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Flambée des plaintes à l'ombudsman des patients en Ontario

Une femme masquée tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Orchard Villa is hell ».

Des proches d'aînés qui sont morts dans des foyers de soins de longue durée manifestaient devant Queen's Park le 23 juin 2020. Ces structures, qui concentrent la majorité des décès liés à la COVID-19 en Ontario, font l'objet de nombreuses plaintes.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Radio-Canada

L'organisme de surveillance responsable de la protection des patients en Ontario a été inondé de plaintes au plus fort de la première vague de COVID-19. Dans un rapport spécial, l'ombudsman des patients de l’Ontario indique que le nombre de plaintes reçues concernant les foyers de soins de longue durée a presque quadruplé le printemps dernier.

De mars à juillet, le nombre de plaintes concernant les foyers de soins de longue durée a augmenté de 370 % par rapport à la même période l'année précédente.

Ces établissements ont constamment été la cible du plus grand nombre de plaintes auprès des structures de soins de santé sur cette même période.

Bon nombre des plaintes que nous avons reçues reflètent la crise dans les foyers de soins de longue durée de l’Ontario

Cathy Fooks, ombudsman des patients en Ontario

Son rapport souligne que plus de 1800 décès liés à la COVID-19 se sont produits dans des foyers de soins de longue durée, soit 65 % du bilan provincial.

1 foyer pour aînés sur 6 visé par une plainte

Le taux d'infection dans les foyers pour aînés est possiblement sous-évalué, poursuit l’ombudsman, en raison de la faiblesse du dépistage en mars et en avril.

Plus d’un foyer de soins de longue durée sur six a été visé par au moins une plainte.

En tout et pour tout, 568 plaintes concernant le système de santé ont été reçues, dont près de la moitié sont liées à la COVID-19.

Près d’un tiers des plaintes concernent les restrictions sur les visites.

Suivent, dans l’ordre, le manque de mesures de prévention, les problèmes de communication, la qualité des soins et la pénurie de personnel.

Un homme parle à un autre homme à la fenêtre.

Les restrictions sur les visites des résidents de foyers pour aînés ont été une source d'anxiété et de confusion, souligne le rapport de l'ombudsman des patients.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Les mesures pour ralentir la propagation de la COVID-19 ont incontestablement sauvé de nombreuses vies, note le rapport. Cependant, ces mesures ont perturbé les relations normales entre les prestataires de soins et leurs patients. Les mesures ont séparé les personnes à l'intérieur du système de santé de leurs soutiens à l'extérieur du système. Cela a été une source d'anxiété et de confusion pour beaucoup.

Les hôpitaux ne sont pas en reste, et représentent 35 % de l’ensemble des plaintes reçues.

L'ombudsman propose 4 recommandations

L'ombudsman des patients conclut son rapport par une série de recommandations. Cathy Fooks demande notamment que chaque établissement de soins en Ontario soit doté d'un plan d'urgence plus robuste pour faire face à une épidémie.

Les foyers de soins de longue durée pourraient, par exemple, mettre en place des partenariats avec des hôpitaux ou des municipalités pour disposer de ressources supplémentaires.

Elle propose aussi que des efforts soient consacrés à l'amélioration des communications entre les patients, leur famille et le personnel soignant.

Éviter l'isolement des patients et résidents

Les restrictions prolongées et inhumaines concernant les visites des patients devraient laisser place à des alternatives pendant une deuxième vague, comme autoriser un nombre limité de proches aidants. C’est déjà le cas depuis lundi dans les foyers pour aînés de la grande région de Toronto et à Ottawa.

Enfin, l’ombudsman soutient que les lanceurs d’alerte parmi les professionnels de la santé devraient être protégés par le gouvernement, afin qu’ils ne craignent plus d’éventuelles représailles au sein de leur profession.

Personne [...] ne veut répéter les scénarios auxquels nous avons été confrontés au printemps 2020, conclut Mme Fooks, qui souhaite que les prestataires de soins et les différents niveaux de gouvernance établissent une collaboration intense à l’avenir.

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