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Le racisme envers les Autochtones existerait dans les établissements de santé régionaux

Une fenêtre où on peut lire Centre d'amitié autochtone Lac-Saint-Jean.

Le Centre d'amitié autochtone du Lac-Saint-Jean se trouve à Roberval.

Photo : Radio-Canada

Laurie Gobeil

Le racisme systémique à l'égard des Autochtones existe dans les établissements de santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean. C'est du moins l’avis de la directrice générale du Centre d'amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, Mélanie Boivin.

Elle soutient que la mort de Joyce Echaquan, survenue la semaine dernière à l'hôpital de Joliette, a mis en lumière le traitement différent reçu par les allochtones et les Autochtones.

On est au fait que ce genre de discrimination et de racisme existent au sein des institutions publiques. Il y a un écart de la part des professionnels de la santé quand ils reçoivent un individu allochtone ou autochtone. C'est difficile de l'exprimer. C'est difficile de faire prendre conscience aux établissements que c'est fréquent dans leur organisation, soutient Mélanie Boivin.

Elle dit avoir été mise au courant de situations où des Autochtones ont été victimes de racisme. Elle se souvient notamment d’une histoire survenue il y a quelques années.

Une jeune femme allochtone avait fait remarquer à une jeune autochtone du même âge que pour la même problématique de santé mentale, elles n’étaient pas restées le même nombre de temps à l’hôpital pour se faire soigner. Et c’est vrai! En psychiatrie, ils [les Autochtones] restent là deux ou trois jours et ce n’est pas rare qu’ils repartent chez eux après, raconte la directrice du Centre d’amitié autochtone.

Mélanie Boivin explique qu’il arrive que ce soit la Sûreté du Québec qui intervienne auprès des Autochtones une fois leur séjour à l’hôpital terminé. À ses yeux, la solution se situe surtout dans la création de services sociaux de première ligne. Elle propose la mise en place d’une clinique à même les bureaux du Centre d’amitié autochtone à Roberval ou la création d’un poste de cadre au CIUSSS, qui serait spécifiquement consacré aux Autochtones.

Offrir de la formation et des outils aux membres du personnel font aussi partie des solutions, selon elle.

Tous les professionnels devraient recevoir un volet sur les réalités des Premières Nations, mais encore faut-il savoir comment agir avec ces gens-là. On a beau savoir leur histoire, comment tout ça a été créé, l'histoire des réserves, la loi sur les Indiens, les impacts sur la santé. Comment peut-on maintenant changer cette situation-là? C'est avec de la sensibilité. C’est ça l’approche culturellement pertinente ensuite on se rend vers la compétence culturelle.

À la suite du tragique événement de Joliette, Mélanie Boivin espère que les Québécois seront plus sensibles à la réalité autochtone.

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