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Vol PS752 : les familles de victimes réclament justice

Plusieurs personnes vêtues de noir tiennent des écriteaux demandant la vérité autour de l'écrasement du vol PS752.

Des rassemblements simultanés se sont tenus à Toronto (à l'image), Ottawa, Montréal, Winnipeg, Edmonton, Vancouver, Washington, Londres et Francfort.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Neuf rassemblements à travers l’Amérique du Nord et l’Europe, dont six au Canada, se sont tenus lundi pour demander la divulgation « immédiate » des éléments d’enquête autour de l’écrasement du vol PS752 à Téhéran, en Iran, le 8 janvier dernier.

L’Association des familles de victimes du vol PS752, organisatrice des rassemblements, demande que la lumière soit faite sur les circonstances de la tragédie qui a causé la mort de 176 personnes, dont 55 citoyens canadiens et 30 résidents permanents. Des dizaines d'autres victimes avaient aussi des liens avec le Canada.

Cela doit commencer par la publication de l’ensemble des détails sur le vol par la coalition internationale chargée de l’enquête sur l’écrasement, selon Hamed Esmaeilion, porte-parole des familles de victimes au Canada.

Le deuil persiste, le chagrin persiste, surtout quand nous ne savons pas ce qui s'est passé avec nos proches.

Hamed Esmaeilion, porte-parole de l’Association des familles de victimes du vol PS752
Hamed Esmaeilion en entrevue.

Hamed Esmaeilion a perdu sa fille et sa femme dans la tragédie. (archive)

Photo : YouTube

[Les enquêteurs de la coalition] ont toutes les informations, selon M. Esmaeilion, qui a perdu sa femme et sa fille dans le drame. Je pense qu’ils doivent les dévoiler. Nous croyons en un pays libre, donc tout le monde devrait savoir. (...) L’Iran est criminel, mais tout le monde attend qu’il divulgue ces informations, alors qu’il ne le fera pas.

Le 8 janvier, l’avion de la compagnie Ukraine International Airlines a été abattu par deux missiles tirés par les Gardiens de la révolution islamique iranienne.

Une partie du cockpit du Boeing 737-800 d'Ukraine International Airlines  abattu par l’armée iranienne.

Les enquêteurs ukrainiens ont conclu dès les premières heures qu'un missile était probablement responsable de la destruction de l'avion d’Ukraine International Airlines.

Photo : Reuters

Rehana Dhirani, qui a perdu son père lors de l'écrasement, souhaite que les Canadiens n'oublient pas ce qui s'est passé ce jour-là et réclame la transparence internationale dans la résolution de ce drame.

Il faut que ce type de tragédie ne se reproduise plus, de sorte que les gens ne ressentent jamais ce que j'ai ressenti lorsque j'ai reçu cet appel téléphonique ce soir-là, explique-t-elle.

Rehana Dhirani se tient derrière un groupe de manifestants à Queen's Park, à Toronto.

Rehana Dhirani, présente lundi au rassemblement devant le parlement ontarien à Toronto, a perdu son père dans l'écrasement du vol PS752 à Téhéran.

Photo : Radio-Canada

Une erreur humaine, selon l'Iran

Un rapport publié le 10 juillet par l'Organisation de l'aviation civile iranienne clame que la catastrophe a été le résultat d’une erreur humaine, à savoir le mauvais réglage d'un radar militaire suivi d'autres dysfonctionnements.

Une version remise en cause par certains proches des victimes, de même que par le ministre des Affaires étrangères du Canada.

François-Philippe Champagne, présent au rassemblement tenu devant la Colline à Ottawa, demande notamment comment l'Iran a pu laisser son espace aérien ouvert, alors que des opérations militaires étaient en cours.

La possibilité d'intentionnalité est vraiment élevée, car, vous savez, nous avons été en contact avec des experts de l'aviation, avec des experts militaires et le scénario de l'erreur humaine est complètement faux.

Hamed Esmaeilion

Accompagné par le conseiller spécial sur la tragédie du vol PS752 auprès de Justin Trudeau, Ralph Goodale, et du ministre des Transports, Marc Garneau, M. Champagne assure que le gouvernement continue son effort pour poursuivre les responsables du drame. Nous ne nous reposerons pas tant que nous n'aurons pas obtenu de réponses aux questions, déclare-t-il.

Ottawa déploie une enquête indépendante

Vendredi, le ministre des Affaires étrangères a annoncé la création d'une équipe d'examen et d'évaluation, destinée à collecter et analyser toutes informations, preuves et renseignements disponibles sur le drame du vol PS752.

Les enquêteurs conseilleront le gouvernement sur la fiabilité et la valeur probante de ces éléments.

Par ailleurs, les familles de victimes demandent que l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) tienne officiellement l'Iran responsable de l'écrasement d'avion. M. Esmaeilion fait le parallèle avec l'écrasement du vol MH17, abattu en 2014 alors qu'il survolait l'est de l'Ukraine. L'OACI avait condamné l'attaque trois mois plus tard.

Ici cela fait 9 mois et l’OACI n’a rien fait et dit que nous devons être neutres, je ne comprends pas. Quelle est la différence ici?

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