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Le gouvernement Ford en fait-il assez pour les petites entreprises?

Une salle vide avec des chaises rangées par-dessus des tables.

La fréquentation des cafés de jeux Snakes & Lattes à Toronto est environ au quart du niveau recensé l'an dernier.

Photo : Radio-Canada / Michael Aitkens

Depuis le début de la pandémie, le premier ministre Doug Ford affirme qu’il est là pour les petites entreprises. Mais certains entrepreneurs se sentent laissés pour compte par son gouvernement supposément « ouvert aux affaires ».

Kenny Manning, propriétaire d’une clinique de physiothérapie et de conditionnement physique à Brampton, en banlieue de Toronto, a dû puiser dans ses économies pour permettre à son entreprise de rester à flot lors de la première vague de COVID-19.

La semaine dernière, il a décidé de mettre la clé sous la porte. Ça me brise le coeur. Mais les mois défilent et les factures s’empilent. Ça n’avait plus aucun sens de garder l’entreprise ouverte, affirme le propriétaire de la clinique Quality Care.

J’ai l’impression qu’on nous a abandonnés.

Kenny Manning, entrepreneur

M. Manning estime que la province aurait dû offrir une subvention ciblée pour les entreprises les plus durement touchées par les fermetures et les restrictions sanitaires.

Comme sa demande de prêt au gouvernement fédéral a connu des retards, il se servait d'une partie de son revenu comme entraîneur de basketball pour financer sa clinique.

Kenny Manning en uniforme d'entraîneur de basketball.

Le propriétaire de la clinique Quality Care, Kenny Manning, dépendait de son revenu comme entraîneur de basketball pour soutenir son entreprise. Il a décidé de mettre la clé sous la porte le 30 septembre dernier.

Photo : Kenny Manning

J'accumulais des factures de plus de 10 000 $ par mois, sans revenu. Après plusieurs mois, ça devient lourd, dit-il.

Les cafés de jeux de société Snakes & Lattes, à Toronto, normalement bondés tous les soirs, connaissent une forte baisse de l’achalandage et de leurs revenus, même après leur réouverture en août dernier.

Le directeur de l'exploitation Sébastien Daouze souligne que l’entreprise a dû s’adapter en achetant davantage d’exemplaires des jeux les plus populaires, en plastifiant les cartes et en désinfectant les pièces entre chaque utilisation.

Des mains par-dessus un jeu de société avec des jetons bleus et jaunes.

Les cafés de jeux Snakes & Lattes, à Toronto, désinfectent les pièces de leurs jeux de société entre chaque utilisation.

Photo : Radio-Canada / Michael Aitkens

Il se dit reconnaissant de la subvention salariale et du prêt de 40 000 $ sans intérêt du gouvernement fédéral, mais souligne que les coûts fixes restent très élevés, surtout que l’aide au loyer a pris fin le mois dernier.

On fonctionne à perte. On essaie d'évaluer la valeur que ça a, de rester ouvert.

Sébastien Daouze, directeur de l'exploitation, Snakes & Lattes

Il faudra de l’aide de la part des gouvernements. On ne pourra pas tout seuls continuer comme ça si la pandémie n'est pas maîtrisée, affirme-t-il.

Sébastien Daouze, directeur de l'exploitation, Snakes & Lattes.

Sébastien Daouze, directeur de l'exploitation, Snakes & Lattes

Photo : Radio-Canada / Michael Aitkens

Nouvelles mesures pour les entreprises

Le gouvernement de Doug Ford a annoncé mercredi des mesures de relance pour les petites entreprises.

Les commerces qui comptent moins de 10 employés pourront recevoir une subvention non renouvelable allant jusqu’à 1000 $ afin de se procurer de l’équipement de protection individuelle, comme des masques, des écrans faciaux, du désinfectant et des barrières en plexiglas.

Les propriétaires de petites entreprises nous disaient que c'est un lourd fardeau pour eux de s'adapter aux nouvelles exigences sanitaires, souligne le ministre associé délégué aux Petites entreprises, Prabmeet Sarkaria.

Une femme portant un masque ouvre la porte d'un café.

Le gouvernement ontarien investit 60 millions de dollars pour aider les petites entreprises à acheter de l'équipement de protection.

Photo : Getty Images / andresr

Les bars et les restaurants qui détiennent un permis d’alcool seront autorisés à livrer et à vendre de l’alcool à emporter. Cette mesure temporaire, adoptée par le gouvernement ontarien au printemps, deviendra permanente.

Ces commerces sont les plus durement touchés par la pandémie et ceci n'est qu'une partie de notre plan pour les aider à se redresser.

Prabmeet Sarkaria, ministre associé délégué aux Petites entreprises et à la Réduction des formalités administratives

Le ministre associé rappelle aussi que la province a déjà adopté des mesures chiffrées à 10 milliards de dollars pour aider les entreprises à traverser la crise. M. Sarkaria souligne notamment le report de certains impôts et la réduction des factures d’électricité.

Prabmeet Sarkaria, ministre associé délégué aux Petites entreprises et à la Réduction des formalités administratives de l'Ontario.

Prabmeet Sarkaria, ministre associé délégué aux Petites entreprises et à la Réduction des formalités administratives de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / John Sandeman

En juin, le gouvernement avait aussi imposé un moratoire sur les expulsions de locataires commerciaux en vigueur jusqu’à la fin du mois d’août, après des demandes répétées de chefs d'entreprise et des partis d'opposition.

Trop peu, trop tard?

Les entreprises ontariennes ont contracté en moyenne 151 882 $ de dettes durant la pandémie, selon les données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). C’est environ 15 000 $ de plus que la moyenne nationale.

Seuls les commerces de l’Alberta ont vu pire, avec un endettement moyen de 162 597 $.

Il y a trop de PME qui ont dû s'endetter pour passer à travers la crise, affirme Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales de la FCEI.

Au Québec, le gouvernement Legault offre un pardon de prêt aux petites entreprises en zone rouge, obligées de fermer pendant le mois d’octobre. La province assumera jusqu'à 15 000 $ de leurs frais fixes, y compris le loyer, l’assurance et les factures de gaz et d'électricité.

Si on devait en arriver à la situation où on ferme de nouveau les restaurants et les bars, il faudra que le gouvernement de l’Ontario mette en place des mesures pour aider ces établissements-là, et ce, très rapidement. Et il faut que ce soit des programmes non pas de prêt, mais de subvention, affirme M. Guénette.

Le député de l'opposition néo-démocrate Gilles Bisson.

Le député de l'opposition néo-démocrate Gilles Bisson

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Gilles Bisson, député de l’opposition officielle à Queen’s Park, s’indigne de la lenteur du gouvernement Ford en réaction aux besoins criants des petites entreprises. C’est trop peu, trop tard, selon lui.

Si un gouvernement est ouvert aux affaires, il met en place ce qui est nécessaire pour s’assurer que ces commerces-là soient capables de survivre.

Gilles Bisson, député néo-démocrate

Durant la période de questions à l’Assemblée législative, mercredi, la députée libérale Mitzie Hunter a réclamé une subvention ontarienne pour les loyers commerciaux, étant donné la fin du programme fédéral.

Elle a écrit sur Twitter que de nombreuses petites entreprises étaient à peine capables de rouvrir après la première vague faute de soutien et craint d’autres fermetures alors que la deuxième vague de COVID-19 frappe l’Ontario.

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