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COVID-19 : couvrir une pandémie, les coulisses d’un défi journalistique et humain

Un homme portant des équipements de protection individuelle (ÉPI) pour dépister la COVID-19.

« Nous ne sommes pas des héros. Nous faisons notre travail, et ce n’est rien à côté des professionnels de la santé, qui eux, sauvent des vies et risquent de contracter le virus », estime la directrice générale de l'Information, Luce Julien.

Photo : Radio-Canada

Angie Landry

Traverser une pandémie en tant qu’individu, puis devoir en parler à titre de voix de l’information. Avec les témoignages de Céline Galipeau, de Patrice Roy ou de Davide Gentile, on découvre, dans le documentaire COVID-19 : couvrir une pandémie, l’arrière-scène d’une couverture médiatique sans pareil. Celle qui dévoile l’être humain derrière le micro.

La directrice générale du Service de l’information de Radio-Canada, Luce Julien, souhaite que les motifs derrière la diffusion de ce documentaire soient clairs : il n’est pas question de vanter les mérites de ceux et celles qui ont couvert journalistiquement la pandémie.

Pour moi, les premiers héros sont tous ceux qui œuvrent dans le service de la santé. C’est fondamental, affirme-t-elle.

Nous ne sommes pas des héros. Nous faisons notre travail, et ce n’est rien à côté des professionnels de la santé, qui eux, sauvent des vies et risquent de contracter le virus.

Luce Julien

Sauf que contrairement à la couverture d’une guerre civile à l’étranger ou, par exemple, à celle des attentats du 11 septembre 2001, dans ce cas-ci, les journalistes aussi ont vu leur vie personnelle chamboulée par la pandémie, en même temps que tout le monde.

L’intérêt de COVID-19 : couvrir une pandémie est de documenter l’histoire, parce qu’il fallait, peu importe le média, traiter d’une situation inconnue, dans des lieux de travail qu’on a dû adapter.

Un homme, vêtu d'un habit de protection et d'un masque, désinfecte un studio de radio.

Les lieux de travail des médias ont été adaptés à la situation. Les studios d'ICI Première, à Radio-Canada, sont continuellement désinfectés depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Malgré toute cette incertitude, pour Luce Julien, c’était clair : il fallait continuer d’être sur le terrain, y démêler le vrai du faux, accompagner la population et s'en rapprocher.

« La couverture la plus difficile »

Dans le documentaire qui sera diffusé mardi soir sur les ondes d’ICI RDI, on interroge également Michel C. Auger, Anne-Marie Dussault, Alexis De Lancer, Anyck Béraud et Thomas Gerbet. Toutes et tous ont été plongés dans la première vague de la COVID-19, happés par le ressac de la désinformation, de la misère humaine, impuissants face à l’incertitude de cette crise.

Un homme, cheveux rasés, regarde hors du champ de la caméra.

Le journaliste Davide Gentile confie que la couverture de la pandémie a été difficile.

Photo : Radio-Canada

Davide Gentile estime que ses collègues et lui ont été ébranlés – heurtés, même – par le manque de protections pour les travailleurs et travailleuses, les conditions de travail, et les vies de plusieurs familles en éclat.

Moi, c’est ce que j’ai couvert de plus dur. C’était pas juste un défi journalistique. C’était un défi humain, global et incessant.

Davide Gentile

Thomas Gerbet, à qui plusieurs personnes se sont confiées pour raconter leurs histoires, avoue qu’il était crève-cœur de faire des choix. Il y a des gens à qui je n’ai pas pu répondre. C’est dur, quand même, d’ignorer des appels à l’aide, livre-t-il, dans son témoignage.

Avec le réalisateur Mathieu Waddell, la journaliste Pasquale Harrison-Julien a tendu son micro et prêté l’oreille à ses collègues au début du déconfinement, au moment où les choses semblaient se calmer. En montrant les coulisses de la couverture médiatique d’une telle crise, le duo a choisi de laisser plus de place aux gens happés par la COVID-19, professionnellement et personnellement.

On est tous des humains. On est tous sensibles, explique Pasquale Harrison-Julien. [Le rôle] du journaliste, c’est d’être une courroie de transmission entre la nouvelle et les gens qui la vivent. Mais j’ai retrouvé des collègues qui étaient très affectés par ça. Émotivement. Et ça, c’est rare.

La journaliste présentatrice du Téléjournal 22 h, Céline Galipeau, a parlé soir après soir des situations horribles vécues par des personnes âgées dans les hôpitaux et CHSLD pendant la crise, alors qu’elle composait à distance avec l’état de santé de sa mère, mourante.

Une femme, vêtue d'un veston bleu, regarde dans le vide, les larmes aux yeux.

La journaliste et présentatrice du Téléjournal 22h, Céline Galipeau, offre un témoignage touchant.

Photo : Radio-Canada

J’ai trouvé ça très difficile de penser que ma mère vivait cette situation. Quand je faisais le Téléjournal, c’était mon travail. Il fallait que je raconte le mieux possible toute cette crise-là. Je pleurais beaucoup, après, en fait.

Céline Galipeau

La journaliste Pasquale Harrison-Julien souhaite que COVID-19 : couvrir une pandémie devienne un outil d’introspection. Elle veut aussi ouvrir une fenêtre sur le métier de journaliste, dont les rouages sont parfois méconnus.

Luce Julien ajoute qu'en pleine deuxième vague, le documentaire permet avant tout de tirer des leçons pour la profession.

On a vu que lorsqu’on ferme une société comme on l’a fermée, [les médias] deviennent des références. Des phares. Alors il faut continuer de le faire avec beaucoup d’humilité.

Luce Julien

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