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À deux doigts d'être laissés, en pleine nuit, au bord de la route au Nouveau-Brunswick

Un panneau d'autoroute montre un orignal et une voiture, avertissant de ralentir le soir.

Les collisions avec les orignaux sont fréquentes sur certaines routes du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Margaud Castadère

Après une collision avec un orignal sur une route du Nouveau-Brunswick, un jeune couple de Québécois qui se rendait aux Îles-de-la-Madeleine a bien failli être abandonné en pleine nuit au bord de l’autoroute par la GRC et le conducteur d'une dépanneuse.

Ni le policier de la GRC dépêché sur place ni le conducteur de la dépanneuse n’étaient autorisés à les faire monter à bord de leurs véhicules pour les transporter jusqu’à Moncton en raison du risque de contamination à la COVID-19. Aucun taxi de Moncton n’était prêt à se déplacer sur les lieux de l'accident non plus.

Il était minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque Fani Barrette et son conjoint ont franchi la frontière séparant le Québec du Nouveau-Brunswick, en provenance de la région de Montréal.

Moins de quatre heures plus tard, Mme Barrette frappe un orignal qui était assis en plein milieu de l’autoroute 2, à 95 kilomètres de Moncton. On était au beau milieu de nulle part. Il fait noir. On est dans la forêt, raconte la Madelinienne d’origine.

Le policier de la GRC est arrivé environ 30 minutes après l’accident; la dépanneuse, une heure plus tard. Entre-temps, d’autres voitures sont entrées en collision avec l’animal, ce qu’a dû gérer l’unique policier.

Voiture de la GRC aux gyrophares allumés

Une voiture de la GRC

Photo : CBC

Heureusement sain et sauf, le jeune couple a tout de même besoin d’aide. Il était comme 6 h, 6 h 30. Nous, il faut arriver sur le quai de Souris à midi [NDLR Pour se rendre aux Îles-de-la-Madeleine]. Est-ce qu’on va arriver à temps? Où on amène l’auto? Personne ne le sait. Personne ne répondait à nos questions. Et nous comment on se rend à Moncton?, relate la jeune femme.

Rater le traversier aurait signifié devoir demeurer trois jours au Nouveau-Brunswick jusqu’au prochain départ. Est-ce qu’on a le droit de rester?, a demandé le couple au policier. Ce dernier était incapable de répondre. Depuis le début de l'été, les Québécois qui partent de la région métropolitaine, comme c’était le cas de Mme Barrette et son conjoint, doivent d’abord rouler presque six heures jusqu’à la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick puis parcourir de nuit 700 km, et traverser deux provinces, afin d’être sur le quai de Souris à midi pour prendre le traversier. Nul ne peut s’arrêter en route.

En désespoir de cause, après discussions, le jeune couple a finalement convaincu le conducteur de la dépanneuse de le ramener à Moncton. C’était notre vie qui était en danger à attendre sur le bord de l’autoroute. J’imagine que le policier serait resté avec nous. Enfin, j’espère..., commente Fani Barrette.

Finalement, le couple a pu louer une voiture puis gagner Souris à temps pour prendre le traversier à l'heure.

Non sans danger

Fani Barrette s’estime malgré tout chanceuse. Ce n’est que du matériel, dit-elle. Elle se dit étonnée que les intervenants sur place, lors de l’accident, aient été incapables de répondre à leurs questions.

La jeune femme croit qu'avec ces restrictions, il peut y avoir un accident plus grave.

Il va y avoir quelqu’un qui va mourir, c’est certain. C’est le quatrième accident cet été.

Fani Barrette

Nous, c’était un animal, ajoute-t-elle, mais il y en a que c’est la fatigue, un manque de vigilance.

D’autant plus, dit-elle, qu’avec l’automne, la nuit est plus longue; la route est souvent brumeuse et déserte. L’hiver devrait aussi augmenter la dangerosité du trajet. Il y a une entente qui doit être faite. Les Québécois doivent pouvoir dormir au Nouveau-Brunswick. C’est non négociable, juge Fani Barrette.

Le député Joël Arseneau lors d'un point de presse.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a aussi dénoncé la situation en point de presse.

Photo : Radio-Canada

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, qui a rapporté l’histoire mercredi à l’Assemblée nationale, dénonce lui aussi les conditions imposées aux voyageurs québécois qui doivent traverser la province pour se rendre aux Îles ou pour en revenir. Les témoignages sont nombreux de gens qui ont évité le pire, rapporte M. Arseneau.

Il rappelle qu’il y a toujours des gens qui voyagent entre le Québec et les Îles pour des raisons de travail, de santé ou familiales.

C’est au gouvernement du Québec de défendre les citoyens du Québec. Si le pire survient, la responsabilité du gouvernement du Québec sera évidente.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

Comme il l’avait fait lors de la première vague de la pandémie, il demande à nouveau que Québec négocie avec le Nouveau-Brunswick.

Le député suggère notamment au gouvernement de demander qu’un hôtel soit désigné pour accueillir les Québécois en transit au Nouveau-Brunswick.

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