•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quand les bélugas se contaminent en mangeant

Un groupe de dix bélugas vu du ciel.

Les bélugas forment des réseaux sociaux au-delà des liens familiaux.

Photo : NOAA/Lisa Barry

Radio-Canada

Le béluga, la seule espèce de baleine qui vit à l'année dans le Saint-Laurent, serait plus touché par les contaminants présents dans le fleuve que les autres mammifères marins de l'estuaire.

Selon le chercheur postdoctoral en toxicologie environnementale Antoine Simond, le béluga serait notamment quatre fois plus contaminé que le petit rorqual.

Pour ses recherches à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), M. Simond s'est intéressé aux polluants organiques persistants (POP) présents dans le Saint-Laurent, notamment les retardateurs de flamme.

Parmi les retardateurs de flamme, on entend beaucoup parler d'un composé, le PBDE. Il s'agit d'une famille de composés qu'on ajoute à des produits de consommation, qu'on utilise pour rembourrer les divans par exemple, mais aussi pour les appareils électroniques, comme les électroménagers et les ordinateurs, précise Antoine Simond.

Sofas en vente à la Friperie de l'Est, à Rimouski.

Les retardateurs de flamme, utilisés dans la fabrication de plusieurs produits de consommation, contribuent à contaminer les bélugas du Saint-Laurent (archives).

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

Ces retardateurs de flamme sont ajoutés dans certains produits pour éviter qu'ils prennent en feu ou pour retarder leur embrasement, afin de diminuer les impacts d'un possible incendie.

Même si ces contaminants sont interdits depuis environ une vingtaine d'années, ils continuent d'avoir des impacts sur l'environnement, en se retrouvant dans les champs d'épuration et les sites d'enfouissement.

Ces composés, malheureusement, ne vont pas rester dans les matériaux. Ils vont finir par se retrouver dans l'environnement. Ils vont avoir tendance à s'accumuler dans les organismes, notamment les organismes marins.

Antoine Simond, chercheur postdoctoral à l'UQAM
Un béluga dans le Saint-Laurent.

Un béluga dans le Saint-Laurent

Photo : Courtoisie : Alexandre Shields

Se contaminer en mangeant

Une des voies principales de transmission de ces contaminants aux bélugas est l'alimentation, en raison d'un phénomène de bioamplification.

Les composés vont s'accumuler tout en bas de la chaîne alimentaire, et au fur et à mesure qu'on monte, à travers les petits poissons, les plus gros et les bélugas, il va y avoir un phénomène d'amplification. Les bélugas vont donc accumuler de grandes quantités de ces composés dans leur graisse, explique-t-il.

Selon M. Simond, plusieurs de ces composés interagissent avec le système hormonal et le métabolisme énergétique des bélugas.

Même si on arrêtait demain matin l'utilisation de tous les contaminants qui ont des impacts sur les bélugas, ça prendrait un certain délai avant d'avoir des impacts, affirme l'expert.

Selon lui, l'important est d'abord de prendre conscience de cette problématique, qui a des répercussions tant chez les humains que chez les mammifères marins, et d'arrêter progressivement la consommation de ces composés néfastes.

D'après une entrevue réalisée à l'émission Info-réveil

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !