•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Facebook interdit les contenus du réseau conspirationniste Radio-Québec

Capture d'écran tirée de la chaîne YouTube « Radio-Québec », animée par Alexis Cossette-Trudel. On y voit l'animateur entouré de coupures de journaux et d'énoncés de son cru qui laissent entendre que les gouvernements bernent la population au sujet du nombre de décès dus à la COVID-19.

Alexis Cossette-Trudel, à la tête du réseau Radio-Québec, est visé par les nouvelles règles de Facebook.

Photo : Capture d’écran - YouTube

Radio-Canada

Radio-Québec, l'un des plus importants réseaux québécois liés à la mouvance conspirationniste QAnon, est indésirable sur la plateforme Facebook.

Un texte de Jonathan Montpetit, de CBC News.

Les pages liées à Radio-Québec, qui dissémine notamment des informations douteuses à propos de la COVID-19, ont été fermées mercredi, a annoncé Facebook Canada.

Le réseau comptait 77 000 abonnés.

La décision fait suite à l'annonce du géant américain, mardi, concernant le retrait de tout groupe ou page s'identifiant ouvertement à la mouvance QAnon.

Il s'agit d'un renforcement marqué des politiques existantes de Facebook visant à limiter l'influence d'un mouvement, considéré comme un risque à la sécurité nationale par les autorités américaines.

Après la publication des nouvelles règles par Facebook, mardi après-midi, de hauts responsables de la branche canadienne de la compagnie ont cherché à déterminer si ces normes devraient être appliquées à Radio-Québec, selon des sources au fait du dossier.

Nous fermons maintenant les pages, les groupes et les comptes Instagram qui représentent QAnon, y compris Radio-Québec, a indiqué Facebook Canada dans une déclaration transmise à CBC Montreal, mercredi.

Il faudra du temps pour faire appliquer cette politique, et nous allons prioriser cette tâche au cours des prochains jours et des prochaines semaines, a ajouté la même source.

Radio-Québec, qui contient principalement des vidéos longues de plusieurs dizaines de minutes produites par Alexis Cossette-Trudel, un Montréalais de 47 ans, fait la promotion des théories de QAnon depuis plusieurs années.

Le réseau a trouvé des adeptes en traduisant en français les affirmations inventées de toutes pièces de la mouvance à propos d'une cabale mondiale secrète de pédophiles qui contrôleraient les événements se déroulant sur la planète.

La pandémie, un sujet plus que populaire

Depuis le mois de mars, M. Cossette-Trudel se concentre quasi exclusivement sur la pandémie de la COVID-19.

Comme plusieurs autres adeptes de QAnon, il croit que les risques associés à la maladie sont exagérés, dans la foulée d'une conspiration qui a pour but de nuire au président américain Donald Trump.

M. Cossette-Trudel a plusieurs fois remis en question la nécessité d'adopter des normes sanitaires publiques et juge que le premier ministre du Québec, François Legault, fait partie du complot contre M. Trump.

Son auditoire, que ce soit sur Facebook ou sur YouTube – où sa chaîne compte 120 000 abonnés –, a pris beaucoup d'ampleur depuis l'éclatement de la pandémie.

Il est ainsi devenu une figure de proue au sein du mouvement visant à protester contre les règles sanitaires québécoises, notamment le port obligatoire du couvre-visage dans les commerces et le transport collectif.

M. Cossette-Trudel s'est aussi exprimé lors de diverses manifestations antimasques, en plus d'être invité sur les ondes de CHOI FM, une station de radio de Québec dont plusieurs animateurs sont opposés au port obligatoire du masque dans certains lieux.

Facebook dit avoir récemment agi pour limiter l'influence de Radio-Québec, y compris en retirant à M. Cossette-Trudel la capacité d'en monétiser le contenu, ainsi qu'en restreignant les endroits où son réseau apparaît dans les résultats de recherche.

Lors d'une entrevue donnée mardi, avant que son compte Facebook ne soit fermé, M. Cossette-Trudel a soutenu que les restrictions tenaient de la censure, et a accusé Facebook d'être le chien de garde des puissants.

Il a assuré par ailleurs avoir cessé de faire directement référence à QAnon il y a plusieurs mois, et soutient ne jamais avoir fait l'apologie de la violence.

Toujours lors de son entrevue, il a cependant indiqué toujours croire les déclarations de Q, le supposé responsable au sein du gouvernement américain qui serait au fait des divers complots contre M. Trump.

Situation particulière au Québec?

Il s'agit de l'un des premiers cas où Facebook a publiquement reconnu avoir agi contre les contenus extrémistes publiés au Québec.

D'autres groupes d'extrême droite de la province, dont La Meute, Storm Alliance et Atalante, ont tous pu exploiter des pages Facebook pendant plusieurs années. Et cela malgré le fait que Facebook a fait disparaître les comptes de groupes similaires d'ailleurs au pays, comme les Soldats d'Odin et les Proud Boys.

Samuel Tanner, un professeur en criminologie de l'Université de Montréal, indique que plusieurs groupes d'extrême droite plus anciens au Québec sont devenus maîtres dans l'art de modérer leurs contenus pour éviter la censure de Facebook.

Mais, ajoute-t-il, les questions de santé publique en jeu dans le cadre de la pandémie ont modifié le contexte politique influant sur ce que Facebook considère comme étant acceptable.

Affirmer que la COVID-19 n'est pas grave, que c'est juste une grippe, que cela n'existe pas, etc. est dangereux en ce moment, a indiqué celui qui étudie les groupes d'extrême droite au Québec.

Facebook est une source d'information importante pour les gens, et ce genre de déclarations peut être dangereux sur le plan de la santé publique, a-t-il poursuivi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !