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Élections provinciales : la diversité des candidats, entre apparence et résultats

Portraits de personnes de divers horizons.

Les trois grands partis de la Colombie-Britannique affirment s'être engagés pour la diversité aux élections de 2020. Mais de nombreux groupes attendent de voir les résultats pour savoir combien de candidats issus des groupes d'équité sont élus.

Photo : iStock

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les élections provinciales du 24 octobre en Colombie-Britannique sont scrutées par les groupes sous-représentés à l'Assemblée législative.

Malgré les déclarations publiques, la progression de la diversité au sein des élus se fait lentement. C'est ce que constate l'organisme national de promotion de la place des femmes en politique À voix égales, qui analyse chaque élection au pays.

Sa directrice des communications, Nasha Brownridge, souligne qu’aux dernières élections provinciales de 2017, en Colombie-Britannique, il y avait davantage de femmes candidates qu’aux élections précédentes, mais que le pourcentage de femmes élues n'a été que de 1 % de plus avec 34 députées, soit 39 % des sièges.

« C’est extrêmement important que les partis politiques placent les femmes dans des circonscriptions où le parti a des chances de gagner.  »

— Une citation de  Nasha Brownridge, directrice des communications, À voix égales

Selon Mme Brownridge, un des obstacles auxquels font face les femmes, c’est que, comme il y a plus d’hommes élus sur la scène politique, lorsqu’ils décident de se représenter dans la circonscription déjà remportée par le parti, cela contribue à la sous-représentation des femmes dans tous les ordres de gouvernement.

Pour les femmes, se lancer en politique, c’est une décision très difficile, ajoute la porte-parole. Une des principales raisons qui les en dissuadent, ce sont les commentaires négatifs dont les femmes sont victimes.

Nasha Brownridge ajoute que les médias sociaux ont accentué ce phénomène.

« C’est important d’inviter les femmes à se présenter. À la différence des hommes qui répondent généralement oui dès la première fois qu’ils sont sollicités, pour les femmes, on constate qu’il faut le leur demander de 7 à 11 fois avant qu’elles disent oui. »

— Une citation de  Nasha Brownridge, directrice des communications, À voix égales

La diversité pour représenter toutes les expériences

Élire des femmes permet une meilleure représentation de la population, avec ses divers centres d'intérêt et aussi des perspectives uniques, rappelle la porte-parole d’À voix égales. Le système démocratique et les politiques adoptées répondent alors mieux à tous les groupes de la population.

Selon la professeure de l’Université Simon Fraser, June Frances, dans un système démocratique où la pluralité est bien présente dans la société, il faut s’assurer que les décisions répondent aux aspirations de toutes les personnes qui vivent, travaillent et se divertissent dans les communautés de la province.

Si l'on continue à avoir des leaders qui viennent d’un groupe ethnique en particulier ou qui viennent d’un groupe dominant, que ce soit en ce qui a trait à la capacité ou à autre chose comme l’orientation sexuelle ou une représentation genrée, dit-elle, on finit par avoir des gens qui n’ont pas les compétences.

June Francis devant sa maison à Vancouver, en Colombie-Britannique, le 14 octobre 2020.

June Francis, co-présidente de Hogan's Alley Society.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Mme Frances, qui dirige l’Institute for Diaspora Research and Engagement, un organisme de la SFU qui a pour mandat de renforcer les liens entre la recherche universitaire, les politiques et les pratiques sur le multiculturalisme avec les communautés des diasporas, la question des compétences est cruciale.

« Sans une vraie représentation diverse et inclusive, les dirigeants n’ont pas les compétences, les points de vue d’une perspective mondiale et la capacité de garantir que la province est gouvernée pour nous tous. »

— Une citation de  June Frances, professeure, Université Simon Fraser

June Frances mentionne le risque qu'il y a à considérer que la hausse de la représentation de femmes élues blanches est suffisante pour offrir la perspective des autres groupes d’équité, en particulier les groupes racisés.

Je suis très heureuse que la parité entre les sexes soit importante, mais il ne faut pas penser que, si nous la limitons à un seul groupe, cela représente vraiment un progrès pour les personnes racisées et marginalisées , dit-elle.

Manque de ressources et préjugés inconscients

Un des défis de taille pour se présenter en politique, c’est la capacité de rassembler autour de soi une équipe de campagne et d’attirer les fonds nécessaires pour financer les activités de campagne.

Selon Nasha Brownridge d’À voix égales, c’est dans ce domaine aussi que les partis peuvent changer la donne en investissant des ressources pour les femmes candidates.

Toutefois, cela reste en décalage avec la stratégie de campagne des partis, puisque leur objectif est de concentrer les ressources dans les circonscriptions où il y a des grandes chances de l’emporter, où les hommes sont majoritairement candidats.

Une femme souriante pose pour une photo à l'extérieur.

Les personnes racisées font partie des groupes sous-représentés parmi les élus à tous les paliers, explique Esmahan Razavi, ancienne candidate à des élections municipales.

Photo : Esmahan Razavi

Esmahan Razavi est une Vancouvéroise d’origine arabe et turque qui défend la diversité dans toutes les instances de décision. Elle a tenté sa chance dans le passé en politique municipale lorsqu’elle habitait à Calgary.

« Quand on appartient à un groupe désigné, parce qu'on n’est pas la norme, il faut travailler trois à quatre fois plus pour montrer qu'on est capable de faire le travail. »

— Une citation de  Esmahan Razavi, militante pour la diversité et l'inclusion, Vancouver

Selon elle, l’idée des qualifications soulève des problèmes, car elle peut être utilisé de manière à exclure les groupes marginalisés.

Nous avons besoin de faire attention à nos préjugés inconscients quand nous regardons les candidats, souligne-t-elle, car au bout du compte, ce qu’on souhaite, c’est d’avoir des représentants de tous les groupes pour gouverner dans l’intérêt de tous.

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