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De Batoche à Saint-Jean-Baptiste : elle part à la rencontre de ses origines métisses

Mona Kines à coté d'une enseigne à Batoche.

C'est à Batoche, à 90 kilomètres au nord de Saskatoon en Saskatchewan, que Mona Kines a commencé son voyage.

Photo :  Facebook

Née à Saint-Boniface, au Manitoba, Mona Kines a grandi en Saskatchewan. Aujourd’hui installée en Colombie-Britannique, cette sexagénaire a décidé de retracer le parcours de ses ancêtres après avoir découvert ses origines métisses.

De Batoche en Saskatchewan à Saint-Jean-Baptiste et Sainte-Rose-du-Lac au Manitoba, elle a documenté son aventure sur une page Facebook baptisée My Metis Journey (Nouvelle fenêtre).

Mona Kines n’a jamais eu de doute sur les origines francophones de sa famille.

Elle est la fille de René Collette, né à Sainte-Elizabeth et de Gilberte Neault, née à Sainte-Rose-du-Lac, tous les deux au Manitoba. Après sa naissance à l'Hôpital de Saint-Boniface à Winnipeg, Mona a grandi à Regina, où ses parents ont déménagé et où sa famille s’est toujours considérée comme faisant partie de la communauté francophone.

Après avoir pris sa retraite, Mona Kines veut retrouver la trace de ses ancêtres au Canada après avoir voyagé en France et en Europe à la recherche de ses origines.

Mais après avoir établi sa généalogie, elle découvre avec surprise qu’elle a une forte ascendance métisse.

À partir de cette découverte, elle décide de voyager à travers différents lieux iconiques de l’histoire des Métis pour reconnecter avec ses origines. Ses endroits préférés? Les cimetières où elle a pu visiter les sépultures de nombreux ancêtres.

Du voyage au perlage

C’est à Batoche que commence son aventure. Malgré plusieurs décennies vécues en Saskatchewan, Mona Kines n’était jamais allée sur le site de la bataille qui a mené à la reddition du chef métis Louis Riel en 1885. Un moment très émotionnel pour la Saskatchewanaise qui a aussi découvert que deux de ses ancêtres ont perdu la vie dans cet affrontement.

Je ne peux pas croire que je suis allé à l’école en Saskatchewan, que j’ai appris l’histoire de Louis Riel il y a plusieurs années, mais avec une vision tellement différente! Heureusement, aujourd’hui de plus en plus d’écoles viennent à Batoche pour en apprendre plus sur la vraie histoire.

Mona Kines

Direction ensuite à Sainte-Rose-du-Lac, à 270 kilomètres au nord-ouest de Winnipeg, où plusieurs ancêtres du côté de sa mère sont enterrés avant de rejoindre Saint-François Xavier. Dans ce village à 30 kilomètres à l’ouest de la capitale manitobaine, elle tombe sur une plaque en honneur à son arrière-arrière arrière-grand-père, Pascal Breland, qui a fait partie de la première Assemblée législative du Manitoba.

Une plaque historique à la mémoire de Pascal Breland.

Pascal Breland a fait partie de la première Assemblée législative du Manitoba en tant que représentant de Saint-François-Xavier.

Photo :  Facebook

Au cimetière de Saint-Boniface, elle visite pour la première fois la tombe de Louis Riel et de Jean-Baptiste Lagimodière qui s’est avéré être un de ses ancêtres directs.

L’aventure s’est terminée à Saint-Jean-Baptiste, sur les bords de la rivière Rouge dans le sud du Manitoba, où Mona dit avoir passé beaucoup de temps et découvert des photographies de son arrière-grand-mère.

En parallèle, celle qui est aussi grand-mère a appris le perlage métis qu’elle considère comme une activité spirituelle. Une activité qu’elle partage avec ses petits-enfants à qui elle offre des mocassins personnalisés.

Une paire de mocassins avec un motif de fleur perlé dessus.

Mona Kines a aussi tenu apprendre le perlage métis dans sa quête de ses origines.

Photo :  Facebook

Excitation et regret

Lorsqu’elle découvre ses origines métisses, Mona Kines en fait part à sa famille avant d’entreprendre son voyage. Elle découvre que la génération de ses parents n'avait pas vraiment conscience de ses ascendances métisses et dit aujourd’hui regretter ne pas avoir pu découvrir plus tôt cet héritage.

Elle se souvient que son grand-père maternel et toute sa famille de ce côté jouaient magnifiquement du violon, mais que personne ne lui a jamais expliqué d’où venait cette musique qui est pourtant tellement métisse.

Cela m'a impressionné de voir à quel point ma famille avait de fortes racines métisses et tout ce temps je me suis demandé : pourquoi? Pourquoi, je n’ai pas su?

Mona Kines

Elle décrit son voyage comme un voyage d’humilité.J’en connais si peu, et je veux reconnecter avec cet héritage, précise-t-elle.

Aujourd’hui, Mona Kines a obtenu sa citoyenneté métisse avec la Fédération métisse du Manitoba et sa fille a aussi reçu cette carte en Colombie-Britannique.

Pour moi et ma fille, c’est un cadeau, lance-t-elle avec émotion. Réellement.

Mona Kines est aussi heureuse d’avoir inspiré des personnes à travers sa page Facebook qui l’ont contacté pour l’encourager dans son voyage.

Elle se dit aujourd’hui heureuse que ses petits-enfants vont pouvoir connaître leur histoire.

À l’avenir, Mona Kines espère pouvoir reprendre ses études pour en apprendre plus sur les cultures et l’histoire autochtones.

Retracer ses origines métisses

Pour établir son ascendance métisse, Mona Kines s’est adressée à la Société historique de Saint-Boniface (SHSB) basée à Winnipeg. Une démarche loin d’être isolée puisque Janet La France, la directrice du centre, estime recevoir environ une centaine de demandes par mois.

Après la réception de ces demandes, le service généalogie étudie les sources primaires (actes de mariage, de décès, etc.) pour établir une preuve d’ascendance métisse. Ceci est un document historique sur lequel un ancêtre direct est identifié comme une personne métisse explique Mme La France, qui ajoute que cela ne veut pas dire que cela sera accepté par la Fédération métisse du Manitoba qui fait aussi sa propre enquête.

Chaque année environ, 80 % des généalogies demandées à la SHSB trouvent une origine métisse, selon la directrice.

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