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Transport scolaire : le manque de chauffeurs, une réalité « pour le reste de l'année »

Devant d'un autobus scolaire lors d'une belle journée d'été.

Le manque de chauffeurs est source de frustrations pour certains parents.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

La pénurie de chauffeurs d’autobus qui perturbe le transport des élèves depuis le début de l’année scolaire pourrait durer encore quelque temps, ce qui inquiète des parents nord-ontariens.

Dès la rentrée, Lynn Kohls, qui habite dans le Grand Sudbury, a dû trouver une alternative au transport scolaire pour sa fille, élève au secondaire. La ligne d’autobus qu'utilise cette dernière a été annulée toutes les deux semaines. 

C’est [une situation] difficile, indique-t-elle, expliquant qu’elle ne peut elle-même conduire sa fille à l’école que si son quart de travail débute en fin de journée. 

J’ai demandé à ma famille et mes amis de m’aider en cas de besoin et quelques-uns ont accepté (...), mais j’espère que tout sera réglé en hiver. Ce sera difficile de conduire sur les routes en hiver, note-t-elle. 

J’ai vu beaucoup de personnes frustrées.

Lynn Kohls, résidente du Grand Sudbury

Le problème à l’origine des annulations répétitives de lignes d’autobus scolaires dans la région du Grand Sudbury est la pénurie de chauffeurs d’autobus. Le Consortium de services aux élèves de Sudbury — qui a annulé 11 lignes cette semaine — dit travailler de concert avec les compagnies d’autobus pour recruter des chauffeurs le plus rapidement possible. 

Sa directrice générale, Renée Boucher, souligne d’ailleurs que le nombre de lignes annulées a progressivement baissé depuis septembre, preuve que les efforts de recrutement portent leurs fruits, selon elle. Elle précise que le recrutement de nouveaux chauffeurs d’autobus est un très long processus qui peut prendre de trois à six semaines, parce qu’à part la formation offerte par l’employeur, les candidats doivent notamment subir un examen médical et une vérification d'antécédents judiciaires. 

J’espère que d’ici le mois de novembre, tout va être réglé. Je l’espère. Mais tous les jours, il y a des [chauffeurs] qui sont malades. Si on commence à avoir plus de cas de COVID-19 dans notre communauté, je m’imagine que tous les jours, on va avoir de plus en plus de personnes qui ne pourront pas conduire, affirme Mme Boucher. 

Je crois que c’est quand même un problème qui va continuer, un problème [quotidien], où il va y avoir des retards, où les parents vont devoir attendre 30 minutes ou 45 minutes pour avoir un autobus scolaire. C’est une réalité qu’on va avoir, je crois, pour le reste de l’année.

Renée Boucher, directrice générale du Consortium de services aux élèves de Sudbury
Renée Boucher, Directrice générale, Consortium de services aux élèves de Sudbury est de passage dans nos studios

Renée Boucher est directrice générale du Consortium de services aux élèves de Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Louis Garon

Ailleurs dans le Nord-Est ontarien également, la pénurie de chauffeurs d’autobus se fait toujours sentir. Le consortium North East Tri-Board Student Transportation a perdu 30 % de ses chauffeurs l’an dernier, réticents à revenir cette année en raison de leur vulnérabilité à une infection à la COVID-19. 

Au lieu d’annuler régulièrement des lignes d’autobus, le consortium a choisi de modifier les trajets des autobus afin de desservir tous les élèves. Le responsable de la division du transport du scolaire au consortium, Ryan Hartling, indique lui aussi espérer un peu plus de normalité en ce qui a trait à la disponibilité des lignes d’autobus et des chauffeurs pour atteindre la capacité d’avant [la crise sanitaire]. Il dit ne pas savoir quand cet objectif pourra toutefois être atteint. 

Les compagnies [d’autobus] recrutent activement [...]. On essaie de voir comment on peut recruter de nouveaux chauffeurs, peut-être améliorer les conditions d’emploi un petit peu.

Des chauffeurs revendiquent un meilleur salaire

De meilleures conditions d’emploi, c’est ce que revendique justement la soixantaine de chauffeurs de l’entreprise Alouette Bus Lines à Nipissing Ouest.

Ils exigent de leur employeur un traitement salarial équivalent à celui de leurs homologues de Sudbury au service de l’entreprise Northway et aussi à être payés pour le temps qu’ils passent à désinfecter les autobus. 

Jusqu'à lundi soir, les chauffeurs menaçaient d'entamer une grève tournante jeudi. Selon une représentante du groupe, la compagne leur a toutefois présenté une nouvelle offre mardi matin. Même s'ils la jugent insatisfaisante, les chauffeurs ont finalement décidé de ne pas faire la grève pour l'instant, le temps d'évaluer leurs autres options.

Un groupe de personnes portant un masque.

Les chauffeurs d'Alouette Bus Lines comptent entamer une grève tournante dès jeudi si leur employeur ne répond pas à leurs demandes.

Photo : Shauna Harper

Déçue de cette pétition

Dans une déclaration envoyée à Radio-Canada mardi en début de soirée, le vice-président régional d’Alouette Bus Lines Greg Stock indique que même si l’entreprise a été déçue d’apprendre l’existence de la pétition [initiée par les chauffeurs], elle respecte le droit de tout un chacun de s’exprimer, et [...] nous voulons aussi comprendre leurs inquiétudes.

Nous restons déterminés à travailler directement avec ces employés pour atteindre une solution juste équitable pour toutes les parties.

Greg Stock, vice-président régional d’Alouette Bus Lines

La situation continue toutefois de préoccuper Line Bigras, qui habite à Cache Bay. Son fils, élève au primaire, devrait rester à la maison en cas de grève des chauffeurs. 

On est propriétaire d’une entreprise. Le matin, je suis pas mal occupée, je dois mettre ma plus petite sur son iPad pour qu’elle puisse suivre ses cours, ensuite je dois me rendre au bureau, donc je n’ai pas le temps de conduire mon enfant le matin et le [récupérer] à 15 h. Ce serait impossible, on est tellement occupé, explique-t-elle. 

Il y a des parents qui n’ont pas le choix d’aller au travail et qui n’ont pas de gardienne. Donc ça va être dur si l’autobus ne passe pas le matin ainsi que le soir.

Line Bigras, résidente de Cache Bay

Elle dit tout de même soutenir les revendications des chauffeurs.

Ils sont responsables de plusieurs enfants et nos enfants sont entre leurs mains. Je suis certaine que ce n’est pas facile d’être le conducteur, parce qu’il faut que t’essaies de garder tes yeux sur la route et expliquer aux enfants : "Garde ton masque, reste assis, ne partage pas ça". Je ne les blâme pas.

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