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Réserve faunique La Vérendrye : la demande d’injonction acceptée pour la levée du barrage au chemin Lépine-Clova

Le barrage dans la réserve faunique La Vérendrye sera démantelé, tranche la cour

Des manifestants près d'une barrière indiquant Fermé.

Des Autochtones continuent de bloquer la route aux chasseurs à différents points d'entrée vers des camps de chasse ou des pourvoiries.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

La demande d’injonction demandée par l’Association de chasse et de pêche de la région de Mont-Laurier, pour faire lever les barrages érigés par les communautés autochtones dans la réserve faunique La Vérendrye, a été partiellement acceptée mercredi, par la juge Marie-Josée Grimard, au palais de justice de Gatineau.

Le tribunal ordonne au Conseil de bande de Kitigan Zibi de s'abstenir d’ériger tout barrage, barrière ou obstacle ayant pour effet d'entraver l'accès au chemin. L'ordonnance est valide pour une période de 10 jours.

Dans son jugement, le tribunal autorise l'Association de chasse et pêche de la région de Mont-Laurier à démanteler et enlever les entraves routières, ainsi qu'à faire appel aux forces policières pour ce faire, si nécessaire.

Le point de litige concernait de façon spécifique le barrage situé à l’intersection de la route 117 et du chemin Lépine-Clova, qui donne accès à la ZEC Petawaga. Cette zone d’exploitation contrôlée est située à la limite nord-est de la réserve faunique La Vérendrye.

Des territoires de chasse ainsi qu’une vingtaine d’infrastructures de villégiature sont accessibles à partir de ce chemin.

Le secrétaire-trésorier de la ZEC Petawaga, Jean-Marc Bélanger, s’est montré très heureux de la décision rendue.

On est bien contents de ce jugement, parce que nous autres, on avait espoir que la chasse sur le territoire se fasse normalement, comme les années précédentes. Les chasseurs avaient payé un forfait quand même important et avaient préparé leur territoire de chasse pour l’occasion, donc on est heureux pour eux. Heureux pour nous aussi, parce qu’il semble que justice a été rendue, affirme M. Bélanger.

Selon M. Bélanger, cette décision permettra à son organisation de respirer un peu mieux sur le plan financier.

Pour nous, les forfaits orignal et les forfaits mixtes, qui touchent l’orignal, c’est près de 160 000 $, donc c’est important. La ZEC est un organisme à but non lucratif qui vit de ces forfaits-là. Ça nous permet de tenir ce territoire là, de près de 1200 kilomètres carré. Ça nous permet de le tenir en forme, et de permettre la chasse et la pêche, depuis plus de 42 ans, encore intéressante pour nos membres et les différents utilisateurs qui viennent sur la ZEC, explique-t-il.

Des policiers et des chasseurs discutent sur la chaussée de la route 117, dans la Réserve faunique La Vérendrye.

Des chasseurs de Maniwaki avaient à leur tour tenu un moyen de pression le 25 septembre dernier. (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Bien que le barrage du chemin Lépine-Clova soit constitué principalement de membres de la communauté anichinabée de Kitigan Zibi, les communautés de Lac-Simon, Kitcisakik et Lac-Barrière étaient également visées par la demande d’injonction. La juge a décidé de les exclure de son jugement.

Les membres de ces communautés sont préoccupés par le déclin de la population d’orignaux dans la réserve faunique et réclament un moratoire sur la chasse à l’orignal à l’intérieur de leurs territoires ancestraux.

L’avocat qui représente l’Association de chasse et pêche, Me Dany Chamard, arguait que la présence du barrage force les chasseurs désirant accéder à la ZEC Petawaga à effectuer un détour de 5 heures. Pour M. Chamard, avec l’ouverture imminente de la chasse à l’orignal, cette injonction était essentielle afin d’éviter des confrontations entre chasseurs et Autochtones. M. Chamard soutenait également que les barrages auraient pu avoir d’importantes conséquences économiques pour les pourvoiries.

Des points de contrôle, pas des barrages

Les avocats des communautés autochtones mentionnaient plutôt que les barrages routiers sont en réalité des points de contrôle. Ceux-ci soulignaient que seuls les chasseurs se voient refuser l’accès, et que le reste de la population est libre d’accéder au territoire.

Les communautés autochtones estimaient également que les moyens de pression se déroulaient tous de façon pacifique, contrairement à ce qui a été présenté, tout en précisant qu’il est possible d’accéder à la ZEC Petawaga en faisant un détour de deux heures, plutôt que les cinq heures avancées par M. Chamard.

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