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L'appli Alerte COVID fonctionnelle au Québec

Le gouvernement Legault vante une technologie « fiable » et « sécuritaire ».

François Legault tenant un téléphone dans sa main gauche lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre Francois Legault invite les Québécois à télécharger « tout de suite » l'application mobile Alerte COVID.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les Québécois peuvent maintenant utiliser l'application de suivi de contacts conçue par Ottawa en réponse à la pandémie de COVID-19.

L'application mobile Alerte COVID est entrée en fonction dans la Belle Province lundi.

En conférence de presse à Montréal, le premier ministre François Legault a lui-même téléchargé l'application, assurant que celle-ci était facile d'utilisation, anonyme, fiable et sécuritaire. Si je suis capable, beaucoup de monde sont capables, a-t-il déclaré.

Accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé, du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale Éric Caire et du directeur national de santé publique Horacio Arruda, le premier ministre Legault a demandé aux Québécois de télécharger l'application en grand nombre afin de ralentir la transmission.

Plus il y a de Québécois qui s’inscrivent, plus c’est efficace.

François Legault, premier ministre du Québec

Il a également interpellé directement deux vedettes québécoises, Marie-Mai et Julie Snyder, afin qu'elles convainquent aussi les Québécois de télécharger l'application mobile parce que la situation est devenue « très critique ».

Les autorités de santé publique ont rapporté lundi une hausse de 1191 cas, de même que 6 nouveaux décès, pour un total de 5884 morts depuis le début de la pandémie.

La technologie en fonction dans six provinces

La semaine dernière, le ministre Dubé avait déjà indiqué que le Québec s'apprêtait à donner son feu vert à l'application Alerte COVID, développée par Santé Canada.

Le gouvernement Legault avait, jusque-là, préféré s'abstenir, s'inquiétant des possibles atteintes à la vie privée des utilisateurs. Il a changé d'avis dans les dernières semaines.

Tous les Canadiens peuvent télécharger l'application Alerte COVID, mais le système n'est en vigueur que dans 6 des 10 provinces à l'heure actuelle, soit l'Ontario, le Manitoba (depuis jeudi dernier), la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador.

Quant à la Colombie-Britannique, à l'Alberta, à la Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard, ces provinces seraient aussi sur le point d'adopter l'application, qui ne sera réellement utile que lorsque la majorité des Canadiens l'auront adoptée.

Pour l'instant, l'application a été téléchargée plus de 3,3 millions de fois, selon le Service numérique canadien. Ce chiffre devrait continuer de grimper, puisque 76 % des Québécois – soit environ six millions de personnes – possèdent un appareil intelligent, a souligné le gouvernement Legault lundi.

Comment ça marche?

Disponible dans l'App Store et Google Play, l'application Alerte COVID est gratuite et facultative.

Selon les explications du gouvernement canadien (Nouvelle fenêtre), elle envoie une notification lorsqu'elle apprend que son utilisateur a possiblement été en contact avec une personne infectée par la COVID-19 pendant plus de 15 minutes, à moins de deux mètres de distance, au cours des 14 derniers jours.

Elle n'utilise pas la géolocalisation. C'est grâce au Bluetooth que les appareils communiquent entre eux. Détail important, seuls les téléphones construits au cours des cinq dernières années sont compatibles avec le système.

Le processus demeure entièrement confidentiel, assure Ottawa, qui précise que l'appli n'a pas accès au nom, à l'adresse, aux contacts, à l'emplacement ou aux renseignements médicaux des utilisateurs. Il a d'ailleurs reçu l'aval du commissaire à la protection de la vie privée du Canada.

Éric Caire en conférence de presse

« Cette application-là n’utilise pas d’informations ou de renseignements personnels », a certifié le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, qui a souligné que la technologie avait été testée par l'entreprise BlackBerry, le gouvernement de l'Ontario, le gouvernement fédéral ainsi que le Centre gouvernemental de cyberdéfense du Québec. « On dit souvent que le risque zéro n'existe pas, mais s'il existait, cette application-là est probablement ce qui s'en rapproche le plus. »

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Il importe toutefois, pour que la technologie soit utile, que la personne malade fasse connaître cette information une fois son diagnostic reçu en entrant dans l'application une clé à usage unique fournie par son autorité sanitaire. À ce jour, seules 800 personnes ont signalé un diagnostic positif sur Alerte COVID.

