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Au N.-B. et en N.-É., près d'un cas de COVID-19 sur cinq est un travailleur de la santé

Des infirmières et infirmiers qui joignent leurs mains.

Un rapport la FCSII affirme que le Canada ne s’est pas préparé adéquatement et n’a pas répondu impérativement à la plus grave urgence en matière de santé publique en un siècle.

Photo : iStock

Radio-Canada

Dans un rapport de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers (FCSII) publié lundi, on apprend que les travailleurs de la santé du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse sont ceux qui ont été proportionnellement le plus infectés par le SRAS-CoV-2 au Canada, après l’Ontario et le Québec.

Le calcul est effectué par rapport à la proportion totale des cas de COVID-19 dans chacune des provinces.

Au Nouveau-Brunswick, 18 % des personnes ayant contracté la COVID-19 sont des travailleurs de la santé. Ce taux est de 17 % en Nouvelle-Écosse. La moyenne nationale est quant à elle d’environ 20 %.

Au total, on dénombre 21 000 professionnels de la santé qui ont attrapé la COVID-19 au Canada.

Le rapport affirme que le Canada ne s’est pas préparé adéquatement et n’a pas répondu impérativement à la plus grave urgence en matière de santé publique en un siècle.

Le masque N95

Selon le rapport, l’accès au masque N95 aurait pu avoir une incidence sur le nombre de travailleurs médicaux infectés par le nouveau coronavirus.

Le FCSII affirme que les employés de la santé n’ont pas eu accès à cet équipement de protection.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, met souvent de l’avant la performance de la province dans sa lutte contre la COVID-19.

En date de lundi, 203 cas de COVID-19 ont été recensés au Nouveau-Brunswick depuis le début de la pandémie.

Le chef progressiste-conservateur a d’ailleurs mené sa campagne électorale en mettant en valeur sa gestion de la pandémie.

Blaine Higgs descend d'un autobus.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs (archive)

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Mais, selon la FCSII, il n’y a vraiment pas de quoi se vanter.

La FCSII condamne dans son rapport l’attitude du Réseau de santé Vitalité, accusé d’avoir réduit au silence son personnel soignant.

Le rapport cite en exemple une médecin qui aurait été muselée par Vitalité après avoir dénoncé le manque d’équipement de protection à l’Hôpital régional de Campbellton, ainsi que le cas d’une infirmière de Moncton qui s’est vu refuser le masque N95 et qui a contracté la COVID-19.

Je ne souhaiterais pas cela à mon pire ennemi, avait alors dit l'infirmière Elisabeth French pour décrire ses symptômes lors de l’infection.

Elisabeth espère que le gouvernement pourra tirer les leçons de ses erreurs et à l’avenir fournir un équipement adéquat à tous les travailleurs de première ligne, peut-on lire dans le rapport.

Un masque N95.

Les syndicats demandent de prendre acte du rapport et de ses 50 recommandations, notamment celle sur les masques N95.

Photo : Radio-Canada

La présidente de la FCSII, Linda Silas, indique que dès le début de la pandémie, plusieurs syndicats ont exprimé leurs craintes à l’Agence de la santé publique du Canada, mais en vain. Et maintenant [...] On est l’un des pays les plus pires pour l’infection des travailleurs et travailleuses de la santé, dit-elle.

Notre première vague du virus, et notre succès à limiter sa propagation, nous ont montré des vulnérabilités potentielles [dans le système de santé] et nous allons continuer à travailler avec nos secteurs des soins de santé et de soins de longue durée pour maximiser de meilleurs résultats [...] pour nous assurer que tout est en place pour protéger nos travailleurs en ces temps difficiles, a déclaré Dorothy Shephard, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick.

Dorothy Shepherd le 5 mars 2020.

Dorothy Shepherd, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

Alors qu’une deuxième vague de COVID-19 frappe le Québec et l’Ontario, les syndicats demandent de prendre acte du rapport et de ses 50 recommandations.

Notamment pour que les employés de la santé puissent être équipés de ces masques N95, et que les stocks de cet équipement de protection soient suffisants.

Menace d’une pénurie de main-d’œuvre

Ce qui préoccupe aussi la FCSII, c’est le nombre d’infirmières qui ont démissionné depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Il semblerait que la pandémie ait accéléré la pénurie de main-d’œuvre au pays.

Ce phénomène est préoccupant pour le Nouveau-Brunswick, qui connaissait déjà une pénurie de personnel infirmier en raison entre autres d'une population vieillissante.

Le Québec nous disait que juste dans le dernier mois, 200 infirmières ont donné leur congé à leurs employeurs parce qu’elles n’en pouvaient plus, affirme Linda Silas.

La présidente constate aussi que le système médical a perdu des centaines d’infirmières lors de la première vague de COVID-19.

Si on fait la même chose avec la vague deux ou la vague trois et autres, on va avoir un système de santé qui va être fermé, parce qu’on n’aura pas assez de personnel pour s’occuper d’eux, craint-elle.

Une infirmière manipulant son téléphone portable.

Au Nouveau-Brunswick, 11 demandes sur 12 de ne pas travailler ont été refusées, selon le rapport de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers.

Photo : iStock

Le rapport reprend aussi une citation de Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau‑Brunswick, qui avait indiqué au début de la pandémie que les infirmiers et infirmières ne devaient pas être imprudents et qu'ils devaient faire des choix éclairés sur leur propre exposition aux risques.

Nous sommes la voix des leaders dans le domaine des soins de santé, avait-elle dit. Nous devons être bien informés, et afin d’aider chacun à contribuer à ralentir la propagation de la COVID-19.

Le rapport recommande d'ailleurs que les agences de santé prennent acte des inquiétudes des professionnels de la santé.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

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