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Les soins à domicile pour limiter les dégâts de la COVID-19 au Québec

Des mains d'aînés tenus par du personnel prodiguant les soins à domicile

On estime que plus de 147 000 personnes reçoivent habituellement des soins à domicile au Québec.

Photo : Radio-Canada / iStock

Radio-Canada

On a abandonné les personnes âgées en perte d’autonomie à domicile et les personnes en situation de handicap pendant la première vague, dénonce le Collectif Action COVID, qui fait valoir que les soins à domicile doivent être considérés comme « services essentiels » pour limiter les dégâts de la deuxième vague de coronavirus.

C’était l’angle mort de la première vague, dénonce le porte-parole du Collectif, le Dr Réjean Hébert, en entrevue mercredi à 24|60.

Il faut absolument mettre en place des mesures pour que les soins à domicile soient des services essentiels et que les gens continuent à recevoir ces services.

Il s'agit de la première recommandation du Collectif Action COVID, qui regroupe 15 organisations nationales et 6 experts et chercheurs et qui a été formé pour mieux soutenir les plus vulnérables.

On estime que plus de 147 000 personnes reçoivent habituellement des soins à domicile au Québec, sans compter toutes celles qui sont en attente de ceux-ci.

Les gens qui sont en situation de handicap ou de perte d’autonomie, ils doivent continuer de se lever le matin, de s’habiller, de se nourrir, de prendre un bain, plaide le Dr Hébert.

Mais lors de la première vague de la COVID-19, ces soins à domicile, qui incluent des soins médicaux, mais aussi de l'aide à l'alimentation et à l'hygiène, ainsi que certaines tâches ménagères, ont diminué, explique-t-il.

Par exemple, les organismes communautaires ne pouvaient plus aller chez les gens ayant besoin d'aide et beaucoup ont été abandonnés, rapporte-t-il, avec toutes sortes de conséquences : une détérioration de leur condition et l'épuisement des aidants naturels. Certains ont dû, sans autre solution, plier bagage et aller vivre en hébergement.

La priorité qu’on a, nous, ressentie, c’est d’assurer un réel soutien à domicile pendant la deuxième vague parce que pendant la première vague, ça a été dur. [...] Il n’est pas trop tard.

Dr Réjean Hébert, porte-parole du Collectif Action COVID

C’est plus qu’un délestage. On les a abandonnées, les personnes âgées en perte d’autonomie à domicile et aussi les personnes en situation de handicap, a ajouté le Dr Hébert, qui fait des soins à domicile son cheval de bataille depuis de nombreuses années.

Il faut donc maintenir le nombre de personnes affectées à ce travail, sans délestage comme on l'a fait au printemps. Inclure ce type de soins dans la stratégie de priorisation des services essentiels du gouvernement aiderait à maintenir les ressources en place, juge le Collectif.

Mais cela passe aussi par l'augmentation des salaires de ces employés : alors que ceux des préposés aux bénéficiaires en CHSLD ont été haussés, il ne faudrait pas que ceux qui offrent des soins à domicile quittent leur emploi pour rejoindre les préposés, désormais mieux payés.

On n’en a pas beaucoup au Québec. C’est un drame. Les soins à domicile ne sont pas très développés. Mais au moins, ceux qu’on a, est-ce qu’on peut les maintenir?

Dr Réjean Hébert, porte-parole du Collectif Action COVID

Ancien ministre de la Santé, Réjean Hébert enseigne aussi au Département d'administration de la santé de l'École de santé publique de l'Université de Montréal. Il a promis qu’une fois la crise passée, le Collectif reviendrait avec des recommandations à moyen et long terme pour améliorer les soins à domiciles.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir
Avec les informations de La Presse canadienne

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