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Le sport électronique, grand gagnant de la pandémie

Un jeune homme jour à un jeu vidéo à l'ordinateur. Il porte un casque d'écoute équipé d'un micro ajustable pointé vers sa bouche.

Les sports électroniques comptent des centaines de millions de fanatiques à travers le monde (archives).

Photo : iStock / gorodenkoff

Le concept de ville-bulle a été créé, les Jeux olympiques de Tokyo ont été reportés à 2021 et de nombreuses compétitions sportives ont carrément été annulées... La pandémie de COVID-19 a définitivement chamboulé le monde des sports. Alors que plusieurs fédérations sportives pataugent toujours dans une marre d'incertitude, l'industrie des sports électroniques, elle, se porte mieux que jamais.

Au Québec comme en Ontario, la saison d'équipes sportives universitaires a été annulée pour la session d'automne 2020. Cette décision n'affecte pas vraiment l'uOttawa Esports, le club de sport électronique de l'Université d'Ottawa.

Je dirais même que ça nous aide peut-être un peu, estime Michel Gaudet, le vice-président et responsable des finances du club.

League of Legends, Rocket League, Overwatch... Tous les jeux ont leur place dans le club qui accueille autant les joueurs amateurs que les plus compétitifs. La plupart des gens ont dû rester à la maison, donc beaucoup de gens ont commencé ou recommencé à jouer à des jeux vidéos, constate M. Gaudet.

Les statistiques lui donnent raison. Environ 700 étudiants faisaient partie du club à pareille date l'an dernier et il en compte désormais 960, une croissance de 37 %.

C'est loin de surprendre Thomas Burelli, un professeur à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa convaincu de la nécessité d'accorder une plus grande importance aux sports électroniques dans la sphère universitaire.

Le professeur Thomas Burelli pose pour la caméra sur le campus de l'Université d'Ottawa.

Thomas Burelli souhaite créer un Institut du sport électronique à l'Université d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Très récemment, je me suis réintéressé à ce domaine-là et je me suis aperçu à quel point c'est un univers qui s'est élargi énormément au cours des dernières années, insiste M. Burelli.

Selon le magazine économique Forbes, les revenus générés par l'industrie des sports électroniques dépasseront 1,1 milliard de dollars pour l'année 2020, alors que le nombre de fanatiques devrait se chiffrer à environ 495 millions, soit environ les populations combinées du Canada, des États-Unis et du Mexique.

En termes de revenus, c'est très simple. C'est une croissance au moins à deux chiffres chaque année, c'est exponentiel.

Thomas Burelli, un professeur à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa

Les plateformes de visionnement en ligne Twitch, YouTube et Facebook rapportent toutes une croissance de 13 à 20 % du nombre d'heures visionnées de contenu e-sports depuis le mois de mars.

Sport ou loisir?

Si certains remettent encore en question le fait que le sport électronique est bel et bien une discipline sportive, nul ne peut nier que les ressemblances avec les sports traditionnels sont nombreuses, à commencer par le processus de sélection des équipes compétitives.

Pour chaque jeu, il y a un capitaine d'équipe. Ceux-ci vont organiser des try outs (essais) comme dans des sports traditionnels où ils vont observer le niveau des joueurs et comment ils jouent pour déterminer qui va mieux s'intégrer dans l'équipe, explique Michel Gaudet.

Ces équipes-là vont avoir des pratiques hebdomadaires avec leur équipe et ils sont enregistrés dans des ligues pour jouer contre d'autres collèges et universités.

Michel Gaudet, vice-président et responsable des finances du uOttawa Esports

Aujourd'hui, si vous ne vous entraînez pas des heures, si vous ne regardez pas des vidéos pour analyser vos performances, vous ne pouvez pas progresser, rajoute M. Burelli.

Devant l'ampleur du phénomène, ce spécialiste en droit civil offrira cet hiver, pour la toute première fois, un cours de droit dans l'industrie des jeux vidéos à l'Université d'Ottawa.

M. Burelli souhaite également mettre sur pied un programme officiel d'équipe universitaire qui serait soutenu de la même manière qu'une équipe de football ou une équipe de basket. S'il n'en tenait qu'à lui, le uOttawa Esports aurait déjà rejoint la grande famille des Gee-Gees.

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