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Intempéries : au moins quatre morts après les crues en France et en Italie

Trois hommes se tiennent au milieu d'un amas de bout qui est aussi haut que les commerces à l'arrière.

À Breil-sur-Roya, un village de 2000 habitants du sud-est de la France à la frontière italienne, la boue est entrée dans les bâtiments et a enterré des voitures. Les gens manquent de tout, a dit le maire, « d'eau, d'électricité, d'alimentation ».

Photo : afp via getty images / NICOLAS TUCAT

Agence France-Presse

Les crues qui ont dévasté vendredi des régions du sud-est de la France et du nord de l'Italie ont fait au moins quatre morts et laissé derrière elles de véritables scènes de désolation et des centaines de personnes dans le dénuement.

Dimanche soir, l'agence de presse italienne Ansa et d'autres médias ont annoncé la découverte d'au moins quatre corps sur les rives méditerranéennes de la Ligurie, non loin des côtes françaises. Les autorités des deux pays cherchent toujours à déterminer leurs identités.

Les autorités ligures n'ayant pas fait état de disparus jusqu'ici, l'hypothèse privilégiée des enquêteurs est que certaines des victimes sont des personnes portées disparues en France, selon Ansa. Mais il était impossible dimanche soir de lier formellement et directement aux intempéries ces cadavres non identifiés qui pourraient avoir été charriés par les courants et les vents.

Un peu plus tôt, les pompiers français avaient indiqué avoir retrouvé un homme mort dans sa voiture immergée à Saint-Martin-Vésubie, dans l'arrière-pays niçois.

Le bilan restait dimanche soir de deux morts côté français et deux côté italien.

Évacuations par hélicoptère

De part et d'autre de la frontière, les secours ont intensifié leurs efforts pour aider les sinistrés et retrouver les disparus, deux jours après des crues hors normes.

Ce que nous vivons est hors norme, on est habitués à voir des images de tels désastres sur d'autres continents, avec un certain détachement parfois, et là c'est quelque chose qui nous a touchés, nous, a déclaré Bernard Gonzalez, le préfet du département français des Alpes-Maritimes.

Des images impressionnantes d'une maison au milieu d'une rivière transformée en fleuve écumant, ou d'un pont s'écroulant sous la puissance de l'eau, ont été diffusées.

À Saint-Martin-Vésubie, village de 1400 habitants dans la montagne au nord de Nice, inaccessible en voiture, des groupes de touristes et d'habitants, hagards, sont massés sur la place centrale en attendant d'être appelés pour être évacués par hélicoptère, a constaté une journaliste de l'AFPTV qui a pu accéder aux lieux à pied.

Une dame attend, son baluchon sur l'épaule. Sa maison a été emportée. Elle est dans la rivière, une maison de trois étages. Il ne me reste plus qu'un tout petit pan de mur et une porte, témoigne Sandra Dzidt, 62 ans, qui a dû partir en chemise de nuit pour échapper aux flots. On n'a plus rien, comme la moitié du village.Les hélicoptères de la gendarmerie, des pompiers et de l'armée effectuent un ballet incessant dans toutes les vallées au nord de Nice pour apporter eau et nourriture et évacuer les sinistrés.

Traversant à pied sur un étroit passage au-dessus de l'éboulis qui coupe la route, des pompiers apportent sur leur dos du matériel de secours.

À Breil-sur-Roya, près de la frontière italienne, la ville très longtemps restée inaccessible offre des scènes de désolation : maisons englouties par la boue, voitures renversées dans le lit de la rivière, a constaté un journaliste de l'AFP.

On a une population qui manque de tout, d'eau, d'électricité, d'alimentation. On a besoin de faire établir rapidement les communications téléphoniques, sans quoi on ne peut pas faire connaître nos besoins, a déclaré le maire Sébastien Olharan.

Des villages entiers dévastés

En Italie, cela faisait des décennies que les habitants n'avaient pas vu un tel désastre : de la Riviera aux vallons du Piémont, le déluge a dévasté des villages entiers, emporté ponts et routes, aggravant la détresse des habitants après des mois d'un confinement ruineux pour l'activité locale.

La situation est très grave. C'est comme en 1994, lorsque la crue du Po et du Tarano avait fait 70 morts, a déclaré le président du Piémont, Alberto Cirio, au quotidien italien La Stampa. Avec une différence, c'est que 630 mm d'eau sont tombés en 24 heures, du jamais vu en si peu de temps depuis 1954.

À Vintimille, à quelques encablures de la frontière française, les commerçants nettoient leurs boutiques noyées par les eaux et la boue, a constaté un correspondant de l'AFP, et des associations s'inquiètent du sort de migrants, qui dorment souvent le long des berges de la Roya, alors que la crue a été violente.

Les régions italiennes du Piémont et de la Ligurie ont demandé à Rome de décréter l'état d'urgence. En France, l'État a lancé la procédure de catastrophe naturelle.

Le premier ministre français Jean Castex n'a pas caché sa vive inquiétude sur le bilan définitif de ces intempéries exceptionnelles.

Outre les huit disparus certains, des personnes sont aussi recherchées dans les Alpes-Maritimes, car elles n'ont pas donné de nouvelles depuis vendredi soir, même si aucun témoin ne les a vu tomber à l'eau.

Samedi soir, 21 personnes qui étaient déclarées disparues par les autorités italiennes ont pu être retrouvées saines et sauves côté français, près du col de Tende. Elles étaient toujours en cours d'évacuation vers l'Italie dimanche, selon les pompiers.

Les liaisons restent très difficiles même par téléphone dans de nombreuses vallées de l'arrière-pays niçois, ont constaté des journalistes de l'AFP.

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