•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des milliers de snowbirds prévoient de se rendre dans le Sud cet hiver, malgré la COVID-19

L'assureur Medipac dit avoir vendu plus de 20 000 polices d'assurance jusqu'ici à ses clients retraités qui passent l'hiver dans le Sud.

Un couple âgé à la plage.

Les retraités canadiens qui passent l'hiver dans le Sud commencent habituellement à quitter le pays un peu après l'Action de grâces.

Photo : Getty Images / Shawstreetpro

Steve McCall fait partie des Canadiens qui souhaitent se rendre dans le sud des États-Unis en janvier, même si cela va à l’encontre des recommandations d’Affaires mondiales Canada, qui demande d’éviter les voyages non essentiels à l’étranger.

Le camionneur dit d’ailleurs qu’il est allé en Floride une dizaine de fois depuis avril dans le cadre de son travail. Ce n’est pas aussi apocalyptique que ce qui ressort parfois dans les médias, raconte-t-il.

Il y a certainement un problème là-bas, mais si on suit les mêmes directives [qu’en Ontario], on peut être en sécurité, dit-il.

Steve McCall et sa femme à la plage.

Steve McCall et sa femme Kim ont l'intention de demeurer en Floride de janvier à avril, comme tous les ans.

Photo : Steve McCall

Des milliers de retraités auraient l’intention de se rendre dans le Sud cet hiver, selon Medipac Assurance Voyage, une compagnie qui se spécialise dans la vente d’assurance aux retraités qui passent l'hiver au chaud.

Son vice-président aux ventes et au marketing, Christopher Davidge, affirme que la compagnie a vendu plus de 20 000 polices d'assurance jusqu'ici à ses clients hivernants pour la saison froide.

C’est bien moins que les 50 000 polices que l’assureur vend en temps normal.

Les ventes sont en baisse, mais elles sont plus robustes que ce à quoi on s’attendait.

Christopher Davidge

Nous sommes surpris du nombre de personnes qui adhèrent à un plan de Medipac parce qu’elles ont l’intention d’aller en Floride, au Texas, en Arizona ou en Californie cet hiver, admet Christopher Davidge.

Plusieurs attendent encore de savoir si la frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis rouvrira en novembre ou décembre avant de finaliser leurs plans.

C’est le cas de Thomas Wayne McIsaac, qui possède un condo à North Port, en Floride. Il espère pouvoir s’y rendre en voiture comme chaque année.

Thomas Wayne McIsaac et sa femme assis devant leur condo.

Thomas Wayne McIsaac et sa conjointe Tarrie-Lynn dans leur condo de North Port en Floride.

Photo : Thomas Wayne McIsaac

Si la frontière terrestre n’ouvre pas aux touristes d’ici janvier ou février, lui et sa femme prendront l’avion pour se rendre dans leur résidence secondaire.

Je pense qu’on peut être autant en sécurité dans notre condo à faire nos marches quotidiennes, à faire des balades à vélo, à lire et à boire du vin, explique cet habitant de Brockville, en Ontario.

D’autres ont déjà pris la décision de rester au Canada cet hiver.

C’est le cas du Franco-Ontarien Alain Beaudry. On va chauffer le poêle à bois, plaisante-t-il, avant d’expliquer que son assureur ne couvre pas les voyages à l’étranger pour le moment.

Alain Beaudry et sa femme posent devant leur véhicule.

Alain Beaudry se rend habituellement en Floride avec sa conjointe dans leur véhicule récréatif motorisé.

Photo : Alain Beaudry

Il souligne aussi que le gouvernement canadien recommande à ses citoyens de rester au pays, sauf pour les voyages essentiels.

Il ne nous recommande pas ça pour le plaisir de nous garder chez nous. Il nous le recommande parce que c’est dangereux d’aller à l’extérieur, dit-il.

Affaires mondiales Canada prévient d’ailleurs que si vous décidez de quitter le Canada malgré les avis, sachez que le gouvernement du Canada peut avoir une capacité limitée à vous offrir des services consulaires.

En réponse à une question sur les personnes passant l'hiver dans le Sud, le ministère rappelle que les Canadiens plus âgés représentent l’un des groupes les plus à risque de développer une maladie grave ou d’autres complications [de la COVID-19].

Selon l’Association canadienne des snowbirds, qui compte 110 000 membres, il est impossible de savoir exactement combien ont l’intention de se rendre aux États-Unis cet hiver.

Série de roulottes alignées dans un grand terrain vaste.

Des entrepôts du Québec sont pleins cette année, envahis par les véhicules récréatifs des hivernants qui restent au pays tout l'hiver.

Photo : Radio-Canada

Les gens ne nous confient pas leurs plans, dit James Leroux, directeur de l’association pour le Québec.

D’après lui, plusieurs indécis vont prendre leur décision en fonction de la réouverture de la frontière terrestre. Ce n’est pas tout le monde qui veut prendre l’avion, souligne-t-il.

Il ajoute que de nombreux voyageurs ont aussi des craintes à propos de leur assurance. Plusieurs compagnies couvrent maintenant la COVID, mais elles ont des clauses qui leur laissent de grandes portes de sortie, prévient-il.

La rédactrice en chef du journal Le Soleil de la Floride, Denise Dumont, s’attend pour sa part à ce que ceux qu’elle appelle les résidents d’hiver, qui possèdent une propriété, soient quand même nombreux à se rendre en Floride cet hiver.

Des condos en rangée.

La plupart des retraités canadiens en Floride habitent dans des condos, plutôt que dans des véhicules récréatifs, selon Denise Dumont, du « Soleil de la Floride ».

Photo : iStock / Raatzie

Toutefois, ceux qui arrivaient habituellement en octobre et en novembre et retournaient dans leur famille pour le temps des Fêtes feront probablement le voyage en janvier cette année, selon elle. La raison principale, c’est le 14 jours de quarantaine lorsqu’on revient au Canada.

Elle pense que ce sont surtout ceux qui louaient un appartement pour un ou deux mois qui annuleront leur voyage cet hiver. Même chose pour ceux qui habitent dans leur véhicule récréatif, à moins que la frontière terrestre n’ouvre.

Dans les groupes Facebook destinés aux hivernants, la question du séjour dans le Sud mène à bien des débats… parfois houleux. Tellement que des administrateurs des groupes doivent parfois mettre fin à des conversations qui dérapent.

Les discussions portent seulement là-dessus, rapporte Alain Beaudry. Il y a un groupe de gens qui y vont coûte que coûte, et l’autre groupe qui essaie de les décourager. On est dans ce moment-là.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !