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Analyse

Pour Donald Trump, une très mauvaise « surprise d’octobre »

Donald Trump porte un masque.

Le président américain Donald Trump est arrivé en hélicoptère au Centre médical militaire national Walter Reed, à Bethesda, au Maryland.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

La nouvelle que le président Donald Trump avait contracté la COVID-19 a été comme un coup de tonnerre dans la campagne présidentielle américaine. Mais cette « surprise d’octobre » pourrait bien emporter ses dernières chances d’être réélu le 3 novembre prochain.

La « surprise d’octobre » fait partie du folklore des élections américaines depuis 1980, quand les partisans de Ronald Reagan craignaient que Jimmy Carter, le président sortant, négocie la libération des otages américains en Iran avant l’élection présidentielle. Ce n’est pas arrivé et Reagan a été élu assez facilement.

Il y a quatre ans, c’est Hillary Clinton qui a été victime de la « surprise d’octobre ». Le 28 octobre, le directeur du FBI James Comey envoyait une lettre au Congrès indiquant qu’il reprenait son enquête sur les courriels de Mme Clinton hébergés illégalement sur un serveur privé. La chose avait suscité énormément d’intérêt dans les médias américains.

Rapidement, l’avance de Mme Clinton sur le candidat Trump passe de six à trois points dans les sondages, donnant la chance au candidat républicain de gagner le Collège électoral sans avoir la majorité des voix.

Le 6 novembre, deux jours avant l’élection, M. Comey indiquait qu’il fermait définitivement l’enquête, mais le mal était fait.

Mme Clinton a perdu l’élection pour toutes sortes de raisons, y compris une campagne médiocre, il est vrai. Reste que la surprise d’octobre y a joué un rôle important. Un nombre important de ses sympathisants a fini par rester à la maison plutôt que d’aller voter.

La base de M. Trump

La « surprise d’octobre » pourrait jouer le même tour à Donald Trump, cette année. La base d’électeurs qui appuie le président contre vents et marées depuis quatre ans semble solide. Mais les sondages montrent que, depuis plusieurs mois, cette base a eu tendance à s’effriter, surtout depuis le début de la pandémie.

Dans une élection où chaque vote sera important, M. Trump ne peut pas se payer le luxe qu’un nombre, même relativement petit, de ses partisans choisissent de rester à la maison.

En fait, depuis le printemps, tout ce que M. Trump a essayé pour ressusciter la coalition qui l’avait porté au pouvoir en 2016 a échoué. Idem pour les tentatives de décrire son adversaire Joe Biden comme un homme fatigué et presque sénile n’ont pas marché. Pas plus que sa démarche pour faire de la loi et l’ordre l’enjeu de l’élection. Ou la nomination d’une nouvelle juge conservatrice à la Cour suprême. Depuis le printemps, il est constamment cinq ou six points derrière son rival dans les sondages.

Pour effacer ce retard, M. Trump devait absolument changer le sujet de la conversation et ne pas faire en sorte que la pandémie de COVID-19 soit l’élément déterminant de la campagne électorale. Mais, depuis la nuit de jeudi à vendredi, quand on a appris que M. Trump et son épouse avaient été infectés par le virus, on ne parle plus que de cela dans les médias américains.

Minimiser la pandémie

Ça ne peut que rappeler combien Donald Trump a tout fait pour minimiser l’importance de la pandémie et les dangers du virus, qui devaient, selon ses dires, disparaître comme par enchantement dès les beaux jours revenus.

Quand on sait que plus de 200 000 Américains sont morts de la COVID-19 – soit plus que tous les conflits armés dans lesquels les États-Unis ont été impliqués depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale –, il est difficile de penser que cela n’aura aucun effet sur les chances de réélection du président sortant.

Et, comme si ce n’était pas assez, les sondages publiés ce week-end, réalisés après le premier débat Biden-Trump, mais avant le diagnostic positif du président, montrent un gain significatif des appuis au candidat démocrate et une baisse encore plus importante des voix pour le président sortant.

Ce qui s’expliquerait par le ton du débat. La majorité des répondants affirmait que M. Trump avait constamment interrompu son adversaire et que cette attitude n’était pas celle qu’on attendait d’un président des États-Unis. Avec le résultat que l’avance de M. Biden dépasse maintenant de 8 à 10 points le score de M. Trump.

Tout cela était avant que le président soit hospitalisé. Mais il est peu probable que cela lui donne un grand vote de sympathie. Surtout que ses médecins n’auront réussi qu’à semer plus de confusion sans donner l’heure juste sur son état de santé.

Il reste un mois avant la date du scrutin et rien n’est définitivement joué. Mais avec un candidat à l’hôpital et bientôt en convalescence, il va être de plus en plus difficile pour le président sortant de combler son retard.

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