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La gestion de la pandémie au coeur de la campagne électorale en Colombie-Britannique

La bonne gestion de la crise par le NPD « ne laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre à l'opposition », disent les analystes.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, en compagnie du ministre de la Santé, Adrian Dix, et de la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry.

La gestion de la pandémie est au coeur de la campagne électorale en Colombie-Britannique et pourrait avantager le NPD, selon des analystes.

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Radio-Canada

Plus de 70 % des décès causés par la COVID-19 sont survenus dans 35 centres de soins prolongés pour personnes âgées en Colombie-Britannique depuis le début de la pandémie. Une tragédie qui n'a pas tardé à rattraper la présente campagne électorale.

May Mikhail a vécu dans la tourmente des premières semaines de la pandémie en Colombie-Britannique. Sa mère de 94 ans, vivant dans l'établissement de soins pour personnes âgées Lynn Valley de North Vancouver y est décédée le 18 mars, comme 19 autres résidents avant et après elle.

C'est au centre Lynn Valley, le plus important foyer d'infection de la province, que s'est produit le premier décès dû à la COVID-19 au Canada.

Le chef libéral, Andrew Wilkinson, a promis que, s'il est élu, il injectera 1 milliard de dollars dans les centres pour personnes âgées et donnera des crédits d'impôt pour aider ceux qui choisissent de rester à la maison.

La chef du Parti vert, Sonia Furstenau, a pour sa part appelé à la fin de la privatisation de ces établissements de santé.

De son côté, le chef néo-démocrate, John Horgan, promet un financement public plus important pour ce qui est des centres de soins prolongés pour les aînés.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Digne de confiance

Si May Mikhail croit que le système de soins pour personnes âgées a certainement besoin d'améliorations majeures comme celles proposées par les trois partis, elle ne croit pas que le gouvernement néo-démocrate sortant soit à blâmer pour la tragédie.

J'ai encore confiance dans le NPD, je pense simplement qu'il doit se concentrer davantage sur des changements radicaux. Je ne sais pas si un autre parti ferait mieux, pour être honnête.

Ils sont 68 % à être de son avis en Colombie-Britannique, selon un sondage d'Insights West, réalisé en juillet et qui révélait que la gestion de la COVID-19 à elle seule avait valu une hausse de 17 points de la cote de du gouvernement de John Horgan, ce qui fait de lui le chef le plus populaire en Colombie-Britannique depuis le début des sondages de popularité, il y a huit ans.

Montage photo des chefs de partis.

Les chefs des trois principaux partis politiques en Colombie-Britannique : John Horgan, du NPD, Sonia Furstenau, du Parti vert, et Andrew Wilkinson, du Parti libéral.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck / CBC/Michael Mcarthur

Le pouls de la population

Des électeurs dressent un bilan positif du gouvernement provincial.

En ce moment, le NPD a de bonnes idées. Il n'est pas parfait, il y a quand même des lacunes et des [choses] à améliorer, mais dans l'ensemble, je pense que [les idées] sont plus avancées que ce que les libéraux proposent, dit James Rankin, qui habite à Vancouver depuis 2006.

Sa bonne gestion de la pandémie convainc même certains électeurs de changer d'allégeance, comme Jean Watters, jusqu'à maintenant partisan du Parti libéral de la Colombie-Britannique.

Ce sera la première fois que je vote [pour le] NPD pour des raisons évidentes : je ne pense pas que les libéraux sont très forts. J'ai beaucoup plus confiance dans la façon dont la COVID-19 est gérée, dit-il.

Des votes dont les néo-démocrates de John Horgan auront besoin s'ils veulent obtenir la majorité le 24 octobre prochain.

Bannière du dossier réunissant la couverture électorale.

Des analyses favorables

À la tête d'un gouvernement minoritaire avec l'appui de trois députés verts, les néo-démocrates auront besoin d'au moins quatre nouveaux sièges pour remporter la majorité à l'Assemblée législative. Des gains qui ne seraient pas trop difficiles à faire, observe l'analyste de sondages et auteur du site Too close to call, Bryan Bréguet.

Ce qu'on a remarqué à travers le monde, c'est que les gens vont récompenser les politiciens qui ont pris [la pandémie] au sérieux. Personne ne peut accuser John Horgan ou la Dre Bonnie Henry ou Adrian Dix d'avoir manqué d'empathie ou de ne pas avoir pris cette crise au sérieux, dit-il.

« Vraiment, ça ne laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre à l'opposition. »

— Une citation de  Bryan Bréguet, analyste, Too close to call

L'opposition cherche à trouver ses repères dans cette campagne électorale et pourrait perdre des électeurs au profit des néo-démocrates.

Le Parti libéral, plus conservateur en Colombie-Britannique, n'est plus le seul parti à prôner la prudence fiscale, observe l'historien de l'Université Simon Fraser (SFU) et analyste politique Nicolas Kenney.

Les libéraux ont toujours accusé le NPD d'être le parti des déficits, des dépenses et, là, avant la pandémie, le NPD, il s'est présenté comme étant un gouvernement de responsabilité fiscale.

Mais si la majorité de la population semble satisfaite de la gestion de la pandémie en Colombie-Britannique, certains ont du mal à lui pardonner le déclenchement d'élections anticipées, un déclenchement qui pourrait lui coûter des voix.

Avec les informations de Dominique Arnoldi

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