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Bulle de Pointe-à-la-Croix : « on se sent trahis », disent des citoyens des Plateaux

Madame Leblanc fait le lien avec ses aînés au téléphone à cause de la pandémie

Simone Leblanc est travailleuse de milieu pour les aînés.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

La bulle créée entre le Nouveau-Brunswick, Pointe-à-la-Croix et Listiguj cause des problèmes aux résidents des Plateaux-Matapédia. La situation est d'autant plus complexe que les villes de Carleton, Maria et Nouvelle se trouvent maintenant en zone rouge.

On se sent trahis, exprime d’entrée de jeu une mère de famille de L’Ascension-de-Matapédia, Nancy Arsenault, lorsqu’on la questionne sur la bulle de Pointe-à-la-Croix.

Elle ne digère pas que la police filtre l'accès à la municipalité québécoise et empêche les gens de passer sans raison valable.

Nancy Arsenault demande d'avoir accès à la bulle de Pointe-à-la-Croix.

Nancy Arsenault habite à L'Ascension-de-Patapédia.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Cette situation a pour conséquence de priver les gens de l’ouest de la MRC d’Avignon de nombreux services essentiels.

Ce sont tous des petits villages et s’il nous en manque un, il nous manque quelque chose. Alors le fait qu’on ne puisse pas aller là-bas, on trouve ça injuste!

Nancy Arsenault, résidente de L’Ascension-de-Matapédia
Deux résidentes des Plateaux

Pauline Pitre (à gauche) et Sylvie Gallant (à droite) se sentent isolées depuis la création de la bulle de Pointe-à-la-Croix.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Éviter les zones rouges

La situation est d'autant plus problématique que les villes de Carleton-sur-Mer, Maria et Nouvelle sont devenues des zones rouges.

Pour Pauline Pitre, il est hors de question de faire ses emplettes ou de visiter de la famille dans la zone rouge, car elle craint pour sa santé. Cette femme de 74 ans se sent isolée dans sa petite municipalité de Saint-Alexis-de-Matapédia.

Il ne lui reste qu'Amqui, qui est à une heure de route de chez elle. Imaginez-vous le voyage qu’il y a à faire. Ce sont des coûts de plus. Et les gens qui sont seuls, s’ils ne peuvent pas aller seuls à Amqui, ils vont être obligés de prendre un taxi pour aller faire leurs commissions. Imaginez le coût.

Son amie, Sylvie Gallant, accepte tout aussi difficilement la situation. C’est comme si des gens décidaient pour nous autres sans nous consulter.

Ça crée beaucoup de frustration, moi je suis frustrée de ça. Ça crée des divergences. Ça crée des chicanes de village. C’est complètement le contraire, on devrait s’entraider et s’appuyer.

Sylvie Gallant, Saint-Alexis de Matapédia
Un policier discute avec un automobiliste sur le boulevard interprovincial.

La Sûreté du Québec a mis en place un barrage sur le boulevard Interprovincial, à Pointe-à-la-Croix, pour limiter l'accès à la municipalité.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Anxiété dans la communauté

De son côté, Simone Leblanc constate l’anxiété chez de nombreuses personnes âgées avec qui elle travaille.

Elle rappelle que la population des Plateaux est vieillissante. Ils sont nombreux à ne pas être branchés à Internet pour suivre l’actualité et son évolution rapide.

Certains ressentent de l’anxiété, d’autres ont carrément peur, dit-elle. Ils se sentent un peu pris en otage.

Les enjeux ne sont pas très clairs. On ne sait pas, on entend des nouvelles, mais pour les personnes âgées, ça créée vraiment une grande, grande inquiétude.

Simone Leblanc, travailleuse de milieu pour les personnes âgées.
Bienvenue dans la Municipalité des plateaux.

L'Ascension-de-Patapédia est une des cinq municipalités du secteur des Plateaux-Matapédia

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Toutes les personnes à qui Radio-Canada a parlé dans le cadre de ce reportage ainsi que plusieurs maires de la région demandent d'être inclus dans la bulle sanitaire formée avec le Nouveau-Brunswick ou, sinon, souhaitent la faire éclater. Jusqu’à présent, le premier ministre du Nouveau-Brunswick s’est cependant montré fermé à cette idée.

La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, se dit prête à changer les paramètres de cette bulle, mais précise que certains aspects de la circulation interprovinciale doivent être analysés au préalable.

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