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« Ce sera une année difficile pour nous » : le défi républicain en banlieue

Après y avoir perdu des appuis en 2018, le Parti républicain a fort à faire pour convaincre l’électorat des banlieues, notamment féminin, d’appuyer le président Trump.

Une affiche devant un drapeau des États-Unis.

Une affiche de la campagne de Joe Biden devant une maison en banlieue de Columbus.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Avant cette année, Ana Dagupsta ne s’était jamais impliquée en politique.

En 2016, cette mère de famille de la banlieue de Columbus, la capitale de l’Ohio, n’avait appuyé ni Donald Trump ni Hillary Clinton, leur préférant le candidat d’un tiers parti.

Ana Dagupsta est exactement le genre de personne que cible le groupe Red Wine and Blue, dont elle fait maintenant partie.

Un groupe de femmes participant à une activité politique.

Une rencontre des membres du groupe Red Wine and Blue qui veulent encourager les femmes vivant en banlieue à voter le 3 novembre.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Cette association de femmes vivant dans diverses banlieues de l’Ohio utilise l’humour et les réseaux personnels de ses membres, pour aider la campagne démocrate dans cet État pivot.

Les gens vont davantage vous écouter si vous les connaissez que s’ils parlent à des étrangers, explique Katie Paris, la fondatrice de Red Wine and Blue.

Lors de notre rencontre en banlieue de Cleveland, les membres du groupe s'adonnaient à une soirée sur le thème tacos, tequilas et textos, pendant laquelle elles entraient en contact des amies, collègues et voisines pour les encourager à participer aux élections.

C’est notamment cette méthode peu commune qui a poussé Ana Dagupsta à s’impliquer. Sans déborder d’enthousiasme pour Joe Biden, elle souhaite surtout la défaite du président Trump le 3 novembre.

(Donald Trump) a une base solide de partisans qu’il fait tout pour rendre heureux, mais il ne représente pas le pays et ne se soucie certainement pas des gens qui ne l’appuient pas de manière enthousiaste.

Ana Dagupsta, membre du groupe Red Wine and Blue

Selon Katie Paris, la gestion de la pandémie pourrait aussi nuire aux républicains, que ce soit à l’échelle nationale ou locale.

Des femmes envoyant des messages politiques à des amies sur leur téléphone.

Les membres du groupe Red Wine and Blue misent sur leurs réseaux personnels pour aider la campagne démocrate.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Les républicains d’Ohio ont tout tenté pour nuire à la réponse de notre gouverneur, qui est pourtant lui aussi républicain, explique-t-elle.

Au débat présidentiel à Cleveland, Joe Biden a justement évoqué des thèmes liés à la santé en s'adressant aux électeurs de banlieue.

Donald Trump, qui a répété son message de loi et d'ordre, a affirmé que « les banlieues allaient disparaître » en cas de victoire de son adversaire. Le président mise aussi sur l'économie, enjeu sur lequel son taux d'approbation est souvent plus important que celui de Joe Biden dans les sondages.

Un appui qui s’effrite depuis 2016

Pour les républicains, le défi à relever en périphérie des grands centres urbains du pays n’est pas nouveau.

Aux élections de mi-mandat, en 2018, les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants, notamment grâce à des victoires dans des districts situés en banlieue.

Autre facteur de difficulté pour le parti de Donald Trump : le vote de l’électorat féminin.

Selon Pew Research, en 2016, Donald Trump a recueilli l’appui de 47 % des femmes blanches, contre 45 % pour son adversaire Hillary Clinton.

Deux ans plus tard, ces électrices ont appuyé des candidats démocrates à 50 % contre 48 % pour les républicains. Au sein de l’électorat féminin en général, les démocrates l’ont emporté avec une marge de 18 % en 2018.

Le stratège républicain Doug Preisse, à Columbus, en Ohio.

Malgré des difficultés dans les banlieues, le stratège républicain Doug Preisse est convaincu que Donald Trump remportera l'élection en Ohio le 3 novembre.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Bien que les républicains disposent toujours d'appuis dans les banlieues, le stratège Doug Preisse y anticipe une année difficile pour son parti.

Cet ancien président du Parti républicain du comté de Franklin, qui englobe la ville de Columbus et sa périphérie, ne constate pas de changement de tendance sur son territoire.

Ils n’aimaient pas Trump il y a quatre ans. Il n’aimaient pas non plus Trump pendant les élections de mi-mandat il y a deux ans et ils l’aiment encore moins cette année.

Doug Preisse, stratège républicain

Doug Preisse est proche de l’ancien gouverneur républicain de l’Ohio John Kasich, qui appuiera Joe Biden en novembre. Il demeure néanmoins convaincu que Donald Trump remportera son État dans moins d’un mois.

D’abord, il souligne que le candidat républicain a gagné l’État avec une marge confortable de 8 % en 2016.

Des partisans de Donald Trump lors d'un rassemblement en Ohio.

Donald Trump a toujours d'importants appuis en Ohio, État qu'il a remporté en 2016.

Photo : Reuters / MEGAN JELINGER

De plus, le stratège constate un enthousiasme majeur pour le président sortant dans les petites villes et les zones plus rurales de l’Ohio.

Ça pourra compenser pour la plupart, sinon toutes les pertes dans les villes, assure Doug Preisse.

Katie Paris, fondatrice du groupe Red Wine and Blue, entend faire mentir cette prédiction.

Ça aura un énorme impact, assure-t-elle, en évoquant le vote, notamment féminin, dans les banlieues d’un État qui comporte plusieurs grandes régions urbaines, comme Cleveland, Columbus, Cincinnati, Toledo et Dayton.

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