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Les revenus du tourisme s'effondrent à Montréal

Quelques clients assis sur une terrasse d'un restaurant du Vieux-Montréal.

Des chaises et des tables vides sur la place Jacques-Cartier, un lieu habituellement très fréquenté à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

L’industrie touristique montréalaise traverse la pire crise de son histoire, selon Tourisme Montréal, qui rapporte des chutes spectaculaires des dépenses touristiques dans la ville, notamment dans les hôtels, qui accusent un demi-milliard de dollars en pertes de revenus.

Selon Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal, jamais l’organisme n’a enregistré autant de reculs majeurs de la fréquentation et des revenus du tourisme dans la région en 100 ans d’existence.

À l’origine de cette hécatombe touristique se trouve bien entendu la pandémie de COVID-19 qui a fait chuter de 97,8 % le nombre d’entrées au Canada à partir des frontières terrestres et de 94,5 % la circulation de passagers à l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau par rapport aux données de 2019.

Entre avril et juin, les dépenses touristiques ont quant à elles plongé de 95 %, estime Tourisme Montréal.

Les hôteliers en première ligne

L’Hôtel Place Dupuis à Montréal, en avant-plan, la Place Émilie-Gamelin.

L'Hôtel Place Dupuis, à Montréal, a dû s'adapter à la nouvelle situation en accueillant des patients atteints de la COVID-19 au printemps dernier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Privés de centaines de milliers de touristes, de congressistes et de visiteurs de l’extérieur en raison des frontières fermées et de la restriction des déplacements interrégionaux, les commerces et les hôtels vivent des heures sombres à Montréal, notamment les hôteliers, dont au moins 85 % des chambres sont vides depuis plus de six mois.

De juin à septembre, le taux d'occupation des hôtels de la région de Montréal a à peine atteint 15 %, selon l'Association des hôtels du Grand Montréal, qui estime les pertes de revenus à un demi-milliard de dollars jusqu’à maintenant.

Ça fait mal… ça fait très mal, a confié Christiane Germain, coprésidente du groupe Germain Hôtels au micro d’ICI Première.

Le taux d’occupation se situe en ce moment entre 0 et 10 %, a déclaré Mme Germain, dont l’entreprise possède 18 établissements hôteliers à travers le Canada.

Québec et Charlevoix ont été très occupés cet été, mais je vous dirais qu’à Montréal on a peut-être touché le 15 % dans le centre-ville, mais pas plus que ça. Et c’est redescendu très rapidement depuis deux semaines.

Christiane Germain, coprésidente du groupe Germain Hôtels

Les nouvelles ne sont guère plus encourageantes à l’hôtel ZERO 1 du boulevard Saint-Laurent, au centre-ville de Montréal.

C'est un retour un peu à la case départ où on était en mai juin... Des taux d'occupation très bas, autour de 5 à 10 %, selon le PDG de l’établissement de 165 chambres, Philippe Cholette.

Alors que la pandémie s’étire de mois en mois, une question se pose d’elle-même : combien de temps l’industrie touristique montréalaise pourra-t-elle tenir le coup?

Selon un sondage de l'Association des hôtels du Grand Montréal, sans nouvelle aide gouvernementale, la moitié des hôtels de la métropole pourraient être fermés dans six mois.

Au groupe Germain Hôtels, on prend le pari de tenir jusqu’à ce que les beaux jours reviennent.

Tous les efforts sont déployés chez nous pour survivre à la totalité de la crise pour être présents lorsque les choses vont revenir. C’est l’objectif que nous nous sommes fixé, explique Christiane Germain.

Pas facile de se réinventer

En attendant, la chaîne hôtelière met de l’avant de nouvelles idées pour tenter de maintenir un taux minimal de fréquentation.

Un homme pose dans une chambre d'hôtel.

L'hôtel Germain Montréal offre à sa clientèle de louer une chambre pendant le jour comme espace de travail.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières-McNicoll

On essaie certaines choses comme d’offrir la location de nos chambres d’Hôtel pendant le jour. […] On offre aux gens la possibilité de venir travailler dans une chambre d’hôtel. Ils ont le café, le service Internet haute vitesse.

Christiane Germain, coprésidente du groupe Germain Hôtels

C’est des produits de remplacement temporaires qui peuvent rendre service et qui nous permettent de maintenir l’opération en vie, explique Mme Germain.

Pour la PDG de l'Association des hôtels du Grand Montréal, Ève Paré, le gouvernement du Québec devra aider le secteur hôtelier à payer ses frais fixes, notamment les taxes foncières, pour empêcher une vague imminente de fermetures ou de vente à des intérêts étrangers du patrimoine hôtelier de la métropole.

L’écosystème touristique est très important pour l’économie de Montréal. Quand tout ça sera derrière nous, la vie et le tourisme vont reprendre et c’est important de conserver nos infrastructures touristiques, nos chambres d’hôtel, rappelle Christiane Germain.

Avec les informations de La Presse canadienne

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