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Hausse de la consommation de drogues observée avec la pandémie

Une poudre violette déborde d’un sachet d'héroïne entrouvert.

Vendue notamment sous les noms de « Purple » ou de « Purp », cette variante de l’héroïne est coupée au fentanyl et peut s’avérer mortelle. (archives)

Photo : Service policier de Timmins

Crystal meth, héroïne, purple… En Abitibi-Témiscamingue comme dans le reste du Québec, les habitudes de consommation de drogues dures semblent avoir évolué depuis le début de la crise sanitaire, selon les observations des travailleurs de rue.

La semaine dernière, la Sûreté du Québec a effectué à Amos une saisie d’importantes quantités de drogues. Le travailleur de rue responsable des surdoses d’opioïdes et de la prévention à Amos pour le Mouvement de la relève Amos-Région (MRAR), Raphaël Connelly, note que, selon ses collègues et lui, cette saisie est une des preuves de la présence de substances auparavant plutôt rares dans le secteur.

Pendant la pandémie, ça a été dur moralement, il y a eu l’apparition de certaines drogues comme le purple puis le crystal meth, qui étaient beaucoup plus rares avant, qui n’étaient pas des drogues installées ici, rapporte-t-il. Ce n’est pas des drogues qu’on voyait au cours de la dernière année ou des années précédentes.

Le secret, si on devait en retenir un, c’est de ne pas consommer seul, parce même si on a une trousse de naloxone, si on a consommé tout seul, ça se peut qu’on n’ait pas le temps de faire quelque chose.

Une citation de :Daniel Boisvert, chef des services en santé mentale et dépendance pour la MRC d’Abitibi et répondant régional pour le CISSS-AT

La fermeture des frontières a rendu certaines drogues moins accessibles, et les fournisseurs ont dû se tourner vers d’autres substances. Francis Brouillette, travailleur de rue à Ville-Marie, souligne que, souvent, les consommateurs ignorent le véritable contenu de ce qu’ils achètent.

C’est un peu n’importe quoi qu’ils consomment. C’était plus dur de s’en procurer parce que les frontières étaient fermées. Admettons, la cocaïne, il [le fournisseur] peut la recouper, la recouper, la recouper, ce qui fait qu’à un moment donné, il n’y a plus grand-chose de cocaïne dedans, explique-t-il.

La Prestation canadienne d’urgence (PCU) a aussi contribué à une hausse de la consommation puisque les revenus de plusieurs personnes ont augmenté depuis le mois de mars, ont observé les travailleurs de rue. La méthode de travail a d’ailleurs changé, comme l’indique Jean-François Legault, travailleur de milieu à Val-d’Or.

Des fois, on ne rentre pas nécessairement dans l’appartement, il faut rester à l’extérieur, on donne du matériel à distance. C’est sûr que le comportement humain a un petit peu changé au niveau de la relation d’être avec les personnes. Et ce n'est pas tout le monde qui aime ça voir du monde arriver chez eux avec des masques et des gants, dit-il.

Comment se protéger

On conseille de ne jamais consommer de drogue seul afin d’avoir accès à de l’aide en cas de surdose ou de malaise. Du plus, Jean-François Legault rappelle de se procurer du naloxone quand on doute de ce que l’on consomme, parce que c‘est gratuit et on peut sauver des vies avec ça. On peut se procurer du naloxone gratuitement auprès des travailleurs de rue ou dans les pharmacies.

Une boîte de Narcan est posée sur un comptoir.

Le naloxone, souvent vendu sous le nom NARCAN, vient contrer les effets des opiacées pendant une courte durée. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Le chef des services en santé mentale et dépendance pour la MRC d'Abitibi et répondant régional pour le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, Daniel Boisvert, insiste de ne jamais prendre pour acquis que deux doses auront le même effet, même si elles proviennent de la même commande ou du même sac, par exemple.

Juste pour vous dire, le speed, ça se fait mélanger dans les mélangeurs à ciment et les produits qui le composent sont mis dedans à la pelletée, on n'est pas au microgramme près du tout. Ce qui fait qu’on peut avoir, dans le même mélange, certaines pilules qui vont être très fortes, d’autres qui vont être moins fortes, conclut-il.

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