Les notifications de contact avec une personne infectée sont accompagnées d'une explication sur les gestes à poser pour interrompre la chaîne de contamination (dépistage, isolement, etc.).

Le premier ministre Legault en conférence de presse

Le premier ministre Legault assure que l'application Alerte COVID est facile d'utilisation, anonyme, fiable et sécuritaire. « Ni la santé publique, ni le gouvernement, ni vos contacts ne vont pouvoir savoir où vous êtes ou qui vous avez rencontré », a-t-il promis.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Si vous êtes testés positifs, vous appelez au centre d'appel, ils vont vous donner un code, vous rentrez le code dans l'application, et toutes les personnes qui ont été à moins de deux mètres de vous au cours des deux dernières semaines sont notifiées, donc c'est une façon de leur dire : "Allez vous faire tester", a résumé le premier ministre Legault lundi.

Ce dernier a toutefois pris soin de rappeler que l'application Alerte COVID n'était qu'un outil additionnel dans la trousse des autorités pour freiner la progression de la COVID-19 et qu'elle n'avait pas été conçue pour remplacer le traçage « manuel » de la santé publique.

François Legault a aussi dû se défendre d'avoir trop tardé à mettre en place de nouveaux contrôles pour limiter les effets de la deuxième vague. L'application Alerte Covid est disponible en Ontario depuis déjà deux mois, et le port du masque en classe, annoncé lundi au Québec, y est en vigueur depuis la rentrée.

Une idée fixe pour Justin Trudeau

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Trudeau avait lui aussi présenté Alerte COVID comme un moyen efficace pour ralentir les infections causées par le nouveau coronavirus.

Il s'était également réjoui de voir le Québec s'apprêter à faire comme les autres provinces ayant déjà mis en œuvre la technologie fédérale sur leur territoire.

Depuis des semaines, M. Trudeau utilise chacune de ses sorties publiques pour encourager les Canadiens à télécharger l'application Alerte COVID. Il s'attendait à ce que le premier ministre Legault annonce l'adhésion du Québec avant la fin de la journée.

Ottawa faisait pression depuis un moment sur le gouvernement de la CAQ afin qu’il prenne part au système. La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, avait notamment cosigné une lettre ouverte dans La Presse, le mois dernier, pour inviter le gouvernement du Québec à s'y joindre.

Je ne la comprends pas, celle-là

Interviewé sur le sujet par Annie Desrochers à la barre de l'émission Le 15-18, sur ICI Première, le chef de la cybersécurité pour VYGL, Jean-Philippe Décarie-Mathieu, émet de sérieuses réserves sur l'adhésion du Québec à l'appli Alerte COVID.

Bien qu'il soit vrai qu'elle n'utilise pas les renseignements nominatifs de ses utilisateurs, l'application mobile emploie un système Bluetooth à faible consommation, a-t-il expliqué, dont la portée est d'environ... deux mètres. C'est directement dans la marge d'erreur, observe-t-il.

M. Décarie-Mathieu souligne en outre que les applications de suivi des contacts développées dans le monde n'ont pas fait leurs preuves, que les gouvernements s'en détournent de plus en plus et que, de toute façon, elles sont assez peu utilisées, sauf peut-être dans certains pays asiatiques.

Ces observations, a-t-il rappelé, ont toutes été transmises aux députés de l'Assemblée nationale, cet été, en commission parlementaire. Et là, on fait un vire-capot, déplore-t-il. Moi, je ne la comprends pas, celle-là.

Sans compter que l'installation massive d'une application gouvernementale sur les appareils mobiles des Québécois lui apparaît comme une boîte de Pandore.

C'est un pas de plus vers une société de surveillance absolue, selon lui. Oui, on a tous des téléphones cellulaires intelligents qui nous trackent [sic], mais ça ne veut pas dire que c'est une bonne chose d'en rajouter une couche de plus.

Avec les informations de La Presse canadienne

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