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Archives

Juliette Gréco sur son amour de la scène, du public et de la langue française

Juliette Greco chantant seule sur scène au micro dans une robe longue.

Juliette Gréco offre une prestation à l'émission « Zoom » du 6 octobre 1968.

Photo : Radio-Canada / Francis J. Menten

Radio-Canada

Juliette Gréco, la muse de Saint-Germain-des-Prés, n’a pas envoûté que les Français. Nos archives rappellent sa générosité et sa relation chaleureuse avec le public québécois.

Je vais chercher la perfection toute ma vie, affirme Juliette Gréco dans cette première entrevue à l’émission Aujourd’hui du 6 octobre 1966.

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Aujourd'hui, 6 octobre 1966

Je ne sais pas chanter!, déclare la chanteuse et actrice française à la journaliste Martine de Barsy sur les défauts qu’elle se trouve.

Le travail est devenu pour elle un refuge contre l’inquiétude, une manière de justifier son existence.

Le travail, c'est un refuge merveilleux! C'est une façon qu'on a de donner ce qu’on a de meilleur et de recevoir aussi!

Juliette Gréco

Ses chansons, comme tout le reste, elle les choisit par amour.

Avec sa fille de douze ans, Juliette Gréco a fait un marché : Toi, tu fais le mieux que tu peux, et moi aussi.

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Femme d'aujourd'hui, 30 décembre 1977

L’émission Femme d’aujourd’hui du 30 décembre 1977 nous offre un grand portrait de Juliette Gréco, ponctué de chansons qu’elle interprète dans le confort de son domicile.

Interviewée par la journaliste Marie-Pierre Carretier, Juliette Gréco fait le fil de son parcours : son enfance à Bordeaux, son expérience de l’occupation avec une mère dans la résistance, puis ses débuts en chanson à Saint-Germain-des-Prés.

Je pense à ce que je vais faire demain. J'avance dans l'existence, déclare l’icône de la chanson française sur cette époque bénie qui inspire la nostalgie.

J'étais une publicité pour une philosophie, ajoute-t-elle plus tard sur sa place inconfortable au sein du mouvement existentialiste.

La chanteuse française relate tout de même dans les menus détails le choix de sa toute première chanson, Si tu t’imagines, tirée d'un livre de Raymond Queneau emprunté à Jean-Paul Sartre.

Un poème mis en musique par Joseph Kosma qu’elle nous fait entendre à nouveau du piano de son salon, accompagnée de son pianiste et compagnon Gérard Jouannest.

J'étais vraiment infernale, je ne savais rien faire et lui savait tout. Y compris parler aux jeunes filles agressives, raconte Juliette Gréco sur sa relation avec le pianiste Jean Wiéner qui jouait avec elle au cabaret Le bœuf sur le toit.

Dès que je l'ai vu, j'ai eu l'impression que c'était un cheval emballé, confirme le pianiste, vantant du même coup la gentillesse et la simplicité totale de la chanteuse.

Une diction comme la sienne, ça n'existe pas.

Jean Wiéner

Sur son travail d’actrice, Juliette Gréco affirme ne pouvoir travailler qu’avec des cinéastes auxquels elle voue une grande admiration.

Il a fallu que Dugowson me fasse la danse des sept voiles!, soutient-elle sur sa dernière participation à un film. Elle a duré trois mois la danse des sept voiles, vraiment!

Car la première motivation de Juliette Gréco est de faire résonner la langue française, de travailler à la garder vivante.

Juliette est fondamentalement fidèle. Elle est mariée avec la poésie, confirme son conjoint Gérard Jouannest.

L’entrevue, au cours de laquelle ils jouent les chansons Vivre, Pays de déraison et À Paris, se termine sur les notes de Les amants de fumée.

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Le Téléjournal/Montréal, 2 août 2007

La chanteuse Juliette Gréco est venue à plusieurs reprises au Québec, en tournée dans la province comme dans les festivals et les événements.

En 2007, lors de cette entrevue avec le journaliste Claude Deschênes pour le Téléjournal/Montréal, elle en est à sa quatrième participation aux Francofolies de Montréal.

Je ne peux pas dire non à ce que j'aime!, déclare-t-elle au journaliste sur ses fréquentes visites de ce côté-ci de l’Atlantique.

Ce qui est important, c'est le désir. Ce qui est important, c’est la patience. Ce qui est important, c’est l'amour. Ce qui est important, c’est le combat. Ce qui est important, c’est le désir de servir.

Juliette Gréco

À 80 ans, la chanteuse française fait place à de jeunes auteurs pour ses chansons et se lance même dans le slam.

Comment vivez-vous avec tous ces amis qui disparaissent?, lui demande le journaliste Claude Deschênes.

Tous ces gens que j'ai tant aimés et que j'aime tant et que je continue d'aimer. Ils sont partis, mais on continue de les faire exister tous les soirs, répond Juliette Gréco. La mort clinique n'est rien. La vraie mort c'est l'oubli.

Juliette Gréco a offert une dernière tournée de spectacles au Québec en 2015. Une tournée d’adieu, qu’elle préférait appeler tournée de remerciements.

L’icône de la chanson française s’est éteinte le mercredi 23 septembre 2020 entourée des siens dans sa maison de Ramatuelle, en France.

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