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L'impact en Alberta des élections en Colombie-Britannique

Un travailleur installe un pipeline.

Le développement de projets énergétiques entre l'Alberta et la Colombie-Britannique serait plus facile sous un gouvernement majoritaire libéral, selon des experts.

Photo : Richard Tsong-Taatarii/Star Tribune/The Associated Press

Charlotte Dumoulin

Après trois ans de tensions entourant le projet de pipeline Trans Mountain, un changement de gouvernement en Colombie-Britannique à la fin du mois d'octobre pourrait avantager l’Alberta, qui désire mener plus de projets énergétiques avec sa voisine. Mais, ce ne serait pas une solution miracle pour sauver son industrie, selon des observateurs.

Les politiciens albertains et les industries pétrolière et gazière surveilleront de près le résultat des élections en Colombie-Britannique le 24 octobre prochain. La relance de l’économie, la survie du secteur énergétique et la création d’emplois sont plus que jamais des priorités en Alberta depuis la pandémie. Le prochain gouvernement britanno-colombien pourrait avoir un impact sur certaines d'entre elles.

D’après des politologues, la province de l’or noir pourrait donc secrètement rêver d’un prochain gouvernement libéral majoritaire en Colombie-Britannique.

Le Parti libéral est traditionnellement beaucoup plus orienté vers les gros projets de développement énergétique qui peuvent intéresser l’Alberta, alors que les néo-démocrates sont souvent plus divisés à l’interne sur ces questions-là, explique Nicolas Kenny, professeur au département d’histoire à l’Université Simon Fraser et analyste politique.

Il ajoute que l’Alberta a normalement toujours de meilleurs liens avec la Colombie-Britannique quand les libéraux sont au pouvoir.

Effectivement, au cours des trois dernières années de gouvernement néo-démocrate, les relations entre les deux provinces se sont considérablement détériorées. La pomme de discorde? Le pipeline Trans Mountain.

Le chantier de construction de l'expansion du pipeline Trans Mountain.

Les premiers tuyaux du projet d'expansion du pipeline Trans Mountain ont été installés le mercredi 18 décembre 2019.

Photo : Twitter @TransMtn

Le gouvernement de John Horgan s’est livré à des batailles judiciaires contre l’Alberta autour de ce projet de pipeline qui avait, pourtant, déjà été approuvé sous quelques conditions par le précédent gouvernement libéral de Christy Clark en 2017.

Selon le politologue Nicolas Kenny, un gouvernement britanno-colombien qui favorise les projets pétroliers ou gaziers et qui permet un transfert facile des ressources de l’Alberta vers la côte pacifique serait économiquement une bonne nouvelle pour la province, qui cherche de nouveaux marchés pour son pétrole.

Si le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, ne veut pas s’ingérer dans les élections provinciales de sa voisine, il affirme tout de même ne pas vouloir d’un gouvernement qui nuise au secteur énergétique albertain.

John Horgan et Jason Kenney.

Le premier ministre sortant de la Colombie-Britannique, John Horgan, ne partage pas les idées de Jason Kenney en ce qui concerne le développement des projets énergétiques.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

J’espère que nous pourrons trouver une façon de travailler avec le prochain gouvernement de la Colombie-Britannique pour créer les emplois pour le développement des ressources naturelles de façon responsable et que nous pourrons devenir de bons partenaires sur le plan économique, a dit Jason Kenney en septembre, tout juste après avoir rappelé que les libéraux s’étaient positionnés en faveur de ce genre de projets.

Les néo-démocrates et les projets gaziers

Or, un gouvernement majoritaire néo-démocrate pourrait lui aussi être ouvert à des projets énergétiques.

Le parti de John Horgan a déjà appuyé des projets de gaz naturel liquéfié comme celui du gazoduc Coastal GasLink dans le nord de sa province. Ce projet est d’ailleurs à l'origine des importants barrages ferroviaires vus partout au pays l'hiver dernier.

La réélection du NPD et la fin de sa coalition avec les verts pourraient permettre la réalisation d’autres projets de gaz naturel liquéfié, indiquent des experts.

La raison pour laquelle on est en élections anticipées un an avant la prochaine date prévue pour des élections, c’est parce que le NPD veut s’affranchir de cette relation avec les verts et ne plus avoir besoin de son approbation pour chacune de ses prises de position, indique Nicolas Kenny.

Le NPD a commencé la campagne électorale en avance dans les sondages, mais, d'après le professeur, il pourrait encore y avoir un revirement dans les intentions de vote d'ici la fin du mois.

Le poids des environnementalistes

Toutefois, il ne faut pas se méprendre sur les intentions du Parti libéral ni sur celles des néo-démocrates, estiment les politologues. Il y a des ailes environnementalistes au sein des deux partis. De plus, l’opposition aux énergies fossiles en Colombie-Britannique, particulièrement dans la région de Vancouver, est très forte.

Lori Williams, politologue de l’Université Mount Royal, observe qu'il y a une énorme pression sur les épaules des politiciens britanno-colombiens par rapport aux questions environnementales.

Il est évident que les libéraux ont toujours été proénergie, mais, pour gagner, ils ont besoin du soutien des environnementalistes. C’est un équilibre délicat.

Lori Williams, politologue, Université Mount Royal

Peter McCartney est l’un de ceux qui s’opposent farouchement aux projets énergétiques en Colombie-Britannique. Il travaille pour l’organisation non partisane Wilderness Committee, à Vancouver. Cette organisation milite depuis des années contre l’expansion du pipeline Trans Mountain.

D’après lui, peu importe la couleur du parti, il y a un consensus dans sa province par rapport à la protection de l’environnement : Les libéraux, les néo-démocrates et les verts, ici, sont plus en phase avec la lutte contre les changements climatiques que tous les autres partis en Alberta.

Donc, changement de gouvernement ou non, il y a peu de chances qu’un projet d’énergie fossile voie le jour en Colombie-Britannique, dit-il.

Nous allons continuer à nous battre, peu importe qui est au pouvoir à Victoria.

De toute façon, comme le soulignent les experts, les questions touchant aux projets énergétiques risquent peu de se tailler une place de choix dans cette campagne, principalement axée sur la crise sanitaire.

Bannière du dossier réunissant la couverture électorale.

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