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Décès d'une cliente du bar Kirouac : « C'est dur à accepter »

Photo de Lucille Munro, une femme aux cheveux gris courts, qui prend la pose en regardant l'objectif.

Lucille Munro, une cliente du bar Kirouac, a succombé au virus dimanche à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus.

Photo : Lise Breton

Guylaine Bussière

La soirée karaoké au bar Kirouac, à Québec, qui a entraîné plus de 80 cas de COVID-19, a fait au moins un mort. Lucille Munro, 72 ans, était une habituée de l'établissement.

Elle a contracté le virus le 23 août dernier et elle a succombé à la maladie dimanche à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus.

Sa sœur, Mayvis Munro, a confirmé son décès après exactement un mois d'hospitalisation. Selon cette dernière, Lucille a été terrassée par le virus, qui s'est attaqué à ses deux poumons.

Mayvis Munro assure ne pas en vouloir au propriétaire du bar Kirouac, Lucien Simard. Une vraie famille. Tout le monde se connaissait, affirme la femme de 78 ans.

Son ami de coeur « plus que seul »

L'ami de coeur de Lucille Munro, Yvon Desjardins, se retrouve aujourd'hui « plus que seul ». Il n'a jamais pu revoir son amoureuse depuis cette soirée fatidique. Le virus était présent dans l'établissement et Lucille, comme des dizaines de clients, a été contaminée sur place.

Ce soir-là, [Lucille] a chanté une chanson en anglais. Tout le monde avait l'air correct, tout le monde portait son masque. On suivait les consignes , souligne M. Desjardins.

Ce n'est pas la faute du patron, c'est un [virus] invisible. On s'est fait prendre par surprise. On ne l'a pas vu venir.

Une citation de :Yvon Desjardins, ami de coeur de Lucille Munro
Yvon Desjardins, masqué, en entrevue à l'extérieur dans le quartier Saint-Sauveur.

Comme M. Desjardins et sa soeur, Mayvis Munro était elle aussi habituée du bar. Toutefois, elle n’est pas retournée sur place depuis mars en raison de sa santé fragile.

Lucille a aussi respecté les consignes pendant une bonne partie de l'été, soutient Mayvis Munro. Mais le soir du 23 août, souffrant d'ennui, elle a décidé de se rendre au Kirouac pour chanter et rencontrer ses amis. Elle voulait faire un tour et ne voulait pas rester longtemps, précise sa soeur.

La façade du bar Kirouac.

Des dizaines de cas sont associés à une soirée karaoké au bar Kirouac, à Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Son état, explique Mayvis, s'est détérioré dans les jours suivants la soirée du 23 août : toux, pneumonie et, finalement, au bout de 5 jours, un test de COVID-19 s'est avéré positif.

Lucille a d'abord été hospitalisée à l'Hôpital du Saint-Sacrement, près de chez elle, en Haute-Ville, puis rapidement elle a été transférée à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, où elle a été plongée dans un coma artificiel.

Elle est sortie deux fois du coma, elle a pris des repas puis elle a pogné une sorte de microbe qui l'a replongée, explique l'ami de coeur de la défunte, Yvon Desjardins.

Elle était toujours joyeuse, toujours de bonne humeur, ajoute André Roy, un ami de Lucille Munro. On était toujours ensemble à faire des folies. C'est dur à accepter.

Il s'agirait ainsi d'un autre décès lié à la soirée karaoké au Kirouac. Le 21 septembre dernier, le Journal de Québec signalait un mort.

Funérailles intimes

Mayvis Munro a pu voir sa sœur Lucille quelques heures avant son décès. Elle était transformée, enflée, branchée de partout, explique-t-elle avec émotion.

La famille de Lucille prépare ses funérailles pour le mois de novembre. C'est la résidence funéraire Réjean Hamel du secteur de Saint-Émile qui sera chargée des obsèques. Une liturgie de la parole sera prononcée en sa mémoire, mais seules 25 personnes pourront être présentes.

Avec 17 membres de la famille, il reste peu de place pour les amis du Kirouac, mais il y aura une chanteuse que Lucille appréciait pour souligner son grand départ, fait savoir sa soeur aînée.

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