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L'omniprésence de la COVID-19 crée des tensions sociales à Thetford Mines

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Un employés de la résidence vêtu d'une blouse de protection marche à l'extérieur de la résidence avec un sac à poubelle.

Le reportage de Marc-Antoine Lavoie

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Épargnée lors de la première vague, la région de Thetford Mines est maintenant le nid de nombreuses éclosions de COVID-19. Si la santé publique ne peut mettre le doigt sur la problématique, les citoyens cherchent un coupable et la tension sociale grimpe.

Bon, un reportage! Ça ne va pas bien, lance un homme sur le trottoir à l’arrivée de Radio-Canada au centre-ville de Thetford Mines.

Avec 317 cas de COVID-19 dans la MRC des Appalaches, la santé publique a effectivement de quoi être préoccupée par l’évolution du virus à Thetford Mines. Des médecins sont d’ailleurs sortis publiquement pour demander à la population de respecter les consignes sanitaires.

Le virus est entré dans cinq résidences pour aînés. Une éclosion est en cours à l’hôpital. Plusieurs écoles sont infectées. Les sources de contamination sont partout.

Le propriétaire des Halles de l'Alimentation à Thetford Mines, Louis Thivierge, sert un client.

Louis Thivierge estime que la plupart de ses clients respectent les mesures pour contrer la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Propriétaire d’une petite épicerie et de deux restaurants, Louis Thivierge témoigne de la tension palpable en ville.

Dans un milieu où on connaît un peu tout le monde, chaque nouveau cas entraîne sa rumeur, son coupable.

Au printemps c'était la semaine de relâche. Là, il n'y a pas de semaine de relâche. C'est autre chose. C'est la faute des jeunes, ironise-t-il.

Chasse aux sorcières

L’entrepreneur s’explique mal cette chasse aux sorcières. Son commerce, les Halles de l’Alimentation, est situé directement devant l’école secondaire. Malgré quelques attroupements à la sortie des classes, les élèves ne sont pas à montrer du doigt, selon lui.

Pour le port du masque, on avertit autant des personnes âgées que des jeunes, relate-t-il.

M. Thivierge craint que certains messages contradictoires du gouvernement, ainsi que l’appel aux dénonciations, aient créé ce climat malsain.

Je pense que ça n'a pas été une bonne décision de commencer à dénoncer les gens. C'est ce qui crée ce qu'on vit là, présentement, déplore-t-il.

Je pense que malheureusement le gouvernement a un peu divisé la population. Je n'ai pas compris cette stratégie.

Louis Thivierge, propriétaire des Halles de l'Alimentation

Celle qui est maintenant connue sous le nom de la coiffeuse de Thetford Mines peut en dire long sur cette recherche de coupables.

La coiffeuse de Thetford Mines avec un masque et des lunettes.

La coiffeuse de Thetford Mines porte un masque et des lunettes pour préserver le peu d'anonymat qui lui reste.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

La dame qui désire toujours garder l’anonymat a fait entrer la COVID-19 dans trois résidences pour aînées, dont à la résidence Le Crystal, où cinq personnes sont décédées.

Quand tu as la vraie vérité, mettons que tu peux peut-être jaser un peu. Mais les trois quarts du temps, c'est dit sans vraiment savoir, dit-elle, encore ébranlée.

Après l’avoir accusée à tort d’avoir coiffé des personnes âgées en se sachant porteuse du virus, le ministre de la Santé Christian Dubé a dû s’excuser publiquement. Mais le mal est fait. La dame vit encore sous les regards accusateurs.

C'est sûr que c'est la peine qui leur fait faire ces gestes-là. Quand la poussière va être retombée, je leur demande de se mettre un peu dans ma peau. Je ne veux pas avoir des bénédictions, mais ils vont voir que ce n'est pas si olé olé.

La coiffeuse de Thetford Mines

Responsabilité partagée

Le Service de police de Thetford Mines tente de son mieux de sensibiliser la population à la transmission communautaire active.

Petites soirées dans les appartements, rassemblement sur les terrains des écoles, les interventions se déroulent habituellement bien. Le problème, c'est après le passage des policiers.

Ils vont nous écouter. On ne se chicanera pas avec les étudiants. Mais rendu la fin de semaine ou le soir, il se passe quoi? On ne le sait pas. C'est ce qu'on voit ici, rapporte le porte-parole Yves Simoneau.

Une autopatrouille

Le Service de police de Thetford Mines tente de sensibiliser la population à respecter les mesures sanitaires.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Sans l’appui de la population, les policiers, tout comme la santé publique, ne pourront circonscrire la propagation du virus, estime M. Simoneau.

Certains parents autorisent leurs ados à aller se rassembler et à faire des petites fêtes de week-end. On voit les résultats dans les écoles.

Yves Simoneau, porte-parole du Service de police de Thetford Mines

Le maire de Thetford Mines déplore également recevoir des courriels de citoyens à la recherche d'une faille dans les nouvelles règles en zone rouge afin de continuer à socialiser.

Il faut arrêter de toujours chercher qu'est-ce qu’on a le droit de faire et qu'est-ce que qu’on n’a pas le droit. Ce qu'il faut c'est en faire le moins possible pour être le plus en sécurité possible, martèle Marc-Alexandre Brousseau.

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