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De nombreux oiseaux morts après avoir percuté des édifices à Gatineau

Des carcasses d'oiseaux disposées sur un carton noir.

Une bénévole de l'organisme Ailes en sûreté raconte avoir trouvé 38 carcasses d'oiseaux en une journée autour de l'édifice du 200, rue Montcalm, à Gatineau.

Photo : Avec la gracieuseté de Willow English

Radio-Canada

Après Ottawa, au tour de Gatineau d'être dans la ligne de mire des organismes de sauvetage des oiseaux. Le groupe Ailes en sûreté se dit préoccupé par la mort de plusieurs oiseaux ayant percuté les fenêtres d'édifices du centre-ville gatinois.

L'organisme, qui dit avoir reçu plusieurs signalements, souhaite faire de la sensibilisation auprès des propriétaires pour qu'ils mettent en place des mesures simples et peu coûteuses, comme l'utilisation de décalcomanies dans les fenêtres, pour réduire le nombre de ces collisions mortelles.

On demande des lignes directrices pour que les architectes dessinent des édifices avec moins de vitres, [ou] mettent des motifs sur les fenêtres pour que les oiseaux puissent les voir, explique la coordonnatrice d'Ailes en sûreté, Anouk Hoedeman.

Dans les 50 dernières années, on a perdu 30 % des oiseaux au Canada. Il y a beaucoup de raisons pour ça, mais les vitres, c’est une des raisons les plus majeures.

Anouk Hoedeman, coordonnatrice d'Ailes en sûreté
Capture d'écran d'une entrevue en vidéoconférence. Une femme parle à la caméra.

Anouk Hoedeman est la coordonnatrice de l'organisme Ailes en sûreté.

Photo : Capture d'écran/Google Hangout

Ce phénomène avait été remarqué à Ottawa, il y a 4 ans, lorsque des dizaines d'oiseaux avaient trouvé la mort en percutant la passerelle de l'hôtel de ville.

À Gatineau, plusieurs édifices préoccupent maintenant Ailes en sûreté, dont le bâtiment fédéral situé au 200 rue Montcalm, où une bénévole de l'organisme, Willow English, dit avoir récupéré près d'une quarantaine d'oiseaux morts en une seule journée.

Dans une version précédente de ce texte, il était écrit que le 200 rue Montcalm était un édifice municipal, alors qu'il s'agit d'un bâtiment fédéral.

Quand je suis arrivée, j’ai vu à peu près 20 oiseaux morts sur le terrain et, quand j’ai fait le tour, j’en ai trouvé 10 de plus. Et quelqu’un qui est arrivé plus tard en avait récupéré 8.

Willow English, bénévole pour Ailes en sûreté et doctorante en biologie
L'extérieur d'un édifice couvert de vitres.

Parmi les édifices visés par de nombreux signalements d'oiseaux morts, Ailes en sûreté mentionne le bâtiment du 200, rue Montcalm.

Photo : Radio-Canada

Ailes en sûreté note également un nombre élevé de signalements au Centre de préservation des archives, ainsi qu'aux Terrasses de la Chaudière, où d'importants travaux sont prévus.

Le recours à des mesures pour minimiser le nombre de collisions d'oiseaux sera d'ailleurs pris en compte dans la conception de la nouvelle enveloppe du bâtiment des Terrasses de la Chaudière, a assuré Services publics et Approvisionnement Canada dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Des mesures pour les nouvelles constructions

Sensible au problème, la conseillère du district d’Aylmer, Audrey Bureau, souhaite que la Ville profite de l'élaboration de son plan d'action sur la biodiversité pour se pencher sur des mesures capables de réduire le nombre de collisions d'oiseaux.

Je pense que c’est vraiment pertinent de commencer à sensibiliser les décideurs politiques, parce que c’est un réflexe qu’on doit développer, lorsque de grands projets avec des complexes vitrés nous sont présentés, de voir comment on peut appliquer des mesures simples pour éviter ces collisions mortelles, dit-elle.

La conseillère municipale du district d’Aylmer, Audrey Bureau, en entrevue avec Radio-Canada devant les rapides Deschênes, à Gatineau.

Audrey Bureau, conseillère municipale du district d’Aylmer (archives)

Photo : Radio-Canada

Comme Ville, il faut pouvoir montrer l’exemple, pouvoir avoir la réflexion quand on accorde la construction de certains bâtiments ou quand, nous-mêmes, on en fait construire.

Audrey Bureau, conseillère municipale d’Aylmer

La conseillère cite en exemple le complexe Slush Puppie, qui comporte de grandes fenêtres.

On m’avait dit, à l’époque, qu’on allait considérer [des mesures] pour la construction du complexe, ne serait-ce que d’avoir certains écriteaux dans les fenêtres pour que l’oiseau ait la perception qu’il y a quelque chose, fait-elle valoir.

Entre-temps, Ailes en sûreté poursuit sa sensibilisation pour réduire la mortalité chez les oiseaux. Il y a quand même beaucoup de choses qu’on peut faire, mais il faut bien comprendre le problème et comment les solutions marchent, pour que ce soit efficace, conclut Mme Hoedeman.

L'organisme, composé de bénévoles, compte d'ailleurs sur les signalements du public pour documenter la situation.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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