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Imbroglio tendu sur les débats entre Donald Trump et Joe Biden

Montage photo de Joe Biden et de Donald Trump.

La commission indépendante qui organise les débats demandent que Joe Biden et Donald Trump croisent le fer virtuellement le 22 octobre.

Photo : Associated Press / Archives

Agence France-Presse

Le ton est encore monté entre les équipes de Donald Trump et de son rival démocrate Joe Biden jeudi autour de leurs prochains débats, revirements et rebondissements ajoutant à la confusion dans une campagne présidentielle déjà bouleversée par le diagnostic positif à la COVID-19 du milliardaire républicain.

Un président erratique contre un candidat démocrate qui se cache dans son sous-sol : les invectives volaient à 26 jours de la présidentielle autour de l'organisation des prochains duels télévisés.

Après avoir jugé inacceptable de participer à un débat virtuel la semaine prochaine, Donald Trump, devancé dans les sondages, a exigé de débattre deux fois en personne contre son rival : le 22 octobre comme prévu et lors d'une rencontre supplémentaire le 29, soit à cinq jours seulement de la présidentielle américaine.

Une proposition immédiatement rejetée par l'équipe de Joe Biden.

Le boycottage présidentiel du débat du 15 octobre frappe l'un des derniers grands rendez-vous des campagnes présidentielles américaines à avoir survécu à la pandémie, après la réduction comme une peau de chagrin des conventions des partis et des grands rassemblements électoraux.

Une question de « santé et de sécurité »

Prenant acte de la maladie du président, la commission indépendante chargée d'organiser ces débats avait décidé jeudi matin que les deux candidats échangeraient comme prévu le 15 octobre, mais à distance et dans des lieux séparés.

Je ne vais pas perdre mon temps dans un débat virtuel. Débattre ce n'est pas ça, a immédiatement réagi Donald Trump sur la chaîne Fox Business. Je ne pense pas être contagieux du tout, a-t-il assuré.

Au grand dam des démocrates, le locataire de la Maison-Blanche, 74 ans, avait fait l'annonce-choc de son diagnostic moins de trois jours après avoir débattu, en personne, avec Joe Biden, 77 ans.

Le directeur de campagne de Donald Trump, Bill Stepien, lui aussi déclaré positif à la COVID-19, a estimé, sans preuve, qu'un débat virtuel serait clairement un cadeau pour Biden, qui pourrait s'appuyer sur un téléprompteur depuis le bunker de son sous-sol.

Les Américains méritent d'entendre directement les deux candidats, a-t-il ajouté.

Le comportement erratique du président ne l'autorise pas à changer un calendrier accepté par les deux équipes au mois de juin, a réagi la directrice de la campagne de Joe Biden, Kate Bedingfield. Le démocrate se tiendra donc prêt à participer au débat final le 22 octobre.

Donald Trump peut s'y présenter ou refuser de le faire, c'est son choix.

Rendre virtuel le débat du 15 vise à préserver la santé et à garantir la sécurité de tous les participants, a justifié la commission, au lendemain d'un débat entre les colistiers républicain Mike Pence et démocrate Kamala Harris, qui ont échangé leurs flèches au travers de parois en plexiglas.

Le couple salue la foule.

Le vice-président Mike Pence, avec son épouse Karen, lors d'un rassemblement de campagne au Nevada, jeudi. M. Pence occupe la place tandis que Donald Trump se doit de demeurer à la Maison-Blanche en raison de son diagnostic positif à la COVID-19.

Photo : afp via getty images / Ronda Churchill

L'équipe Trump a prévu d'organiser un rassemblement de partisans à la place, mais n'a pas précisé si le président s'y rendrait. Celui-ci a dit jeudi matin sa hâte de reprendre les rassemblements.

La campagne de ce tribun, grand amateur des estrades, a été brusquement interrompue par la maladie, alors que son rival continue de sillonner, à son rythme, les États-Unis.

Ayant de nouveau été déclaré négatif jeudi, Joe Biden se rendait ainsi dans l'Arizona, l'un des États-clés qui pourraient tomber dans l'escarcelle démocrate et faire basculer le résultat le 3 novembre.

Avant de s'envoler, il a refusé de réagir à chaud. Je ne sais pas ce que le président va faire, il change d'avis toutes les secondes. Commenter à ce stade serait prématuré.

Joe Biden s'adresse à la presse sur un tarmac.

Joe Biden s'adresse à la presse avant de monter dans son avion de campagne jeudi.

Photo : afp via getty images / Brendan Smialowski

La COVID-19 malmène les républicains

Les États-Unis sont le pays le plus touché au monde par le nouveau coronavirus, qui y a fait près de 212 000 morts et détruit des millions d'emplois.

Parvenu jusqu'à la Maison-Blanche, le virus a contaminé le président, son épouse Melania et de nombreux conseillers.

Hospitalisé pendant trois jours, Donald Trump a fait son retour à la présidence lundi, et se montre depuis soucieux d'apparaître en pleine forme et au travail.

Dans une nouvelle vidéo publiée sur Twitter jeudi, il s'est voulu rassurant sur la maladie auprès des séniors, un groupe clé de l'électorat, particulièrement vulnérable à la pandémie, chez qui il est en nette perte de vitesse dans les sondages.

Le président américain a aussi affiché son optimisme sur l'économie, évoquant de fortes chances de parvenir à un accord avec l'opposition démocrate sur un nouveau plan de relance.

Mais les démocrates se sont montrés plus sceptiques sur ces avancées, alors que Donald Trump avait brusquement mis fin mardi à ces négociations, suscitant une consternation quasi générale et la dégringolade des marchés.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

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