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« C'est comme une épidémie » : une matinée à récolter des seringues souillées à Sudbury

Bobby Aubin à l'ouvrage.

Le Sudbury Action Center for Youth est l'organisme chargé de recueillir les seringues souillées à Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Depuis le début de la pandémie, l'organisme Sudbury Action Center for Youth (SACY) constate une nette hausse de seringues souillées dans les rues. Radio-Canada est allé à la rencontre de Bobby Aubin, qui récolte les seringues pour l'organisme.

Ça fait quelques années que le nombre de seringues qu'on récolte augmente. Mais cette année ça a monté beaucoup plus que d'autres fois. [La crise des opioïdes], c'est comme une épidémie, lance Bobby Aubin, assis sur une roche près du pavillon d'architecture de l'Université Laurentienne.

Cette année, l'organisme a déjà ramassé plus de 100 000 seringues. Et la cueillette anuelle du printemps a été particulièrement copieuse : l'organisme a trouvé plus du double d'aiguilles qu'au même moment l'an dernier.

M. Aubin explique le phénomène par la fermeture de services pour les personnes en situation d'itinérance au centre-ville. Mais il n'y a pas que les gens sans-abri. Les drogues, ça l'affecte tout le monde, nuance-t-il.

Protégé par des gants et armé d'une perche ainsi qu'un d'un sceau, M. Aubin a déjà récolté plusieurs dizaines de seringues depuis son départ des locaux de l'organisme. En une journée, l'intervenant communautaire, qui arpente les rues de Sudbury depuis 30 ans, peut parfois en trouver plus de 5000.

1,5 million de seringues stériles

L'an passé, Santé publique Sudbury et districts a distribué près 1,5 million de seringues dans la communauté via son initiative d'échange de seringues. Elle dessert une population d'environ 195 000 personnes.

M. Aubin considère l'initiative indispensable. Des aiguilles propres, c'est pour que les gens n'utilisent pas les aiguilles usagées plus d'une fois, et qu'ils ne partagent pas, soutient-il. Sans ce service, la communauté serait aux prises avec des problèmes d'infection et de transmission de maladies, selon lui.

Il y en a qui disent "arrêtez de distribuer des seringues propres pour éviter de ramasser les aiguilles usagées". Mais la vérité, c'est que les gens n'arrêteront pas de consommer juste comme ça.

Bobby Aubin, intervenant à Sudbury Action for Youth
Portrait de Bobby Aubin.

Bobby Aubin travaille pour des organismes de rue depuis 30 ans.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Vers un centre d'injection supervisé?

M. Aubin se dit inquiet : l'an passé, 56 personnes sont décédées d'une surdose liée aux opioïdes à Sudbury et à Manitoulin. C'est près du double de 2018, soit 32 décès.

Ça me brise le coeur qu'autant de gens perdent leur vie à cause de drogues mélangées avec d'autres drogues, et que ça donne des doses trop fortes, dit-il.

L'intervenant espère que projet de centre d'injection supervisée prévu à Sudbury ira de l'avant. Si celui-ci a été appuyé par les autorités de santé publique et par la VIlle, il doit encore obtenir l'aval de la province, notamment.

M. Aubin soutient qu'un tel établissement permettrait aux gens de faire tester leurs substances afin d'en assurer la qualité, obtenir du matériel stérilisé ainsi que de la naloxone, un antidote temporaire aux surdoses liées au opioïdes. Du personnel serait également présent sur place afin d'intervenir en cas de surdose, conclut-il.

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