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Rebond des hospitalisations : « la capacité hospitalière devrait être suffisante »

La tendance générale pour le nombre de nouvelles hospitalisations est en augmentation pour l’ensemble du Québec.

Une civière vide dans un corridor d'hôpital.

Le rapport de l'INESSS prévoit que le nombre d'hospitalisations liées à la COVID-19 pourrait doubler, voire tripler, au Québec d'ici la fin du mois d'octobre.

Photo : Shutterstock

Sarah Laou

Alors que la Santé publique s'inquiète de la hausse des hospitalisations liées à la COVID-19, de nouvelles projections de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) publiées samedi prévoient que ce nombre pourrait doubler, voire tripler, avant la fin du mois d’octobre.

Le Québec, qui demeure au-dessus de la barre des 1000 nouveaux cas de COVID-19 pour la troisième journée consécutive dimanche, compte aussi 334 personnes hospitalisées. Selon les projections de l’INESSS, ce nombre pourrait toutefois grimper à plus de 750 d’ici le 30 octobre.

Dans ce rapport, qui propose d'anticiper l’évolution de l’épidémie pour évaluer les besoins en ressources hospitalières, les chercheurs ont considéré quatre scénarios probables de progression des hospitalisations. Le scénario le plus optimiste envisage une stabilisation de ces admissions, tandis que le plus pessimiste prévoit jusqu'à 1500 hospitalisations avant la fin du mois.

Ces projections suggèrent néanmoins que la capacité hospitalière devrait être suffisante [...] pour répondre aux besoins, et ce, malgré l’importante incertitude associée aux projections.

Tableau

Projection des besoins hospitaliers au Québec, du 30 septembre au 30 octobre

Photo : Radio-Canada

Les restrictions en zone rouge mises en place le 1er octobre par le gouvernement pourraient, entre autres, avoir un impact significatif, mentionne le document.

Dans une série de gazouillis publiée samedi sur son compte Twitter, le ministre Christian Dubé a d'ailleurs partagé les données de l’INESSS et appelé les Québécois à éviter les déplacements interrégionaux non essentiels et à limiter les contacts afin de protéger le réseau de la santé. Québec devrait annoncer de nouvelles mesures restrictives lundi, notamment en ce qui concerne les sports d'équipe.

Une pénurie de personnel préoccupante

Au-delà de la disponibilité des lits, d’autres facteurs influencent également la capacité hospitalière, comme la disponibilité du personnel et du matériel.

Pour le Dr Bernard Mathieu, président de l’Association des médecins d’urgence du Québec et urgentologue à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, il est effectivement trop tôt pour tirer un portrait clair des hospitalisations découlant d'une deuxième vague. Mais si le problème de pénurie d'équipement de protection médical a été résolu, celui du manque de personnel demeure, selon lui.

Ce qui nous inquiète le plus, c'est la situation des ressources humaines. Il manque de plus en plus d'infirmières. Sur l’île de Montréal, on a 600 lits fermés, ce qui est 3 ou 4 fois plus que l’année dernière, a-t-il lancé en entrevue dimanche à RDI Matin.

Il manque en ce moment à Montréal [en termes de personnel soignant] l’équivalent d’un hôpital de la [taille] de Sacré-Cœur. C’est comme si on avait fermé [l'hôpital] Sacré-Cœur depuis l'année dernière.

Dr Bernard Mathieu, président de l’Association des médecins d’urgence du Québec

Il souligne par ailleurs que la distribution de la maladie est désormais plus répandue dans la province qu'au printemps, ce qui explique un nombre plus important d'hospitalisations dans tout le territoire. Il estime malgré tout que tous les hôpitaux de la province sont préparés.

Lors de la première vague, on a transféré tous les cas vers les grands centres urbains, jusqu’à ce que ceux-ci soient saturés. Comme à Maisonneuve-Rosemont, qui a été complètement inondé de cas COVID. [...] Le mot d’ordre cette fois-ci, ce sera de traiter les patients localement.

Mieux préparés

Bien que le manque de personnel soit donc un enjeu, le président de l’Association des médecins d’urgence du Québec estime que les soignants sont donc mieux préparés, connaissent mieux la maladie et ont les équipements nécessaires. Il mentionne également que la sécurité des soignants sera mieux préservée, en rappelant que lors de la première vague plus de 25 % des cas de COVID-19 étaient des employés du réseau de la santé.

Je pense que les gens aussi ont compris les consignes. Il faut se prendre en main et contribuer à diminuer le nombre de cas. [...] Il faut surtout regarder les propagations communautaires, avec les événements sociaux, les attroupements et les fêtes, où les gens distribuent le virus à l’entourage de façon allègrement importante.

Dr Bernard Mathieu

La Dre Valérie Lamarre, infectiologue et pédiatre au CHU Sainte-Justine, abonde dans le sens du Dr Mathieu. En entrevue à RDI Matin, elle se veut prudente, mais confiante.

Il n’y a pas d'inquiétude du côté des enfants, précise celle qui constate que les hospitalisations d'enfants liées à la COVID-19 sont très rares.

Ça va être une vague de plus grande ampleur, mais j’ai bon espoir qu’on réussira à protéger les milieux de vie des personnes âgées, cette fois-ci, et qu'on n’aura pas une telle catastrophe dans ces milieux-là. On aura plus de cas acquis en communauté chez une population plus jeune. Ce sera donc plus de patients à soigner, mais qui devraient être moins malades.

Dre Valérie Lamarre, infectiologue et pédiatre

La pédiatre pense d’ailleurs que les mesures imposées par Québec porteront leurs fruits et qu’il faut se laisser le temps pour observer les résultats. Je laisserai une chance à ce qu'on a fait jusqu’ici et je laisserai les enfants vivre leur vie aussi normalement que possible.

Pour cette dernière, ce n'est donc pas le temps de fermer les classes et les écoles.

Les enfants que l'on voit, ce sont souvent des enfants qui l’ont attrapé de leurs parents, qui l’ont eux attrapé dans des soupers ou des petites fêtes. J’essaierai donc de laisser les jeunes faire leur vie le plus possible, illustre-t-elle.

Tout comme le Dr Mathieu, elle rappelle que ce sont avant tout les transmissions communautaires qui sont à l'origine d'importantes éclosions de la maladie et débordent sur les enfants. Elle souligne également qu’il n’y a pas eu pour le moment de grande éclosion dans les écoles ou les équipes sportives.

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