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L'afflux de chasseurs inquiète la santé publique

En Gaspésie, où trois municipalités sont passées en alerte rouge ce matin, des milliers de chasseurs de l'extérieur sont attendus.

Des chasseurs.

De nombreux chasseurs se déplaceront des zones rouges vers les zones orange ou jaunes, dans les prochains jours.

Photo : Getty Images / shaunl

« Je suis très inquiet de la façon dont se déroule la chasse, dans le contexte de pandémie actuelle », confie le directeur de la santé publique Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, le Dr Yv Bonnier-Viger, « parce que si les gens ne prennent pas garde, ça va être un endroit de transmission importante du virus ».

Alors que les sports et les activités culturelles sont suspendus en zone rouge, 25 000 chasseurs s'apprêtent à prendre le chemin des forêts de la Gaspésie pour la chasse à l'orignal à la carabine, à partir du 17 octobre.

De nombreux déplacements entre zones rouges et orange sont à prévoir, puisque jusqu'à 10 000 chasseurs proviendront de l'extérieur de la Gaspésie.

On a envoyé le message, si possible, de reporter les voyages de chasse à une autre année. Mais on sait bien que c’est un vœu pieux.

Dr Yv Bonnier-Viger, directeur de santé publique Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

En Gaspésie, on signale déjà au moins deux éclosions liées à des rassemblements entre chasseurs et la santé publique s'attend à une recrudescence des cas à partir de la mi-octobre.

La région est déjà touchée par une importante transmission communautaire dans trois municipalités de la Baie-des-Chaleurs. Maria, Nouvelle et Carleton-sur-Mer sont officiellement passées en zone rouge mardi.

D'autres régions inquiètes

Encore en zone jaune, la santé publique de la Côte-Nord est également préoccupée par l'arrivée massive de chasseurs.« Il y a un risque de transmission », reconnaissait le CISSS local.

La semaine dernière, le médecin-conseil régional Richard Fachehoun invitait les chasseurs à appliquer la distanciation sociale et le port de masque lors de leur activité.

En Abitibi-Témiscamingue, la santé publique locale appelle aussi les chasseurs à la prudence, demandant de limiter le nombre de personnes dans le même camp de chasse pour ne pas y inviter la COVID-19 et de porter le couvre-visage avec les personnes qui n’habitent pas le même domicile.

Pourquoi ne pas interdire la chasse?

Une tête d'orignal sur une glacière dans une voiture.

Chaque année, en Gaspésie, les chasseurs soulignent la fermeture de la chasse avec un défilé dans les rues de Gaspé et de Rivière-au-Renard.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Les chasseurs sont très attachés à leur sport, rappelle le directeur de santé publique de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine pour justifier les difficultés à encadrer la pratique en ces temps de pandémie.

Ça n'aurait pas été raisonnable de l’interdire, parce que je ne pense pas que les gens sont prêts à ça.

Dr Yv Bonnier-Viger, directeur de santé publique Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

La taille du territoire de chasse rend difficile à contrôler l'application d'éventuelles mesures d'interdiction. Ça ne sert à rien de proposer des choses qu’on ne peut pas réaliser, dit le Dr Bonnier-Viger.

Il mentionne que l'éventualité d'interdire la chasse a été envisagée et discutée en haut lieu, mais non retenue. Il n’y a personne autour de la table qui avait d’idée brillante pour réaliser ça.

Les chasseurs invités à changer leurs comportements

Un camp de chasse en forêt l'automne.

Un camp de chasse en forêt l'automne.

Photo : Radio-Canada

Puisque la chasse n'est pas interdite comme à peu près toutes les autres activités, la santé publique exhorte les chasseurs à faire preuve de responsabilité.

On envoie le message de respecter une chasse différente cette année, dit le Dr Bonnier-Viger. Au lieu de profiter de la chasse comme une occasion de festoyer, ils devraient la voir comme un moment de repos plus individuel, qui risque moins de favoriser la transmission du virus.

Quelques règles à respecter pour les chasseurs, selon la santé publique :

  • Chasser dans sa propre région, si c'est possible
  • Faire son épicerie en zone rouge avant de se rendre en zone jaune ou orange
  • Ne pas se rassembler, se tenir à bonne distance les uns des autres
  • S’assurer d'apporter des tentes ou des roulottes pour ne pas dormir ensemble quand on n’est pas de la même famille
  • Ne pas faire du covoiturage avec des membres d'une autre bulle familiale
  • Ne pas partir à la chasse si on a des symptômes
  • Ne pas partager la vaisselle, les outils, etc.

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