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Pêche au homard autoréglementée : enthousiasme dans la Première Nation de Potlotek

Le bateau navigue près du quai.

Le drapeau micmac flotte sur un bateau de pêcheurs de la Première Nation de Potlotek, le 1er octobre 2020 à St. Peters Bay, au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

La Presse canadienne

La pêche commerciale autochtone autoréglementée a créé un enthousiasme et un optimisme au sein d'une petite Première Nation du sud du Cap-Breton, souligne son chef.

Wilbert Marshall, le chef de la Première Nation de Potlotek, dit que sept bateaux participent déjà à la pêche du homard trois jours après son lancement. Selon lui, ils rapportent quotidiennement plusieurs centaines de livres de homard, même si nous sommes en dehors de la saison autorisée par le gouvernement fédéral.

Cela a créé une grande excitation ici. C'est bon de voir qu'ils veulent pêcher et gagner de l'argent, se félicite le chef.

Wilbert Marshall sur un quai.

Wilbert Marshall, chef de la Première Nation de Potlotek

Photo : CBC / Nic Meloney

Potlotek est une Première Nation située à environ 70 km au nord-est de Sydney, en Nouvelle-Écosse. La communauté compte environ 700 habitants. Elle éprouve des problèmes de logement.

M. Marshall dit que les jeunes de Potlotek sont impatients de gagner suffisamment pour acheter leur maison plutôt que d'attendre l'aide de la collectivité.

Ils ne veulent pas compter sur nous. Nous sommes là pour les aider et leur donner un moyen de le faire, souligne-t-il.

La communauté a voulu imiter la Première Nation de Sipekne'katik, dans l'ouest de la Nouvelle-Écosse, qui a commencé elle aussi sa pêche, 21 ans après une décision historique de la Cour suprême.

Dans ce jugement, le plus haut tribunal du pays tranchait en faveur de Donald Marshall, qui disait que les traités lui permettaient de pêcher des anguilles où et quand il le voulait.

Les juges avaient aussi conclu que les communautés micmaques, malécites et passamaquoddys de l'est du Canada pouvaient chasser, pêcher et se rassembler pour gagner un moyen de subsistance convenable pour se procurer les biens nécessaires.

Plusieurs personnes rassemblées.

Des pêcheurs micmacs de la Première Nation de Potlotek, à St. Peters Bay, au Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, le 1er octobre 2020.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

Le tribunal a cependant clarifié son arrêt deux mois plus tard en précisant que le droit issu du traité était tout de même assujetti à la réglementation fédérale.

Les pêcheurs non autochtones soutiennent que cette précision est essentielle pour comprendre leur opposition à une pêche au homard autochtone autoréglementée, qui n'est pas assujettie à la réglementation fédérale.

L'Association des pêcheurs côtiers du comté de Richmond, le plus grand groupe de pêcheurs non autochtones de la région de la baie de Saint-Pierre, a envoyé un courriel pour lui signifier son refus à la pêche à Potlotek.

Cependant, M. Marshall dit qu'il n'y a pas eu de conflits sur l'eau entre les pêcheurs, contrairement aux tensions survenues dans la baie Sainte-Marie, où des pêcheurs non autochtones ont retiré les casiers des homards de leurs homologues autochtones.

Jusqu'à présent, ils [les pêcheurs non autochtones] parlent au gouvernement. Ils ont dit qu'ils nous laisseraient tranquilles. Jusqu'à présent, c'est calme ici, témoigne-t-il.

Une porte-parole du ministère fédéral des Pêches a confirmé que la pêche de Potlotek fera l'objet de discussions en cours entre les représentants du gouvernement et M. Marshall.

La ministre fédérale des Pêches, Bernadette Jordan, a déjà dit qu'elle souhaitait travailler avec les dirigeants des Premières Nations sur la voie de la mise en œuvre de leur droit issu de traités.

Les pêcheurs non autochtones se sentent exclus des discussions

Un député conservateur de la Nouvelle-Écosse affirme que, lors des récentes conversations sur la pêche au homard dans la province, les pêcheurs non autochtones ont eu l'impression de ne pas être entendus par le gouvernement.

Chris d'Entremont, député de Nova-Ouest, dit que les pêcheurs non autochtones veulent de la transparence en ce qui a trait aux décisions prises sur la pêche par la Première Nation mi'kmaq.

M. d'Entremont a affirmé, lors d'une récente entrevue, que le gouvernement fédéral a mal géré les pourparlers entre les deux groupes, créant un fossé entre eux.

Le député affirme également que les pêcheurs non autochtones sont préoccupés par les répercussions financières d'une concurrence accrue de la part des pêcheurs autochtones.

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