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Ottawa et Québec investissent 3,7 milliards sur 10 ans pour le logement social

Sonia LeBel et Andrée Laforest.

Les ministres Sonia LeBel et Andrée Laforest se sont félicitées de l'accord conclu entre Québec et Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Les gouvernements du Canada et du Québec investiront conjointement 3,7 milliards de dollars sur dix ans pour améliorer le logement social et abordable au Québec. Ces détails dévoilés mardi font suite à l'annonce d'une entente de principe, le mois dernier, pour débloquer des fonds fédéraux figés depuis 2017.

L'entente, rétroactive à partir de 2018, s'étendra donc jusqu'en 2028.

Se déclinant en trois volets, soient les Priorités du Québec, pour un montant de plus de 520 millions, l'Initiative canadienne de logement communautaire, avec 2,25 milliards environ, et l'Allocation canadienne pour le logement et ses plus de 900 millions, l'entente fédérale-provinciale doit permettre la construction de nouveaux logements sociaux, la rénovation d'immeubles existants, ainsi que le versement d'aides au loyer aux familles à faible revenu.

Le gouvernement Legault collaborera notamment avec la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) pour déterminer les orientations des programmes et l'utilisation des sommes investies, le tout via un comité mixte entre Québec et Ottawa.

De 2800 à 4000 logements sociaux doivent être construits au Québec en vertu de cette entente.

Québec n'a toutefois pas précisé le nombre de logements qui seront rénovés, et qui s'ajouteront donc au total de nouvelles unités disponibles pour faire face à la crise du logement en cours au Québec.

Comme l'ont expliqué les ministres québécoises Sonia LeBel (Relations canadiennes) et Andrée Laforest (Affaires municipales et Habitation), le Québec a conclu une entente asymétrique avec Ottawa et le gouvernement Legault pourra choisir ses dossiers préférés, dans lesquels Ottawa aura ensuite l'occasion de faire un choix.

Nous savons que les besoins sont très grands, a mentionné la ministre Laforest.

Cette dernière a aussi souligné que le prix des logements sociaux variait en fonction du lieu de leur construction. À Montréal, par exemple, les terrains sont plus chers, alors que les frais de construction sont aussi plus élevés en région éloignée, a-t-elle ajouté.

Mme Laforest affirme toutefois que le gouvernement Legault travaillait déjà à construire de nouveaux logements sociaux pour contrer la crise qui perdure au Québec depuis plusieurs années, et qui semble avoir été exacerbée par la pandémie. Au dire de la ministre, quelque 2300 logements seront bientôt en voie de livraison, et il n'y a pas moins de 15 000 unités bloquées en attente de construction.

Au provincial comme au fédéral, on se félicite ainsi de cet accord gagnant-gagnant, a mentionné Ahmed Hussen, ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social.

C'est un accord historique qui permettra de loger un plus grand nombre de Québécois

Ahmed Hussen, ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social
Une rangée de façades en briques orange donnant sur un long trottoir.

Le taux d'inoccupation des logements est actuellement de 1,9 % à Montréal.

Photo : iStock

Du côté du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), on accueille favorablement l'entente, mais on estime que Québec doit en faire davantage.

Il y a des bonnes nouvelles, mais malheureusement, il n’y a pas de confirmation qu’il y aura la nouvelle programmation du programme AccèsLogis, le seul qui permet au Québec de réaliser des nouveaux logements publics, coopératifs et sans but lucratif, a expliqué Véronique Laflamme, porte-parole de l'organisme, en entrevue au 15-18.

En ce qui concerne les 15 000 unités bloquées dont parle la ministre Laforest, Mme Laflamme indique qu'il s'agit d'un objectif louable de vouloir les livrer. Mais est-ce qu’on devrait utiliser les fonds fédéraux pour remplir des promesses que les gouvernements québécois ont faites depuis des années? Ce serait assez décevant. On espère que le Québec va faire preuve de plus d’ambition.

Attentes importantes partout au Québec

Les sommes annoncées par les deux paliers de gouvernement seront-elles l'équivalent d'une goutte d'eau dans la mer? Déjà, lors de l'annonce de la conclusion de l'entente de principe entre Québec et Ottawa à la mi-septembre, les maires des grandes villes du Québec rappelaient l'étendue des besoins en matière de logement social dans la province.

À Montréal, la mairesse Valérie Plante évoquait 150 000 ménages attendant toujours un logement adéquat et abordable.

À Québec, Régis Labeaume a parlé de la nécessité d'aller de l'avant le plus rapidement possible, en plus de demander aux instances décisionnelles de donner le dernier mot aux municipalités.

C’est nous qui savons où sont les gens dans les communautés. […] Laissez-nous faire nos choix, ne décidez pas à notre place, a-t-il dit.

Enfin, la crise du logement n'est pas limitée au Québec : une récente publication de Statistique Canada souligne que 11 % des ménages du pays, soit 1,6 million de familles, vivent dans des logements soit trop chers, soit trop petits, soit ayant besoin de travaux de rénovation, et sont incapables d'en changer.

Selon Véronique Laflamme du FRAPRU, les logements subventionnés sont aussi fortement demandés. Au Québec, il y a 40 000 ménages en attente d’un logement subventionné, c'est 23 000 à Montréal seulement, a-t-elle indiqué au 15-18.

Ces statistiques comprennent les besoins les plus urgents, comme les femmes en situation de violence conjugale, a-t-elle spécifié. Même si elles ont priorité, elles ne réussissent jamais à avoir accès à ces logements parce que les besoins sont trop grands.

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