % pour les hommes). Il s'agit le plus souvent de commentaires sur la façon dont une femme ou un homme devrait se comporter.

Les comportements sexualisés non désirés ou discriminatoires sont attribuables le plus souvent à d'autres étudiants, et ils se produisent le plus souvent sur le campus, en présence d'autres personnes, notamment dans des espaces publics.

L'enquête révèle en outre que peu d'étudiants affirment que ces comportements ont eu un impact sur leurs études ou leurs relations avec les autres.

Les femmes sont cependant plus susceptibles que les hommes de rapporter des répercussions sur leur santé émotionnelle et mentale.

Autre constat troublant : les étudiants sont souvent au courant des ressources pouvant les aider dans leur établissement, mais très peu d'entre eux les utilisent.

L’enquête est publiée un peu plus de cinq ans après que l'armée canadienne eut promis d'éliminer les inconduites sexuelles dans ses rangs, dans la foulée d’un rapport accablant de l’ex-juge à la Cour suprême Marie Deschamps.

Cette dernière avait conclu que la culture des Forces armées canadiennes (FAC) était hostile aux femmes et aux minorités sexuelles, ce qui la rendait propice aux incidents graves que sont le harcèlement sexuel et l'agression sexuelle .

Il y a trois ans, le chef d'état-major de la défense, le général Jonathan Vance, avait d’ailleurs décidé de placer les deux collèges militaires sous son commandement direct.

Dans une déclaration publiée jeudi matin, les Forces armées canadiennes rappellent que les inconduites sexuelles ne seront pas tolérées dans l'armée et admettent que l'institution doit en faire davantage pour instaurer un climat de confiance, de dignité et de respect mutuel.

Avec les informations de La Presse canadienne

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