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Des jours difficiles pour l’industrie hôtelière en Abitibi-Témiscamingue

La façade du Noranda Hôtel et Spa.

Le Noranda Hôtel et Spa vit des moments difficiles, comme tous les complexes hôteliers.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Les prochains mois s’annoncent difficiles pour les établissements hôteliers de l’Abitibi-Témiscamingue. Après avoir été durement touchés par le confinement du printemps dernier, la deuxième vague de COVID-19 laisse maintenant entrevoir des jours sombres, après une légère reprise des activités durant l’été.

Lors des mois d’avril et mai derniers, les taux d’occupation des différents établissements de la région se situaient entre 5 et 10 %. Selon Frédéric Arsenault, directeur général et copropriétaire du Noranda Hôtel & Spa, c’était pratiquement comme si son établissement était fermé.

Il n’y avait aucune activité au Centre de Congrès, le restaurant était fermé. L’hébergement demeurait ouvert pour offrir un soutien au CISSS notamment, en hébergeant des travailleurs du domaine de la santé, mais les volumes étaient excessivement bas. On parle de 5 à 6 nuitées par jour environ, indique M. Arsenault.

Du côté de l’hôtel Forestel, à Val-d’Or, le directeur général, Robert Larivière, abonde dans le même sens.

Le printemps dernier, disons que ça a été tout un choc. Au mois d’avril, on a vendu 100 chambres. Habituellement, on en vend à peu près 1800, affirme-t-il.

L'Hôtel Villa Mon Repos de La Sarre

L'Hôtel Villa Mon Repos de La Sarre (archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Rivest

Afin de poursuivre leurs activités dans ces conditions, les hôteliers de la région ont dû mettre en place plusieurs mesures. Tous s’entendent pour dire que le plus difficile a été de mettre à pied la grande majorité de leurs employés. Le propriétaire de l’hôtel Villa Mon Repos, à La Sarre, a dû remercier 55 de ses 70 employés. Au Noranda Hôtel & Spa, la mise à pied a touché 85 % du personnel. Ce chiffre atteint 95 % pour les employés de l’hôtel Forestel, à la fin mars.

Le plus difficile dans ça, c’est l’aspect humain, qui a été terrible.

Une citation de :Robert Larivière, directeur général du Forestel

Si la situation a frappé de plein fouet le secteur hôtelier, les propriétaires d’établissements possédant aussi un restaurant ont été doublement touchés. C’est le cas de Jean-Pierre Frigon, propriétaire du complexe hôtelier Amosphère.

On l’a vécu dur. Les hôteliers qui ont des restaurants comme moi, on l’a vécu doublement dur, parce que les restaurants ont fermé un bout de temps. Et là même en opération, avec les contraintes de toutes sortes, on n’est même pas capable de rentabiliser les activités actuelles de restauration, parce que malheureusement, les dépenses sont plus fortes que les revenus, constate-t-il.

Une légère reprise estivale

Au cours des derniers mois, une légère reprise a été constatée en ce qui concerne le nombre de réservations dans les hôtels. Quelques touristes se sont remis à se déplacer, mais ce sont les entreprises qui ont eu le plus grand apport. C’est le cas de certaines minières, qui ont procédé à des arrêts généraux, opérations nécessitant la venue de plusieurs travailleurs étrangers dans la région. Pour plusieurs propriétaires, cette situation a donné un bon coup de départ à la saison estivale.

En ce qui concerne les taux d’occupation, ils se sont maintenus autour de 30 % durant les mois de juillet et août. Selon Jean-Pierre Frigon, les gens ont recommencé à avoir envie de se déplacer, mais ciblaient d’abord et avant tout des options en plein air afin de passer la nuit.

Cet été, on n’a pas eu de vrais touristes. On en a eu quelques-uns, mais c’était marginal. Les gens qui sont venus en Abitibi sont peut-être venus en camping, en forêt ou sur le bord d’un lac. Mais en hôtellerie, la crainte d’attraper le coronavirus était encore là, soutient M. Frigon.

L’annulation des mariages, festivals et événements en tout genre fait également partie des facteurs ayant ralenti la reprise estivale. Selon Robert Larivière, la fermeture de son centre de congrès a amorcé un effet domino.

Toutes nos activités ont été annulées à partir du 1er avril. Les mariages, événements et tout ça. On parle environ d’une trentaine d’activités qui ont une importance pour le Forestel. Ça maintient des emplois, ça maintient également les opérations pour la restauration. Fermer le centre de congrès, ça a eu comme conséquence de perdre des effectifs en restauration et en hôtellerie, affirme-t-il.

Des mois difficiles à venir

Avec l’entrée du Québec dans la deuxième vague de la COVID-19 et la majorité de la population québécoise se trouvant en zone rouge, les perspectives s’annoncent peu encourageantes pour les mois à venir.

Le copropriétaire du Noranda Hôtel et Spa explique que les annulations ont été beaucoup plus nombreuses que les réservations, en vue de cet automne.

Il y a eu un gros impact sur les réservations. On a eu très peu de demandes, que ce soit pour des tournois de hockey ou événements pour les prochains mois. On a eu beaucoup d’annulations en ce qui concerne les partys de Noël. La majorité des partys des grandes entreprises, je pense notamment aux minières, et aux grosses industries, on parle de partys de Noël de 400 à 600 personnes. Ça a tout été annulé. Ça, ça va nous faire très mal, estime M. Arsenault.

Pour Jean-Pierre Frigon, les plus récentes mesures annoncées par le gouvernement n’augurent rien de bon.

C’est sûr qu’on va retourner au banc des punitions un bout de temps. On parle déjà de 28 jours d’arrêt. Un mois complet, ça a un impact grave, ça va être difficile, pas juste pour l’Abitibi, croit M. Frigon.

L’hôtellerie va être difficile, pas juste pour les prochains mois, pour les prochains un ou deux ans, je crois.

Une citation de :Jean-Pierre Frigon, propriétaire du complexe Amosphère

Selon les propriétaires d’établissements hôteliers interrogés, la subvention salariale a permis à de nombreuses entreprises de survivre à la première vague de COVID-19. Pour Frédéric Arsenault, la survie de plusieurs établissements passe par un prolongement de cette aide gouvernementale pour la prochaine année.

On ne sait pas trop ce qui nous attend. On sait que certaines mesures ont été prolongées, je pense notamment à la subvention salariale, qui a été un peu notre bouée de sauvetage depuis le début de la pandémie. Ils ont dit qu’ils la prolongeraient jusqu’en juin, ce qui est en soi une bonne nouvelle, mais on n’a aucune idée des conditions d’admissibilité ou des pourcentages de subvention. C’est ce qui va faire la différence entre fonctionner à perte et réussir à garder la tête hors de l’eau. Probablement que pour certaines entreprises, ça va faire la différence entre la survie de l’entreprise et la fin des activités, résume-t-il.

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