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Un an après la fermeture de l'usine Fortress, 300 employés sont toujours sans travail

Plan large de l'entrée de l'usine tôt le matin.

En octobre 2019, l'usine Fortress à Thurso arrêtait temporairement sa production. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Radio-Canada

Un an après avoir cessé « temporairement » ses activités, l'usine Fortress de Thurso demeure fermée. À ce jour, près de 300 travailleurs, représentés par le syndicat Unifor, n’ont toujours pas retrouvé leur emploi.

Au moment d’interrompre ses activités à Thurso, en octobre dernier, la compagnie visait une relance après trois ou quatre mois. Mais l'usine n’a toujours pas trouvé d’acheteur.

Nos membres sont vraiment très inquiets, tristes aussi, qu’on n’ait pas réussi à redémarrer à date, souligne le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné.

Capture d'écran d'une entrevue avec Renaud Gagné. L'homme parle à la caméra de son ordinateur.

Renaud Gagné, directeur québécois d'Unifor

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran/FaceTime

Pour certains employés, c'est la deuxième fois qu'ils se retrouvent en chômage forcé. C'est le cas d'un ancien travailleur, Sébastien Raby, qui a vécu la première fermeture de l'usine, en 2009. Employé à la papetière depuis 27 ans, il admet que l'interruption des activités l'automne dernier a été très difficile.

En attendant la réouverture, certains de ses anciens collègues ont d’ailleurs commencé à chercher un nouvel emploi.

On a épuisé notre chômage, notre PCU. Beaucoup de gens ont dû quitter pour travailler ailleurs, confie M. Raby. On a tous regardé ce qu’on pourrait faire d’autre. Là, on est en attente de nouvelles, sinon il va falloir prendre des décisions [quant à notre avenir].

Un homme montre son iPad à la caméra.

Après avoir perdu son emploi à l'usine Fortress en octobre dernier, l'un des anciens travailleurs, Sébastien Raby, a lancé un blogue, dans lequel il dresse un portrait de la crise actuelle que vit l'industrie forestière.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

C’est difficile, c’est de se remettre en question. Moi, j’adore mon travail. Je ne me vois pas faire autre chose. C’est pour ça aussi que je vis d’espoir et que c’est difficile de passer à autre chose.

Une citation de :Sébastien Raby, ancien employé de l’usine Fortress de Thurso

L’impact de la pandémie

La pandémie de la COVID-19 a certainement ralenti la reprise des activités de l'usine, estime le maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon.

Je croyais en une ouverture de la papetière cet automne, mais la pandémie est venue changer les choses, dit-il. [Sans la pandémie], probablement qu’il y aurait eu des preneurs qui se seraient montrés beaucoup plus intéressés à rouvrir la papetière plus rapidement.

Selon le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, la relance de l’usine passe par une refonte du régime forestier du Québec, mais surtout, par l’innovation. La papetière pourrait notamment aider à produire du matériel pour répondre aux nouveaux besoins liés à la COVID-19.

On parle de fabriquer de la pâte qui pourrait servir à fabriquer des matériaux pour les besoins de la santé au Québec, dans les hôpitaux, dans les écoles, explique M. Gagné. Que ce soit pour produire des masques, je pense que cette usine-là est fondamentale et doit rouvrir.

Bien qu’aucune entente n’ait été signée pour l’instant, M. Gagné ainsi que le maire de Thurso demeurent toutefois optimistes quant à une reprise de l’usine.

Personne n’a pris d’engagements clairs, mais il y a des gens qui discutent, des gens qui avancent rapidement dans le dossier, qui travaillent au niveau des chiffres pour la relance de la papetière, alors c’est extrêmement encourageant pour moi.

Une citation de :Benoît Lauzon, maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau

Si on avait à refaire un démarrage demain matin, je pense que les gens reviendraient. C’est leur communauté, leur famille, leur environnement. Je suis convaincu qu’on récupérerait cette main-d’oeuvre-là, croit quant à lui Renaud Gagné.

Tous deux espèrent être en mesure d’effectuer la transaction le plus rapidement possible.

Avec les informations de Christian Milette et Josée Guérin

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