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Série de témoignages à la commission d’enquête sur la crise en foyers d’aînés

Une dame habillée en uniforme d’infirmière regarde à travers la fenêtre.

Une employée du centre de soins de longue durée Extendicare Guilwood de Scarborough, où au moins 48 résidents sont décédés des suites de la COVID-19. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Radio-Canada

Un par un, les résidents des foyers de soins de longue durée de l'Ontario ont décrit la dévastation émotionnelle causée par le confinement au commissaire chargé de l’enquête sur la crise en foyers de soins de longue durée.

Certains ont imploré les gouvernements de s'attaquer à l'isolement avant la deuxième vague de COVID-19 frappe ces foyers.

Solitaire, déprimé, muselé et pris au piège sont quelques-uns des mots que les résidents ont utilisés pour décrire leur situation personnelle durant la première vague de COVID-19. 

La commission, qui se déroule par vidéoconférence, est dirigée par le juge à la Cour supérieure de l’Ontario Frank Marrocco.

Maintenant, quand je vois ces cages pour chiens à la télévision pour les animaux errants, je me vois comme l'une de ces petites bestioles négligées, sales et affamées, a déclaré Virginia Parraga, qui vit depuis longtemps dans une maison de soins à Toronto.

Maintenant, je pleure pour l'humanité.

Le nouveau coronavirus a décimé les foyers de soins de longue durée de la province. Plus de 1900 résidents sont morts de complications dues à la COVID-19. De graves pénuries de personnel, des infrastructures en ruine et un manque de surveillance sont quelques-uns des facteurs qui ont contribué aux flambées massives de COVID-19 dans ces établissements.

La douleur ne disparaîtra pas

Barry Hickling, un résident qui a témoigné lors des audiences de la semaine dernière, a parlé de l'effet durable du confinement.

J'espère que ce sera une formidable expérience d'apprentissage pour nous tous, mais la douleur ne disparaîtra pas. Elle restera, a-t-il déclaré. Cela nous tourmentera à cause du potentiel d'une seconde vague.

M. Hickling, qui a vécu dans un foyer de soins de longue durée à Windsor, en Ontario, au cours des 10 dernières années, a déclaré que le gouvernement devrait prendre des mesures immédiates pour régler les problèmes.

Nous sommes isolés, seuls, sans que notre famille ou nos amis puissent nous rendre visite, a-t-il déclaré. Je ne veux plus jamais vivre ça de ma vie. Et je prie et j'espère que, par Dieu, s'il y a une autre vague, traitons-la de manière adéquate, appropriée, efficace et directe.

L'impression de vivre derrière les barreaux

Le gouvernement a récemment annoncé de nouvelles restrictions sur les foyers dans les points chauds de la province. Certaines d’entre eux interdisent à nouveau les visiteurs.

Carolyn Snow, qui vit dans un établissement de soins de longue durée à Keswick, en Ontario, a déclaré que les mesures de confinement lui ont donné l'impression de vivre derrière les barreaux.

Sauf que les prisonniers sont mieux traités, a-t-elle illustré.

Elle a déclaré que sa belle-sœur, qui séjournait dans un autre foyer de soins de longue durée, avait contracté le nouveau coronavirus et était décédée.

Les résidents ont également décrit une litanie de problèmes à l'intérieur des foyers.

Manger seul devant la télé

Les résidents ne pouvaient pas socialiser avec leurs amis, mangeaient des repas de piètre qualité seuls dans leur chambre et regardaient la télévision sans arrêt, a déclaré Sharron Cooke, présidente de l'Ontario Association of Residents' Councils (OARC, Association ontarienne des conseils de résidents) qui vit dans un foyer de soins de longue durée à Newmarket.

Selon elle, le manque d’activités et de stimulation ont laissé les résidents hébétés et somnolents.

Plusieurs résidents ont déclaré qu'ils n’avaient reçu aucune information sur la situation de la part de la direction des foyers. Le simple fait d'être laissé dans une pièce et de ne pas savoir ce qui se passe à l’extérieur a causé beaucoup de préoccupations émotionnelles, a déclaré Mme Cooke.

Les résidents ne connaissaient pas le jour de la semaine

Le vide de communication a laissé les résidents les plus vulnérables confus et désorientés.

Les résidents ne connaissaient pas le jour de la semaine, ou même l’heure, a ajouté Mme Cooke. Ils cherchaient des chemises de nuit à midi parce qu'ils ne savaient pas quelle heure il était.

M. Hickling a ajouté que la pénurie de personnel avait conduit à deux erreurs de médicaments. S'il ne l'avait pas remarqué, ces erreurs lui auraient causé beaucoup de douleur.

Le juge Marrocco a demandé aux résidents de formuler des idées pour améliorer la situation dans les foyers.

Selon M. Hickling, il faut prendre soin du personnel, qui à son tour peut mieux prendre soin des résidents.

Si personne ne s’occupe d’eux, s’ils ne sont pas testés, on risque notre vie, a déclaré M. Hickling.

Avec les informations de La Presse canadienne

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